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Parallèlement à ce plafonnement des dépenses, c’est aussi la répartition des dépenses communautaires qui est remise cause. Pour l’Angleterre, dont le Premier Ministre Tony Blair l’a encore confirmé dans son discours du 23/06/2005 devant le Parlement européen (3), les crédits affectés à la PAC doivent être partiellement réorientés vers la formation et la recherche. Ceci au grand dam de la France qui, principale bénéficiaire de la PAC depuis toujours, ne veut pas d’une réduction du budget consacré par l’Union européenne à la politique agricole. Le Conseil européen a été ainsi le théâtre de l’affrontement entre le Royaume-Uni, pressé de renoncer à son rabais par ses partenaires et la France sommée par le Royaume-Uni d’accepter une baisse des financements de la PAC. Abandon du rabais britannique contre diminution des crédits de la PAC, tel était l ‘échange proposé par Londres et refusé par Paris (4). Paradoxalement, ce sont les pays les plus pauvres, les nouveaux entrants qui se sont montrés disposés à faire des efforts et des compromis afin de parvenir à un accord et ainsi sortir l’Union européenne de l’ornière. Ce que n’a pas manqué de souligner M. Juncker, Président en exercice de l’Union (5). Le désaccord sur le budget est révélateur de la crise actuelle, celle d’une Union européenne privée de projet, ou plus exactement incapable d’aller au delà du grand marché. 10/07/2005
1-Conclusions de la Présidence, Conseil européen , Bruxelles, 16 et 17 juin 2005 (ref document : 10255/05) 2-Déclaration des chefs d’Etat et de Gouvernement des Etats membres de l’Union européenne sur la ratification du traité établissant une constitution pour l’Europe, Bruxelles, 18/06/2005 ( réf document : SN 117/05) 3-Voir sur ce site l’article qui lui est consacré 4- Il faut se souvenir les états membres de l’Union s’étaient engagés en 2002 à ne pas toucher au budget de la PAC avant 2013. C’est cet engagement sur lequel veulent revenir les britanniques. Dans une réponse à une question d’actualité à l’Assemblée Nationale , le premier ministre, M. de Villepin rappelait également, le 21/06/2005, que la France comme ses autres partenaires avait accepté la proposition de compromis de M. Juncker qui consistait à porte les dépenses de l’Union à 1,06% du PIB et que cette proposition a été rejetée par le Royaume-Uni. 5-M.Juncker : « - "J'ai eu honte lorsque j'ai entendu, l'un après l'autre, tous les nouveaux pays membres … tous plus pauvres que tous les autres …dire que dans l'intérêt d'un accord ils seraient prêts à renoncer à une partie de leurs exigences financières. » |