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La
récente annonce d’apparition de cas de grippe
aviaire en Russie et au Kazakhstan a mis en
alerte les services sanitaires de l’Union
Européenne où, pour l’heure, la priorité est
donnée à la surveillance "sans alarmisme".
La
Russie et le Kazakhstan touchés
Fin
juin 2005, la Russie a annoncé l’apparition de
cas de grippe aviaire dans une zone frontière
du Kazakhstan.
Le
18/08/2005, l’Organisation Mondiale de la
Santé (OMS) affirmait dans son bulletin que le
responsable était bien le virus H5N1 (souche
mortelle pour les humains) , propagé,
suppose-t-on, par des contacts entre les
oiseaux domestiques et des oiseaux aquatiques
sauvages sur les mêmes points d'eau. L’OMS
faisait état d’une progression de la grippe
aviaire avec 120 000 oiseaux morts ou abattus
en Russie et plus de 9 000 au Kazakhstan (OMS
: « Expansion géographique de la grippe
aviaire à virus H5N1 dans les populations
d'oiseaux » - bulletin n°28 – 18/08/2005).
Selon l’Organisation, « Les flambées en
Russie et au Kazakhstan apportent la preuve
que les virus H5N1 se sont propagés au-delà du
foyer initial dans les pays d'Asie du Sud-Est,
où les flambées ont commencé, comme on le sait
désormais, à partir de la mi-2003. Malgré des
mesures énergiques, la FAO signale que l'on
continue de détecter des virus H5N1 dans de
nombreuses régions du Viet Nam et d'Indonésie
et dans certaines régions du Cambodge, de
Chine, de Thaïlande et peut-être aussi du Laos
». Or, « Les flambées aviaires en
Russie et au Kazakhstan sont causées par un
virus qui a montré à plusieurs reprises, à
Hong Kong en 1997 et en 2003, puis en Asie du
Sud-Est au début de 2004, sa capacité de
franchir la barrière des espèces pour infecter
l'être humain chez qui la maladie a un fort
taux de létalité. Le même risque existe dans
les régions où des flambées aviaires de grippe
H5N1 viennent d'apparaître ».
Des
pays membres prennent des mesures
Face
au risque de pandémie évoqué, les Pays-Bas ont
pris sans attendre des mesures de confinement
des volailles qui resteront donc enfermées
durant la période de migrations des oiseaux
(communiqué du Ministre de l’agriculture
néerlandais le 16/08/2005). Cette mesure est
appliquée depuis le 22 août. L'Allemagne a
pour sa part annoncé par la voix de sa
ministre de l’agriculture qu’elle envisageait
également des mesures pour limiter les risques
de contact des volailles avec les oiseaux
migrateurs et allait augmenter les stocks de
vaccins contre la grippe, au cas de
transmission de la maladie aux humains.
En
France, où il existe une tradition importante
d’élevages de plein air (labels qualités,
biologiques...), le ministère de l’agriculture
annonçait dans un communiqué de presse du
23/08/2005 que la surveillance des élevages
était de rigueur, mais n’évoquait aucune
mesure de confinement, se fondant sur l’avis
rendu par l’Agence Française de Sécurité
Sanitaire des Aliments (AFSSA) selon lequel
« le risque immédiat de contamination des
populations aviaires européennes par des
oiseaux migrateurs en provenance de Russie est
faible . En effet, les zones actuellement
concernées par la grippe aviaire en Sibérie
occidentale hébergent des oiseaux qui vont
essentiellement passer l'hiver au Proche et au
Moyen-Orient.». Pour l’heure donc, les
mesures décidées en France consistent dans le
renforcement de la surveillance et du
dépistage tant des animaux sauvages que des
élevages domestiques en lien avec les
éleveurs, les chasseurs et l'Office national
de la chasse et de la faune sauvage et dans la
protection des élevages (par ex : pour les
élevages disposant d'un parcours en plein air,
les éleveurs seront « invités » à ne pas
nourrir ni abreuver les animaux à
l'extérieur). De plus, il sera recommandé à
tous les professionnels de la filière avicole
au contact des animaux de se vacciner contre
la grippe saisonnière courante.
Cependant,
des organisations comme le mouvement
écologiste Cap 21 ou la Ligue de Protection
des Oiseaux (LPO) pensent qu’il serait
nécessaire d’aller plus loin, par la
répression du trafic d'oiseaux captifs dont la
LPO estime qu’il constitue le principal danger
de propagation de la grippe aviaire quand les
contrôles sanitaires ne sont pas stricts ou
encore par l’interdiction provisoire de
l’utilisation d’oiseaux comme appelants pour
la chasse au gibier d’eau (voir, par exemple,
le communiqué: « CAP 21 demande l’interdiction
des appelants vivants pour la chasse au gibier
d’eau », 24/08/2005)
L'action
de l'Union européenne
Au
niveau de l’Union européenne des mesures de
protection contre la grippe aviaire ont été
prises en interdisant l’importation de
volailles vivantes, d'oeufs à couver ainsi que
de viandes fraîches de volaille en provenance
d ‘Asie (décision 2004/122 concernant
certaines mesures de protection contre
l’influenza aviaire dans plusieurs pays
d’Asie) . Ces mesures ont été étendues en août
à la Russie et au Kazahkstan (décision de la
Commission européenne du 18 août 2005
modifiant pour la sixième fois la décision
2004/122 concernant certaines mesures de
protection contre l’influenza aviaire dans
plusieurs pays d’Asie, publiée au Journal
officiel de l’Union européenne L 214 du
19/08/2005).
La
Commission a également proposé, le 28/04/2005,
d’actualiser la directive 92/40 qui définit
les mesures minimales de lutte à appliquer en
cas d'apparition de l'influenza aviaire chez
les volailles afin de prendre en compte les
connaissances nouvelles dont on dispose sur
cette maladie et de renforcer les contrôles.
Les mesures actuellement possibles consistent
essentiellement en des contrôles qui peuvent
conduire en cas de résultats positifs à
l’abattage des volailles infectées, à la
destruction ou à la décontamination des
équipements et lieux recelant le virus, à la
mise en quarantaine des exploitations
confinées dans une zone de surveillance d’un
rayon d’au moins 10 kilomètres.
Afin
de se préparer à une éventuelle propagation de
la grippe aviaire dans l’Union européenne, la
Commission a présenté le 20/03/2004, un
document de travail dans lequel elle expose
les principaux éléments de la stratégie de
défense de l’Union : mise en place et test de
plans nationaux de lutte contre la grippe
aviaire, mise en réseau des ressources
nationales (laboratoires, services
vétérinaires) pour surveiller et identifier le
virus le plus tôt possible, information
mutuelle des états sur les cas identifiés,
mise à disposition rapide de vaccins et de
médicaments ( la Commission a proposé le
06/04/2005, un règlement afin de créer un
fonds communautaire qui permettrait de prendre
en charge le coût de fourniture de vaccins et
d’antibiotiques dans des situations d’urgence
sanitaire).
Réunis
le 25/08/2005 sous présidence de la Commission
européenne pour se concerter sur le niveau de
risque et les mesures à prendre, les experts
vétérinaires des pays membres de l'Union
européenne ont estimé que le risque de
propagation de la maladie à l’Europe via
certains oiseaux migrateurs est faible. Mais
ils ont également recommandé un renforcement
de la surveillance (contrôles aux frontières),
la mise à jour des plans d'urgence en cas
d'épidémie, une sensibilisation accrue des
éleveurs au risque et une information des
consommateurs pour éviter qu’ils ne se
détournent des poulets et volailles. En
revanche, ils n’ont pas préconisé le
confinement obligatoire des animaux, jugeant
cette mesure « disproportionnée » (communiqué
de presse de la Commission européenne du
25/08/2005 : « Avian Influenza: Commission
asks Member States to step up surveillance
»).
Priorité
à la surveillance plutôt qu’aux mesures
radicales, tel est donc pour l’heure, le mot
d’ordre dans l'Union. Une position qu’une
nouvelle provenant de Finlande pourrait
cependant remettre en cause. Le 26/08/2005, un
communiqué du ministère de l'Agriculture
finnois annonçait la découverte d'un cas
suspect de grippe aviaire détecté sur des
mouettes près de la ville d’Oulu (nord du
pays). D’après le communiqué des services
vétérinaires
(www.mmm.fi/tiedotteet/index.asp?nro=1923), il
ne s’agirait pas cependant du virus H5N1.
29/08/2005
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