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A la suite d’une consultation publique lancée
en novembre 2005, la Commission européenne a présenté une proposition d’ouverture totale à la concurrence des
activités postales en 2009 (1). Cette proposition, on l’a vu, se heurte à une
forte opposition, assez pour retarder son adoption qui requiert un vote
favorable du Conseil et du Parlement européen selon la procédure de
codécision (2).
Or, l’examen du texte par le Conseil, le 07/06/2007, montre
que les états sont divisés sur la question.
Le compte rendu publié indique que les discussions entre les
états ont permis des « progrès
significatifs » sur des points clés tels que le maintien d’un service
universel de qualité, les règles de
désignation des fournisseurs de service universel, l’accès aux infrastructures
postales, les principes de tarification…(3)
Mais sur la date de mise en oeuvre de la libéralisation,
aucun rapprochement n’a été constaté entre les pays qui, à l’instar de la
France, refusent de fixer une date et ceux qui veulent hâter la libéralisation
complète des services postaux, pays menés par l’Allemagne qui souhaitait qu’un
accord politique intervienne sous sa présidence, donc avant le 1er
juillet.
La pierre d’achoppement est le financement du service
universel. La France, mais aussi des pays comme la Belgique, l'Espagne, le
Luxembourg, la Grèce, l'Italie, la Pologne, la Hongrie ainsi que d'autres nouveaux membres demandent qu’avant de fixer une
date pour la libéralisation, ce financement soit garanti par des mécanismes
clairs et qui ne puissent pas être remis en cause par la Commission au nom du
respect de la concurrence. La directive proposée est de leur avis trop vague
sur ce point. La Commission est donc priée de remettre l’ouvrage sur le métier
et de préciser sa proposition.
Le texte sera ensuite examiné par le Parlement européen où
un nombre croissant de députés s’oppose à présent également à la date butoir.
Un répit salutaire pour trouver des solutions permettant de
concilier exigences du service public et impératifs du droit communautaire de
la concurrence?
Et pour finir, puisqu’il est question de service public,
retour sur une initiative déja évoquée sur ce site à l’automne dernier, celle de la
Confédération Européenne des Syndicats qui a lancé en novembre une pétition
pour défendre les services publics dans l’Union européenne (4) A ce jour, la pétition a recueilli plus de 340 000
signatures, ce qui est plutôt un bon résultat. La pétition est en ligne
sur le site de la CES (5).
08-06-2007
1-Commission des Communautés Européennes, Proposition de directive modifiant la
directive 97/67/CE en ce qui concerne l’achèvement du marché intérieur des
services postaux de la Communauté, COM(2006)0196.
2- Voir sur ce site l’article Service public postal et libéralisation
3-Council
of the European Union, Press release, 2805th Council meeting
Transport, Telecommunications and Energy, Luxembourg, 6-8 June 2007, 10456/07
(presse 133), Provisional version
4-Voir la brève d'information : Pétition européenne sur
les services publics
5- Site de la pétition
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