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Eviter de
répéter les erreurs faites dans un passé récent, tel serait le propos du "Plan
de sauvetage
de la zone euro"
décidé dans
la nuit du 26
au 27 octobre
2011 afin d'alléger
la dette grecque
et d'éviter
la contagion
de la crise
à d'autres pays
de la zone euro.
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Les semaines passent et les plans de sauvetage de la zone
euro se succèdent.
Le dernier en date a été présenté officiellement ce matin
à l’issue d’un double sommet : sommet des chefs d’Etat et de gouvernement
de la zone euro (1), et sommet des chefs d’état et de gouvernement de l’Union
européenne, les 10 pays non membres de la zone euro s’étant insurgés
d’être tenus à l’écart de décisions susceptibles d’affecter toute l’Union
européenne. Mais, somme toute, deux sommets pour tenter de mettre un terme au
feuilleton anxiogène de la crise de la dette, il fallait au moins cela! Les jours précédents, la tension entretenue dans les
medias était à son comble : « sommet de la dernière chance »,
« crise de la dette, l’Europe joue son destin », « sommet
crucial », « sommet capital »…tous les gros titres sonnaient le
tocsin pour faire comprendre l’importance ce qui se jouait à Bruxelles…dans
l’hypothèse où des lecteurs/spectateurs auraient été assez distraits ou plongés
dans un coma profond depuis des mois pour passer à côté d’une information aussi
exceptionnelle.
Le plan de sauvetage concocté au terme de discussions qui
se sont achevées dans la nuit vise à poser les fondations de notre futur, a
déclaré Hermann van Rompuy Président du Conseil européen, et à éviter de
répéter les erreurs faites dans un passé récent…réflexion assez sibylline par laquelle nombreux sont
ceux qui peuvent se sentir visés. Sans doute faut-il comprendre que, cette
fois, les dirigeants européens, ont décidé d’aller vite dans l’application du
plan et de le doter de moyens très importants (deux éléments qui ont manqué par
le passé).
Sauver "le soldat grec"
La dette publique de la Grèce est allégée. Elle devrait
représenter 120% du PIB en 2020. Pour y parvenir, les créanciers privés (les
banques) ont fait un effort « volontaire » en renonçant à 50% de leur
créance (les banques étaient tellement « volontaires » qu’elles se
sont en fait longtemps opposées à cette solution). Les pays de la zone euro
contribueront à cet effort à hauteur de 30 milliards d’euros. Selon le Ministre
des finances grec, la dette de son pays devient viable grâce à cet accord (s’il
n’avait pas été trouvé, la dette aurait atteint 173% du PIB en 2020, a-t-il
estimé). Il reste à préciser que l’engagement doit être confirmé par les
banques. Enfin, un nouveau plan de 100 milliards d’euros associant le FMI et
l’UE sera mis en place fin 2011.
Renforcer le FESF
La capacité d’action du Fonds européen de stabilité
financière (FESF) sera élargie de manière impressionnante puisqu’il est prévu
que sa capacité passe à 1000 milliards d’euros, une ampleur dont on espère
qu’elle lui permettra de jouer un rôle de pare feu à la contagion de la dette,
et cela, sans que les garanties apportées par les états membres n’augmentent. Il
faudra donc faire appel à des investissements (publics ou privés) provenant de
pays étrangers à l’UE. Concrètement il y aura mise en place d’un fonds spécial
d'investissement destiné à recueillir les fonds de ces investisseurs. Ce fonds
émettra des obligations et en rachètera. Mais comme le titrait la Tribune :
"qui va secourir le fonds de secours ?"
(3).
Restaurer la confiance dans le secteur bancaire
Les états membres vont recapitaliser, si nécessaire, les
banques (sous la l'égide de l'Union européenne, niveau auquel seront fixés les
critères et les conditions de ces recapitalisations). Les autorités de supervision nationales devront s’assurer que le
ratio de fonds propres des banques atteigne 9% en juin 2012 (une mesure
temporaire précise le communiqué du Conseil) (4). Tant que ce pourcentage ne sera pas atteint, les
distributions de dividendes et de bonus devraient être restreintes. La
recapitalisation des banques devra utiliser en priorité des sources privées de
capitaux (par ex. restructuration et conversion de dette en instruments de capitaux) et ce n’est que si elles
s’avèrent insuffisantes que les aides publiques seront autorisées. Si enfin, ce
soutien n’était pas possible, la recapitalisation devra être financée au moyen
d'un prêt du FESF dans le cas des pays de la zone euro.
Elargir la gouvernance
Le Président du Conseil européen a reçu mandat de proposer
de nouvelles mesures pour renforcer l’union économique, « afin qu'elle
soit à la mesure de l'union monétaire », ce qui pourra nécessiter une
révision des traités.
Le plan est sensé rassurer les marchés financiers dont
l’hypersensibilité a déjà été mise à rude épreuve et dont il paraît qu’il faut
les réconforter. Aux premières nouvelles, les marchés semblaient effectivement
un peu « requinqués » et la Bourse de Paris gagnait plus de 6%.
Mais qui réconfortera les citoyens éberlués depuis des
mois devant la stupidité et la rapacité des spéculateurs, l’incurie et la
myopie de nombreux gouvernements et la cacophonie des experts ès crise ?
27/10/2011
1 -
Bruxelles, le 26 octobre 2011, DÉCLARATION DU SOMMET DE LA ZONE EURO
2 - Brussels, 26 October 2011, STATEMENT OF EU HEADS OF STATE OR GOVERNMENT
3 – Stanislas Jourdan :"qui va
secourir le fonds de secours ?",
La Tribune, 26/10/2011
4 - Brussels, 26 October 2011,
STATEMENT OF EU HEADS OF
STATE OR GOVERNMENT, Annex, Consensus on banking
package
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