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Le programme de la présidence britannique de l’Union européenne



Le 1er juillet 2005, le Royaume-Uni a pris la présidence du Conseil de l’Union européenne pour six mois. Quelques jours auparavant, le premier ministre britannique, M.Tony Blair, avait exposé son programme aux députés européens. Voici les grandes lignes de ce discours.

-Europe sociale, Europe économique et Europe politique sont compatibles

Avant de développer sa stratégie pour sortir l’Union européenne de la crise qu’elle traverse, Tony Blair prend soin d’affirmer qu’il ne s’agit pas de « trancher entre l'Europe du « libre marché » et l'Europe sociale, entre ceux qui veulent en revenir à un marché commun et ceux qui croient en un projet politique » en rappelant son engagement « passionnément pro européen » et son attachement à l’Europe sociale : « Nous avons affaire à une union de valeurs et de solidarité entre les nations et les peuples. Ce n'est pas seulement un marché commun dans lequel nous faisons des échanges, mais un espace politique dans lequel nous vivons en citoyens. Cela ne changera pas… Il n'y a pas de division entre l'Europe économique et l'Europe sociale. L'Europe politique et l'Europe économique ne vivent pas dans des mondes séparés. La finalité de l'Europe sociale et de l'Europe économique, c'est de se soutenir l'une l'autre. La finalité de l'Europe politique, c'est de faire fonctionner des institutions démocratiques efficaces, qui conduisent des politiques dans ces deux sphères et dans tous les domaines où nous voulons coopérer dans notre intérêt mutuel. Mais c'est aussi de savoir définir les politiques qui conviennent au monde d'aujourd'hui. ..».

-L’Union européenne doit changer de cap : telle est la volonté des peuples

Face à la mondialisation, le repli sur soi conduit à l’échec . La voie de la réussite passe donc, non pas par le rejet de la construction communautaire, mais par la modernisation de son fonctionnement et par la redéfinition de ses orientations pour retrouver son objectif premier qui est d’améliorer la vie des peuples. La leçon du referendum est que l’Union européenne telle qu’elle existe n’a pas l’adhésion de ses citoyens : « La réalité, c'est que si l'on organisait aujourd'hui des référendums dans la plupart des États membres, le « oui » aurait du mal à l'emporter … il ne s'agit pas d'une crise des institutions, mais d'une crise politique. Les citoyens de l'Europe nous posent des questions difficiles. Ils s'inquiètent de la mondialisation, de la sécurité de l'emploi, des retraites et du niveau de vie… ».






 

 


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Une politique de changement plus offensive doit être menée. Elle va bien au dela de la discussion du budget de l’Union (et au passage, Tony Blair rappelle la nécessité de « rationnaliser » le budget ce qui passe par une remise à plat des politiques financées et notamment de la Politique Agricole Commune sans attendre 2013).

-De nouvelles lignes d’action pour l’Union Européenne

Les axes prioritaires du programme de la présidence britannique de l’Union européenne sont les suivants :
-moderniser le modèle social pour réduire le chômage (20 millions de chômeurs actuellement) et augmenter le taux de productivité par un soutien acru à la formation, aux pôles scientifiques et l'innovation, à l'enseignement supérieur, à la revitalisation des quartiers et à l'aide aux petites entreprises.
-réorienter le budget européen (selon Tony Blair : « un budget moderne n'est pas un budget qui, pour les dix ans à venir, va continuer à consacrer 40 % de ses dépenses à la PAC »).
-respecter l'agenda de Lisbonne
-mettre en place « un cadre macro-économique à la fois soumis à une discipline et flexible »
- renforcer les politiques européennes en matière de justice et d’affaires intérieures (lutte contre le crime, sécurité, immigration).
-politique étrangère et de sécurité commune (prendre des mesures concrètes comme les missions de maintien et de rétablissement de la paix, et renforcer la politique de défense en augmentant les capacités militaires nécessaires pour pouvoir intervenir rapidement dans le cadre de l'Otan ou indépendamment).
-reprendre et mener à bien les dossiers épineux en suspens : budget , directive sur les services ( « proposition de directive Bolkestein »), directive sur le temps de travail, négociations d’adhésion avec la Turquie et la Croatie envers lesquelles l’Union européenne doit « respecter ses engagements ».

Enfin, Tony Blair a annoncé le lancement d’un débat sur l’avenir de la construction communautaire . La Commission européenne doit préparer des rapports en vue d’un Sommet européen qui se tiendrait sur ce thème à l’automne 2005.

27/06/2005





1- Discours du Premier Ministre anglais , Tony Blair devant le Parlement européen , programme de la présidence britannique de l’Union, session du 23 juin 2005