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Pour justifier son immixion dans une
question qui a priori relève essentiellement des législations nationales, la Commission invoque la
nécessité de veiller à la stabilité des finances publiques afin
de ne pas mettre en péril l’Union économique et monétaire et rappelle
l’existence des réglementations européennes de coordination des systèmes de
sécurité sociale dont certains aspects influent sur la question des retraites.
D’où l’idée d’une consultation publique afin de débattre de la meilleur façon
de relever le « défi » des retraites dans un contexte de
vieillissement de la population, et sur la « contribution » que peut
apporter l’Union à la « mise en oeuvre des solutions ».
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Il s’agit donc bien pour l’Union
européenne, bien
que la Commission s’en défende en insistant sur le fait qu’une législation communautaire n’est
pas à l’ordre du jour, de faire entendre sa voix dans un débat qui s’annonce
houleux, car crucial pour l’avenir des citoyens, et intervenant, faute d’avoir
anticipé, à un moment où des coupes sombres dans les budgets publics sont
présentées comme la seule réponse possible à la crise.
Tous les pays membres
sont peu ou prou concernés
par cette problématique.
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En 2008, on comptait quatre personnes
en âge de travailler (15-64 ans) pour chaque citoyen de l’UE âgé de 65 ans au
moins. D’ici à 2060, ce rapport tombera à deux pour un. La récente crise
financière et économique a aggravé et amplifié les effets de cette évolution démographique.
Une récente enquête Eurobaromètre a
révélé que 73 % des citoyens de l’Union européenne prévoient clairement une
baisse de leur retraite ou pensent qu’ils auront à travailler plus longtemps ou à
économiser davantage pour leurs vieux jours. En attendant, 54 % des personnes
interrogées craignent que leurs revenus de retraite ne soient
insuffisants pour vivre décemment; elles sont majoritaires dans 17 des 27 État
membres de l’Union européenne.
Source: Commission européenne
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Première question abordée par la Commission :
comment trouver un équilibre entre la durée de l’activité professionnelle et
celle de la retraite, compte tenu des changements structurels dans nos sociétés
et sur nos marchés du travail et de l’augmentation de l'espérance de vie? Poser
cette question conduit inévitablement à s’interroger sur l’âge de la retraite.Mais la Commission
botte en touche prudemment en s’abstenant de recommander un recul de cet âge,
cette mesure, précise-t-elle, « incombe aux États membres ». Mais il
est facile de voir où vont ses préférences : « la Commission encourage
les États membres à réfléchir à la manière de parvenir à un équilibre durable
entre la durée de la vie active et celle de la retraite, ce qui peut être
obtenu en travaillant plus mais aussi plus longtemps ». Quant à l’argument souvent entendu selon lequel il y a une
contradiction entre vouloir reculer l’age de la retraite et lutter contre le
chomage des jeunes, il est balayé par la Commission: « S’il en était ainsi, les pays où l’âge de la retraite est élevé, et où
de nombreux seniors travaillent encore, auraient également des difficultés à
offrir des emplois aux jeunes. Or, tel n’est clairement pas le cas. Le fait est
que les pays où le taux d’emploi des seniors est le plus important sont
également ceux où il est le plus élevé parmi les travailleurs plus jeunes.
Inversement, les pays où l’emploi des travailleurs âgés est relativement faible
sont également ceux qui enregistrent les plus mauvais résultats dans la
création d’emplois pour les jeunes ».
La
deuxième question posée par le livre vert porte sur les mesures à prendre pour
permettre la mobilité des travailleurs (une idée chère à la Commissionet qui
trouve son expression dans la liberté de circulation) sans perte des droits à
pension déjà acquis. Or les règles nationales en matière de retraites ne
favorisent pas toujours l’accumulation et la conservation des droits par les
travailleurs qui changent d’emploi. Il faut donc supprimer ces obstacles.
Enfin, le troisième grand axe de la
« réflexion » proposée par le livre vert concerne la sécurité
des retraites. Et la
Commission de s’interroger : quelles mesures prendre pour que les systèmes de retraite par
capitalisation soient sûrs et « garantissent un juste équilibre entre
efficience et sécurité » ? Une interrogation louable… mais qui ne
laissera pas d’inquiéter les partisans de la répartition car elle semble tenir pour acquis que la capitalisation soit
l’avenir des retraites. Tout est affaire d’interprétation cependant, la Commission s’efforçant
de faire preuve de neutralité en affirmant ne privilégier « aucun type de
système de retraite particulier »,mais tout en notant que dans de nombreux
États membres, les régimes de retraite privés et par capitalisation
« jouent un rôle croissant dans le revenu des retraités ». Et de
conclure sur sa volonté d’ « aider et encourager les États
membres à élaborer de tels régimes avec toute la prudence nécessaire pour
garantir leur fiabilité et limiter dûment les risques et la volatilité, afin
que l’objectif global de la mise en place de systèmes de retraite adéquats et
viables soit atteint ». Une piste pourrait être la mise en place d’un système de
garantie des prestations de retraite, à l’occasion
de l’examen du futur régime de
solvabilité pour les fonds de pension, et de la directive
sur la protection des travailleurs en cas d’insolvabilité de l’employeur.
05/08/2010
Informations pratiques : comment participer au
débat :
La consultation durera du 7 juillet au 15 novembre
2010. Chacun peut participer via un questionnaire en ligne disponible
à l’adresse Internet dédiée
à la consultation.
Ceux
qui n’ont pas accès à l’Internet
peuvent envoyer leur réponse par courrier postal à l’adresse :
Commission européenne;
Consultation – Livre vert sur les retraites;
Direction générale de l’emploi, des affaires
sociales et de l’égalité des chances – Unité E4; B - 1040 Bruxelles
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