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Plan D pour la relance de l’Union européenne: propositions
Faute
d’avoir eu un plan B, il existe le plan D (comme démocratie et dialogue) lancé
par la Commission européenne.
Il s’agit
d’une des initiatives destinées à relancer la dynamique de l’intégration
européenne mise à mal par les non français et néerlandais au traité
constitutionnel. Dans le marasme actuel,
où l’abondance de visions contradictoires de l’Europe cache mal une
absence de projet cohérent susceptible d’emporter l’adhésion des représentants
des 25 états et de leurs peuples, les propositions de la Commission sont
marquées du sceau du pragmatisme à défaut d’avoir l’ambition et le
« souffle » souhaités par ceux qui invoquent avec nostalgie les mânes des « pères
fondateurs » de l’Europe communautaire.
Dans une
communication présentée le 10/05/2006, la Commission préconise une « Europe des résultats » clairement
identifiable par les citoyens européens. Les propositions pour y parvenir sont
les suivantes :
- « La suppression des
obstacles résiduels au marché unique : la Commission s’engage à lancer un
réexamen « en profondeur » du marché unique et à présenter l'année prochaine un rapport contenant des
propositions concrètes ». Bien qu’achevé en 1992, le marché unique laisse
subsister des obstacles à la liberté de circulation et d’échanges (disparités
dans les tarifs des services d'itinérance transfrontière pour les utilisateurs
de téléphones mobiles, dans les frais bancaires, pas encore de brevet
communautaire, etc…)
- « La création d'une carte de droits grâce à laquelle tout
citoyen européen pourra être informé de ses droits et y avoir pleinement
accès »;
- « Le lancement d'un
« inventaire exhaustif de la réalité sociale européenne
actuelle » et un programme en faveur de
l'accès universel et de la solidarité, parallèlement au réexamen du marché
unique ». Ce pourrait être l’occasion, mais la Commission ne le dit pas,
de remettre sur les rails un projet de législation sur le statut du services
public au niveau européen ?
- « L'amélioration du
processus décisionnel pour que l'Europe soit un endroit plus sûr, par un usage
accru, sur la
base des dispositions existantes du traité, de la méthode communautaire dans des
domaines tels que la lutte contre la criminalité organisée, le
terrorisme et la traite des êtres humains, ainsi que la coopération policière ». La
« méthode communautaire » permet de faire intervenir la Commission et le Parlement européen dans
le processus législatif contrairement à
la méthode intergouvernementale qui fait des états, à l’unanimité, les seuls
décideurs. Cette méthode intergouvernementale prévaut dans des domaines
relevant de la Justice et des Affaire intérieures. Mais certaines matières sont
déjà aujourd’hui « communautarisées » La proposition de la Commission
est donc d’ajouter de nouvelles matières au pilier communautaire et ainsi de
supprimer l’exigence d’unanimité des états.
- « La publication d'un
document de la Commission sur une stratégie de l'élargissement, pour faire
avancer le débat sur la valeur ajoutée qu'apporte l'élargissement et sur la
capacité de l'Union d'assimiler de nouveaux membres ». La Commission affirme qu’elle confirme et
renouvellera les engagements qu'elle a
déjà pris sur la poursuite du processus d’élargissement dans le débat sur le
rythme et l'étendue de l'élargissement. Ce qui est certes cohérent avec sa
position (voir par exemple, le bilan favorable tiré du dernier élargissement),
mais pas vraiment en phase avec la position du Parlement européen. La
Commission se défend par ailleurs de vouloir aller à l’encontre des opinions
des citoyens européens en s’abritant derrière les derniers chiffres données par
l’Eurobaromètre sur l'avenir de l'Europe selon lequel
55 % des Européens considèrent que l'élargissement de l'Union européenne est
positif (ce qui n’est pourtant pas la même chose que dire qu’il sont pour la
poursuite de l’élargissement).
- « La définition d'une
nouvelle approche de la compétitivité externe, qui comportera notamment une
réflexion sur une amélioration de l'accès aux marchés étrangers et sur de
nouvelles priorités dans les relations commerciales »;
- « Un document de stratégie
avec des idées concrètes sur le rôle de l'Europe dans le monde »;
- « Un nouveau train de
propositions visant à alléger concrètement la bureaucratie (mieux légiférer) dans toute l'Union européenne ».
« Tarte à la crème » communautaire, l’allègement législatif répond
aux critiques de ceux qui dénoncent une Europe « technocratique » qui
« se mêle de tout ». La question est de savoir où va s’opérer
l’allègement, car des législations protectrices des droits pourraient en
faire les frais.
- « Une accélération des
travaux sur l'accès aux documents dans l'Union Européenne" (transparence).
Là encore, rien de nouveau : la transparence est une préoccupation
affirmée dans d’autres documents.
- « De nouvelles relations
avec les parlements nationaux, dont la transmission directe des
nouvelles propositions et des documents de consultation ». L’obligation
d’information des parlement nationaux sur les propositions de législation
communautaire existe déjà. Ainsi, en France,
à la suite du traité de Maastricht, la Constitution a été modifiée avec
l’introduction d’un article 88-4 qui
dispose : « Le Gouvernement soumet à l'Assemblée nationale
et au Sénat, dès leur transmission au Conseil de l'Union européenne, les
projets ou propositions d'actes des Communautés européennes et de l'Union
européenne comportant des dispositions de nature législative. Il peut également
leur soumettre les autres projets ou propositions d'actes ainsi que tout
document émanant d'une institution de l'Union européenne. Selon des modalités
fixées par le règlement de chaque assemblée, des résolutions peuvent être
votées, le cas échéant en dehors des sessions, sur les projets, propositions ou
documents mentionnés à l'alinéa précédent ». Le traité constitutionnel
contient une série de propositions importantes renforçant le rôle des parlements nationaux. Il dispose
que chaque projet de loi européenne doit être transmis et que ceux-ci ont une droit de veto s’il s’avère
que la proposition excède les compétences communautaires. Faute de pouvoir
mettre en oeuvre cette disposition, en l’absence de traité, la Commission
propose d’ores et déjà de mieux assurer l’information des parlements
nationaux en créant une passerelle
directe entre eux et les institutions communautaires.
- « Une proposition de
calendrier pour une approche graduelle en vue d'apporter une solution aux questions
institutionnelles »
- « Une déclaration
s'inspirant de la déclaration de Messine pour faire en sorte que l'Europe aille de l'avant toute
ensemble »
Selon la Commission, si ce sont
les référendums français et néerlandais qui ont été à l’origine de ce Plan D,
ce dernier ne consiste pas dans une "opération de sauvetage du traité
constitutionnel".
Précision utile! Car les propositions de la Commission ont de quoi
décevoir ceux qui demandent une « Europe politique ».
15/05//2006
Pour aller plus loin:
Sur le site
Article: La Commission
européenne voit l'élargissement en rose
Etude sur l'Union Européenne
et son fonctionnement (piliers...)
Sur le blog
La
transparence, nouvelle panacée européenne?
Sur le site europa:
Eurobaromètre : sondage «Le futur de
l’Europe »
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