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France Nature Environnement nous
apprend dans un communiqué du 23/01/2009 que la Commission européenne n’a pas
renoncé à autoriser le maïs génétiquement modifié (1).
La décision est
dénoncée par les ONG de protection de l’environnement qui demandent
l’activation des clauses de sauvegarde prévues par la législation européenne et
qui permettent d’interdire la culture d’OGM, ceci au nom du principe de
précaution également inscrit dans la législation communautaire. Elles se
prévalent d’avoir été entendues par le Conseil des Ministres de l’environnement
de l’Union européenne, qui lors de sa réunion du 20/10/2008 a émis de sérieuses réserves
sur les procédures européennes d’évaluation des risques (2). Les ministres se sont déclarés favorables à
un changement de méthode et se sont ainsi prononcés en faveur d'un renforcement
de l'évaluation environnementale des plantes génétiquement modifiées (PGM) ainsi
qu'une plus grande harmonisation des pratiques et des méthodes d’évaluation des
risques environnementaux. Plusieurs délégations ont appuyé la révision des
lignes directrices de l'Agence Européenne de la Sécurite des aliments (AESA)
sur l'évaluation environnementale afin d’harmoniser les pratiques et de prendre
en compte au fur et a mesure les avancées scientifiques les plus récentes. En
particulier, les impacts sur les espèces non cibles devraient être mieux pris
en compte. En revanche, sur la prise en compte des critères socio-économiques dans le
processus d'autorisation, l’unanimité n’a pas été de mise, certains états
rappelant les obligations de l'Organisation Mondiale du Commerce -OMC- (au sein de
laquelle les OGM sont une cause de litiges depuis de longues années entre
l’Union européenne et les Etats-Unis notamment), d’autres soulignant que ces critères ne
devraient pas supplanter l'évaluation scientifique comme paramètre principal
d'autorisation. Enfin, les ministres ont été d’accord pour souligner la
nécessité de porter une attention particulière aux territoires sensibles et/ou
protégés. Mais alors que certains pays considèrent que le droit communautaire
protège suffisamment leur spécificité en permettant la mise en en place de
zones sans OGM lorsque des risques sont constatés sur la base d’éléments scientifiques, d’autres
demandent qu’en vertu du principe de subsidiarité ils puissent créer des zones
sans OGM pour certains écosystèmes et/ou agro-systèmes sensibles.
Une prise de
position bienvenue alors que le refus des cultures d’OGM est toujours fort.
Récemment, la commune de Le Thor, dans le Vaucluse, a obtenu gain de cause dans le
litige qui l’opposait au Préfet. Ce dernier demandait l’annulation d’une
délibération par laquelle le conseil municipal de Le Thor se déclarait opposé à
toute culture de plantes génétiquement modifiées sur son territoire. Le Maire
était allé plus loin ensuite en édictant un arrêté d’interdiction. Mais ce
dernier en revanche n’avait pas fait l’objet d’un recours du Préfet. Dans son
jugement du 05/12/2008, le tribunal administratif de Nîmes rejette la demande
d’annulation de la délibération du conseil municipal. Le ministère ayant
renoncé à interjeter appel, le jugement est définitif. Il contient des éléments
qui pourront alimenter de le dossier des opposants aux cultures d’OGM,
puisqu’il se fonde que la prise en considération de la spécificité et de la
« sensibilité » des zones aux risques de dissémination d’OGM (par
exemple, zones agricoles avec nombreux agriculteurs bio et présence de
productions AOC…). Et on l’a vu, ces éléments figurent déjà dans la législation
européenne comme critères d’appréciation des risques et peuvent conduire à la
création de zones sans OGM. Après avoir constaté que le conseil municipal s’est
borné " à rendre publique une position de principe sur la question de la
culture des OGM sans édicter d’interdiction de ce type de culture dans la
commue ", le tribunal juge que ce faisant il n’a pas outrepassé ses
compétences en la matière. Un effet, rappelle le juge, il est de la compétence
du conseil municipal de régler les affaires de la commune et d’ "émettre
des vœux sur tous les objets d’intérêt général ». Or, observe le juge,
« la question relative à la culture des OGM, du fait de son impact
éventuel sur la santé publique et l’environnement, intéresse la commune
de Le Thor, à vocation essentiellement agricole ". Dès lors, il s’agit
bien d’une question d’intérêt général sur laquelle le conseil municipal pouvait
émettre un un vœu. La demande d’annulation de la délibération est donc rejetée.
Mais la victoire de Le Thor est symbolique : son droit de s’opposer aux
OGM est reconnu, pas celui de les interdire. Car rappelons que depuis quelques
années plusieurs communes ont pris des
arrêtés interdisant la culture d'OGM sur leur territoire et qu’à chaque fois
que ces arrêtés ont été contestés en justice, ils ont été annulés, au motif que
la seule autorité compétente en la matière est le ministre de l'Agriculture,
pas les élus municipaux.
02/02/2009
1 – France Nature Environnement (fédération d’associations de protection de
l’environnement), communiqué du 23-01-09, OGM : il faut sauver la clause de
sauvegarde
2 - Session
du Conseil Environnement, Luxembourg, 20 octobre 2008, communiqué, 13857/08 - Presse 282.
3 –
Tribunal administratif de Nîmes, 1ère chambre, 05/12/2008,
aff.0802882, Préfet de Vaucluse c/Commune de Le Thor
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