|
Saisi par
le Président de la République en application de l'article 54 de
la Constitution française, le Conseil constitutionnel a rendu une décision le
20/12/2007, sur le traité modifiant le traité sur l’Union européenne et le
traité instituant la Communauté européenne signé à Lisbonne le 13 décembre 2007
(1). Le Conseil a jugé que la ratification de ce traité
nécessite une révision préalable de la Constitution.
Par conséquent, le Gouvernement a présenté le 03/01/2008, un projet de loi
constitutionnelle modifiant la Constitution (2). Il sera soumis aux députés les 15
et 16 janvier, et aux sénateurs fin janvier, les deux chambres devant voter le
texte en termes identiques. Le Parlement réuni en Congrès à Versailles
procèdera ensuite à la révision le
04/02/2008. La révision nécessite que le projet de loi constitutionnelle
réunisse les 3/5èmes des suffrages exprimés.
Le projet de loi constitutionnelle adapte la rédaction du titre XV de la
Constitution (Des Communautés
européennes et de l'Union européenne, articles 88-1 à 88-5) au contenu
du traité. Les nouvelles dispositions deviendront applicables à partir de
l’entrée en vigueur du traité.
L’adaptation concerne des dispositions relatives aux compétences et au
fonctionnement de l’Union européenne.
Il en est ainsi des matières « régaliennes » qui réaménagent les modalités
d’exercice de compétences déjà transférées (passage de l’unanimité à la
majorité qualifiée au sein du Conseil des
ministres européen). C’est également le cas de dispositions relatives à
des matières régaliennes tels « l’espace de liberté, de sécurité et de justice
» qui transfèrent des compétences à l’Union. Le Conseil a alors jugé que ces
dispositions appellent une révision de la Constitution dès lors que sont
affectées « les conditions essentielles d’exercice de la souveraineté
nationale ».
D’autres modifications prennent en compte les pouvoirs reconnus au Parlement
par le traité de Lisbonne en ajoutant à la Constitution de nouveaux articles
88-6 et 88-7.
L’article 88-6 définit les conditions dans lesquelles chaque assemblée
pourra s’assurer du respect, par les institutions de l’Union européenne, du
principe de subsidiarité. Rendus destinataires de certains projets d’actes,
l’Assemblée nationale et le Sénat pourront chacun adopter et adresser aux présidents des institutions
européennes un avis motivé indiquant les raisons pour lesquelles le principe de
subsidiarité pourrait être méconnu. Chaque assemblée pourra aussi saisir la
Cour de justice de l’Union européenne d’un recours contre un acte adopté
qu’elle estimerait contraire au principe de subsidiarité.
Si la révision de la Constitution est votée, la ratification devrait ensuite
être soumise au Parlement très rapidement. La procédure applicable est la
procédure législative habituelle (3).
En cas de vote positif, la France serait le second pays à ratifier le traité
de Lisbonne (la Hongrie ayant déjà ratifié le 17 décembre dernier).
07/01/2008
Actualisation, le 03/02/2008:
Si le Congrès vote la révision constitutionnelle
le 4 février, le projet de loi autorisant la ratification sera
examiné par l'Assemblée nationale les 6 et 7 février puis transmis
au Sénat, de façon à ce que l'adoption ait lieu avant la suspension
des travaux du Parlement du fait des élections municipales et
cantonales des 9 et 16 mars.
1 - Conseil constiutionnel, Décision n° 2007-560 DC du 20
décembre 2007,
Traité modifiant le traité sur l'Union européenne et le traité instituant la Communauté européenne
2 - Communiqué du Conseil des Ministres
du 03/01/2008: "Modification du titre XV de la Constitution"
sur le site
du Premier Ministre
3 - Voir la
fiche sur le site de l'Assemblée Nationale
|