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Proposition
de directive sur le crédit à la consommation,
le retour !
Ainsi
va la vie législative de l’Union européenne :
certains textes font un tour sur le devant de
la scène, retournent à l’anonymat et
réapparaissent. C’est le cas à présent de la
proposition de directive sur le crédit à la
consommation présentée en 2002 (sur ce site
l’analyse de la proposition peut être trouvée
en suivant ce lien
:
Des règles européennes harmonisées pour le
crédit à la consommation ? ). Le texte
initial naviguait du Conseil des ministres de
l’Union au Parlement européen sans qu’un
accord paraisse possible. D’où une nouvelle
proposition révisée présentée par la
Commission européenne le 10/10/2005, dans laquelle elle
reprend nombre d’amendements parlementaires (
Parlement européen, sur le rapport de M.
Joachim Wuermeling, 1ère lecture, 20-04-2004)
-
Le Parlement européen s’opposait à une
harmonisation européenne des règles de
protection des consommateurs qui
souscrivent un crédit à la consommation ,
craignant que cela ne conduise à un
nivellement par le bas. Les eurodéputés
avaient souhaité que les états conservent
le droit de garantir à leurs consommateurs
des normes de protection plus strictes. La
nouvelle proposition de directive donne
plus de latitude aux états pour garder ou
instaurer des mesures plus favorables aux
consommateurs, notamment en matière de
responsabilité conjointe et solidaire
entre vendeur et prêteur à l’égard du
consommateur, en matière de recouvrement,
ou de protection des données
personnelles des consommateurs .
-
Le champ d'application est plus
limité. D’une part, la proposition de
directive ne concerne plus que les crédits
à la consommation d'un montant inférieur
ou égal à 50 000 euros, afin, dit la
Commission européenne, de couvrir les contrats de
crédit à la consommation les plus
courants. D’autre part, les emprunts
hypothécaires (prêts garantis sur la
valeur de l'habitation de l'emprunteur) ne
seront pas couverts par cette directive
mais devraient l’être par une autre sur le
crédit hypothécaire, sans que soit prévu
un calendrier pour cela.
-
Les obligations des professionnels en
matière d’information sont atténuées dans
certains types de crédit comme
les découverts et les cartes
de crédit . Ce recul est dénoncé par les
organisations de consommateurs fédérées
dans le Bureau Européen des Unions
de Consommateurs qui rappellent qu’il
existe de nombreux abus rapportés dans ces
domaines (manque d'informations,
informations trompeuses, lourdeur des
charges). Là encore la Commission
européenne renvoie à une législation
future. Quant aux prêts inférieurs à
300 euros, ils ne sont pratiquement pas
réglementés, ce qui signifie que les états
restent pleinement compétents pour
réglementer ce type de crédit généralement
utilisé par les personnes vulnérables.
-
L’interdiction de la vente de crédit
non sollicitée en porte-à-porte a disparu
de la nouvelle proposition.
-
La notion de «prêt responsable» qui
consiste à vérifier si le
consommateur a les moyens de rembourser le
prêt a été clarifiée.
-
Le calcul du TAEG (Taux annuel
effectif global) est également revu afin
d’inclure tous les coûts connus du prêteur
au moment de la proposition de prêt, ceci
dans le but de permettre au consommateur
de mieux mesurer l’impact de son emprunt
sur son budget et ses ressources.
- D‘autres
amendements comme celui qui demandait de
porter le délai de rétractation à 7 jours
au lieu de 14 ont été en revanche ignorés
dans la proposition de directive révisée.
14/10/2005
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