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Le
Parlement européen
et Conseil se sont mis d'accord pour adopter la
réforme connue sous le nom de "Paquet telecoms".
Au prix de concessions du Parlement sur la disposition
concernant la coupure d'accès à internet.
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Après de dernières discussions sur la
disposition concernant l’accès à internet, le Parlement européen et le Conseil
se sont mis d’accord sur les textes qui composent ce que l’on appelle le
« paquet telecom ».
A la veille de ces ultimes négociations, l'accès
à Internet constituait le seul point de discussion.
Le 6 octobre, le
Conseil avait formellement rejeté un
amendement de deuxième lecture du Parlement sur l'accès à Internet stipulant
qu' « aucune restriction ne peut être imposée aux droits et libertés
fondamentales des utilisateurs finaux sans décision préalable des autorités
judiciaires (...) sauf lorsque la sécurité publique est menacée ».
La veille de
l’ouverture de la conciliation, les parlementaires s’étaient déclarés, par la
voix du Président de la délégation du PE au comité de conciliation,
« déterminés à défendre les droits des utilisateurs et engagés à
développer un cadre de régulation afin d'encourager l'investissement et
d'ouvrir le marché. Nous ferons notre possible pour parvenir à une bonne
solution mais le Conseil doit comprendre que le Parlement défendra sans hésiter
la liberté des citoyens qu'il représente » (déclaration d’Alejo
VIDAL-QUADRAS, PPE, le 22 /10 /2009).
Finalement, le
05/11, députés et Conseil sont tombés d’accord sur le fait que l'accès d'un
utilisateur à Internet pourra être restreint, si cela est jugé "nécessaire et
proportionné" et seulement au terme d'une procédure "juste et impartiale" tenant
compte du droit pour l'internaute d'être entendu. Ce qui, on le remarque, n’est
pas tout à fait la même chose que l’exigence de procédure juridictionnelle
préalable puisque le texte adopté prévoit que des procédures de restriction
d’accès à internet puissent être mises en place, en respect du principe de
présomption d'innocence et du droit à la vie privée (ce qui est bien le moins
dans un état de droit). Et ces
procédures doivent être précédées d'une procédure équitable et impartiale
garantissant le droit au « contrôle » juridictionnel. On comptend
ainsi que la décision de couper l’accès à internet pourra être contestée en
justice par l’internaute qui en fait l’objet, ce qui, encore une fois, est bien
le moins dans un état de droit ! Mais ce sera donc à l’internaute qu’il
reviendra d’aller en justice et non à l’autorité qui a pris la décision de
coupure de demander l’aval préalable du juge. Pour expliquer ce
rétro pédalage, le Parlement européen dans un communiqué de presse du
05/11/2009, met en avant le fait « des doutes subsistaient sur la validité
du fondement juridique des amendements du Parlement » qui demandaient une
décision juridictionnelle préalable à toute restriction d’accès à internet.
Car, elles « dépassaient les compétences de la Communauté
européenne » et « Les garanties procédurales demandées par le
Parlement requerraient en effet une véritable harmonisation des systèmes
judiciaires des Etats membres, ce qui outrepasserait les prérogatives de la
Communauté dans le domaine visé par la législation telecom : les mesures
d'harmonisation pour le marché intérieur (article 95 du traité) ». Ce qui est
certain, c’est que l’amendement parlementaire
s’est heurté à l’opposition résolue de certains états au Conseil (dont
la France qui avait déjà adopté la loi créant l’Hadopi) et que ceux-ci ont eu
gain de cause. En cas de statu quo, la proposition de directive-cadre pour les
communications électroniques, pierre angulaire du Paquet Telecom, était remise
en cause, un risque que Parlement n’a pas voulu prendre.
Quels sont les
principaux points de la nouvelle législation que vient d’adopter formellement
le Parlement européen le 24/11/2009 ?
La
Directive-cadre télécommunications prévoit :
- -
des garanties
d'accès à Internet : L'accès d'un
utilisateur à l'internet pourra être restreint seulement si cela est jugé
nécessaire et proportionné au terme d'une procédure juste et impartiale
tenant compte du droit pour l'internaute d'être entendu, de la
présomption d'innocence et du droit à la vie privée;
- -
une
harmonisation de la gestion du spectre radio dans l'UE, particulièrement en vue
du changement de la TV analogique à la TV numérique d'ici 2012;
- une
amélioration de la coopération entre les régulateurs de télécommunications des
États membres;
- -
une
séparation fonctionnelle, c'est-à-dire un instrument réglementaire imposant aux opérateurs
en place de séparer leurs infrastructures de réseau des services commerciaux
attachés à l'utilisation de ces infrastructures.
La directive
sur les droits des citoyens prévoit quant à elle :
- -
d'améliorer les
droits des consommateurs, par exemple en permettant à des utilisateurs d'avoir
leur numéro de téléphone mobile transféré dans un délai maximal d'un jour
ouvrable lors du changement d'opérateur ;
- -
de protéger
les
données à caractère personnel et la vie privée, par exemple en
exigeant le consentement de l'utilisateur pour l'utilisation de témoins de
connexion (cookies).
Le texte sur
les Régulateurs de télécommunications crée une organisation européenne
rassemblant les 27 régulateurs nationaux,
le corps des régulateurs européens pour les communications électroniques (BEREC).
Ces nouvelles
dispositions doivent entrer en vigueur mi-2011.01/12/2009
12/01/2010
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