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Désignation du Président
de la Commission
Une des questions au
programme du Conseil européen était la désignation du candidat à la Présidence
de la Commission européenne.
Selon l’article 214 §2 du
Traité sur la Communauté européenne : « Le Conseil, réuni au niveau des chefs d’État ou de gouvernement et
statuant à la majorité qualifiée, désigne la personnalité qu’il envisage de
nommer président de la Commission; cette désignation est approuvée par le
Parlement européen. Le Conseil, statuant à la majorité qualifiée et d’un commun
accord avec le président désigné, adopte la liste des autres personnalités
qu’il envisage de nommer membres de la Commission, établie conformément aux
propositions faites par chaque État membre. Le président et les autres membres
de la Commission ainsi désignés sont soumis, en tant que collège, à un vote
d’approbation par le Parlement européen. Après l’approbation du Parlement
européen, le président et les autres membres de la Commission sont nommés par
le Conseil, statuant à la majorité qualifiée ».
Mais les conclusions de la Présidence réservent quelques surprises. En
effet, si le Conseil déclare avoir, à l’unanimité des 27, retenu la
candidature de JM Barroso, il ne s’agit pas à ce stade d’une désignation
officielle mais, d’une sorte de « pré sélection », car précise le
communiqué : « Les chefs d'État ou de gouvernement se sont
entendus à l'unanimité sur le nom de M. José Manuel DURÃO BARROSO, comme étant
la personnalité qu'ils envisagent (ndlr : et non pas :
désignent) de désigner en tant que président de la Commission européenne pour
la période 2009-2014 ». Que faut il comprendre de cette
formulation ? Certes, le Conseil a clairement « adoubé »
M.Barroso comme étant le candidat des 27 états membres à la fonction de
Président de la Commission. Mais il existe un risque que le Parlement européen
fasse de la résistance. Car le slogan « stop Barroso » initié par les
verts a trouvé un écho favorable dans d’autres formations. Ainsi, Martin Schultz qui dirige le groupe
socialiste européen a jeté un pavé dans la marre en annonçant le 18/06, que les
eurodéputés socialistes refuseraient de voter pour JM Barroso (3) malgré les
annonces qui avaient été faites ici ou là soulignant que les socialistes
espagnols et anglais, notamment, à l’instar de leurs gouvernements appuieraient
la reconduction de M.Barroso dans sa fonction. Or si le PSE s’oppose à la
nomination de M.Barroso la réunion d’une majorité parlementaire sur son nom
sera difficile pour ne pas dire impossible. Ce qui est vrai aujourd’hui où
conformément aux règles actuelles, l’approbation du Parlement doit intervenir à
la majorité simple, le sera a fortiori demain si le traité de Lisbonne est
ratifié, puisqu’en vertu de celui-ci, le vote d’ « investiture »
par le Parlement doit se faire à la majorité des membres qui le composent.
Or, aujourd’hui de nombreux parlementaires européens refusent de se
prononcer sur la désignation du Président de la Commission avant de savoir ce
qu’il va advenir du Traité de Lisbonne. Il se pourrait donc qu’à la mi juillet
aucune majorité parlementaire ne puisse être réunie pour désigner le Président
de la Commission. Un scénario qui déplait aussi bien aux états qu’aux
parlementaires du parti populaire européen (PPE) favorables à M.Barroso et
premier groupe au PE par le nombre de ses membres mais qui a besoin de
l’apport de voix d’autres groupes pour l’élire. D’où la prudence affichée dans
les conclusions de la Présidence du Conseil européen qui a donné mandat aux
premiers ministres de la République tchèque et de la Suède (respectivement
président en exercice et futur président du Conseil européen) d’ouvrir
« des discussions avec le Parlement européen afin de déterminer si ce
dernier est en mesure d'approuver cette désignation lors de sa séance plénière
de juillet ». Ce n’est qu’à l’issue de ces discussions que le Conseil
européen désignera officiellement la personnalité qu'il envisage de nommer
président de la Commission. La balle est donc dans la camp du Parlement et une
double question se pose : y aura-t-il une majorité en juillet pour voter
la désignation de M.Barroso ? Si non, quelle candidature alternative
émergera-t-elle ? Bien entendu, ces incertitudes, à la fois politiques et
juridiques (est ce que les règles du traité de Lisbonne s’appliqueront)
influent également sur le processus de nomination des autres membres de la
Commission puisque celle-ci ne peut intervenir qu’après le choix du Président.
Suite
de l'article
Actualisation
(au 10/07/2009)
Le Parlement européen ne se prononcera pas la
semaine prochaine lors de sa session inaugurale sur la désignation du Président
de la Commission européenne. Plusieurs groupes s’y sont opposés. La majorité
PPE (parti populaire européen) favorable à M.Barroso n’a toujours pas trouvé
les voix nécessaires pour l’imposer. Les eurodéputés Verts, Libéraux et
Socialistes veulent que M.Barroso présente un programme clair sur lequel ils
veulent avoir le temps de débattre.
Le vote pourrait avoir
lieu à la mi-septembre. A moins qu’il ne soit
encore repoussé conformément aux vœux des Verts qui demandent que l’on attende
le résultat du vote des irlandais sur le traité de lisbonne. En effet, si
celui-ci est ratifié les règles de désignation du Président de la Commission
européenne changent comme on l’a vu et la reconduction de M.Barroso pourrait
être bien plus difficile.
Pourtant le ciel avait
semblé se dégager pour lui lorsque le Conseil avait décidé le 09/07 de le
désigner officiellement comme son candidat confirmant ainsi la désignation
« officieuse » de juin.
Cela ne signifie pas
cependant qu’au final M.Barroso ne sera pas reconduit. Tout d’abord aucune
candidature alternative n’a émergé. Ensuite, les deux groupes parlementaires
les plus importants, le PPE et le PSE (parti socialiste européen) vont former
une coalition qui leur permettra de se partager la présidence du PE et de se
répartir des commissions parlementaires. Dans les cinq ans de législature à
venir, deux ans et demi s’effectueraient sous présidence d’un membre du PPE, le
reste sous présidence d’un membre du PSE. Cette entente pourrait se prolonger
par un vote convergent sur la désignation du Président de la Commission.
3
- Les socialistes européens refuseront de reconduire Barroso , Le
Monde.fr, 18/06/2009
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