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A
partir de 2014,
la Politique
Agricole Commune
devrait changer
d'aspect, une
réforme attendue
et redoutée
en France.
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Le
12/10/2011, la Commission européenne a présenté le très attendu -
et redouté en France - projet de réforme de la Politique Agricole
Commmune (PAC) pour la période post 2013. Tout comme la réforme de
la politique de cohésion, la réforme de la Pac est une des éléments
des négociations du cadre financier pluriannuel communautaire qui
débutera en 2014 et qui déterminera pour une période quinquennale
les ressources et les dépenses du budget communautaire par grands
postes.
Tout
comme c'est le cas pour la politique de cohésion la réforme
proposée doit aussi contribuer à la réussite de la stratégie
Europe 2020. Selon
la Commission, il s'agit de mettre en place "un nouveau
partenariat entre l'Europe et le agriculteurs" afin, a
indiqué le Commissaire européen à l'Agriculture et au
Développement rural, Dacian Ciolos "de relever les défis
de la sécurité alimentaire, de l'utilisation durable des ressources
naturelles et de la croissance". "Les prochaines
décennies", a-t-il
poursuivi "seront cruciales pour jeter les bases d'une
agriculture forte, apte à affronter le changement climatique et la
concurrence internationale, tout en répondant aux attentes des
citoyens. L'Europe a besoin de ses agriculteurs". Pour
conclure: "Les agriculteurs ont besoin du soutien de
l'Europe. La Politique agricole commune, c'est notre alimentation,
c'est l'avenir de plus de la moitié de nos territoires".
La
réforme comprend quatre propositions de règlements:
-
un
règlement sur les paiements directs (1),
-
un
règlement sur les organisations communes de marché (2)
-
un
règlement sur le développement rural (3)
-
un
règlement "transversal" sur le financement, la gestion, et
le suivi de la PAC (4).
Trois
propositions législatives ont pour but d'organiser la transition
entre les anciennes et les nouvelles règles. Enfin,
un memorandum explicatif, un guide pour les citoyens (5) et
des annexes renvoyant à l'étude d'impact complètent le "paquet"
législatif proposé par la Commission.
Dix
éléments constituent les axes de la réforme proposée:
-
Ciblage des aides aux revenus: les différents systèmes de paiement
(références historiques ou paiement par
hectare ou combinaison des deux, et le système simplifié de
paiement à la surface (SAPS) en vigueur dans la plupart des États
membres de l'UE-12 )
seront remplacés par une nouvelle aide de base. L'aide
de base au revenu concernera uniquement les agriculteurs actifs. La
Commission propose de définir précisément ce que sont les
agriculteurs actifs afin d'éviter de verser des aides à des
bénéficiaires sans réelle ou tangible activité agricole: l'aide
ne sera pas versée à ceux pour lesquels les paiements directs de la
PAC représentent moins de 5% des recettes provenant de leurs
activités non agricoles ou dont les
superficies agricoles sont, en majorité, maintenues dans un état
adapté au pâturage ou à la culture, sans qu’ils y exercent une
activité minimale requise, selon la définition qu'en donnent les
états. Une dérogation est cependant prévue pour les agriculteurs
qui ont perçu moins de 5 000 EUR de paiements directs
l'année précédente.
La nouvelle aide de base sera dégressive à partir de 150 000€ et
plafonnée au-delà de 300 000€ par exploitation et par an, tout en
prenant en compte le nombre d'emplois créés
par les exploitations. Elle sera fonction du respect de règles
environnementales (par exemple, mise en jachère 7% des terres
agricoles) , de bien être des animaux,etc... comme c'est déja le
cas. Le but est de réduire les disparités actuelles entre les
niveaux d'aides obtenus entre les agriculteurs, entre les régions
(disparités internes) et entre pays membres (disparités externes).
Les états vont devoir appliquer un paiement uniforme à l'hectare au
niveau national ou régional à partir de 2019. Les enveloppes
nationales affectées aux paiements directs seront revues de sorte
que ceux qui recevaient moins de 90% du paiement communautaire moyen
à l'hectare recevront plus. Par exemple, si un état membre reçoit
actuellement une aide moyenne par hectare qui représente 75% de
l'aide moyenne communautaire (soit 15% au dessous de la limite de
90%), l'aide sera augmentée de manière à représenter 80% de
l'aide moyenne (relèvement d'un tiers de la différence entre l'aide
nationale et 90% de l'aide moyenne communautaire).
Les
états pourront décider d'affecter jusqu'à 10% de leur enveloppe
nationale pour les paiements directs à l'enveloppe disponible pour
le développement rural. Quant aux états qui reçoivent moins de 90%
de la moyenne communautaire d'aide pour les paiements directs, ils
pourront affecter 5% de l'enveloppe dont ils seront bénénficiaires
pour le développement rural au budget des paiements directs
-
Amélioration
des outils de gestion des crises:
en riposte à la volatilité des
prix, les fllets de sécurité
prévus (stockage privé et intervention
publique) seront revus pour
les rendre plus efficaces et
réactifs dans les filières les
plus exposées aux risques. Des
assurances et des fonds de mutualisation
devront être créés. Une nouvelle
clause de sauvegarde est introduite
afin d'autoriser la Commission
à prendre des mesures d'urgence
en réponse à des perturbations
de marché (à l'instar des mesures
prises duirant la crise de l'E-coli
au printemps dernier)
-
Création d'un paiement "vert": 30% des paiements directs
seront réservés à des pratiques permettant une utilisation
optimale des ressources naturelles (diversification des cultures,
maintien de pâturages permanents, préservation de réservoirs
écologiques et des paysages)
-
Plus d'investissements pour la recherche et l'innovation: le budget
de recherche et d'innovation agronomique serait doublé pour
développer les transferts de savoirs, le conseil aux
agriculteurs et soutenir des projets de recherche pertinents pour les
agriculteurs grâce à une coopération plus étroite entre le
secteur agricole et la communauté scientifique
-
Compétitivité et équilibre de la chaîne alimentaire: trop peu
organisés et trop isolés, les agriculteurs ne sont pas en position
de force dans la chaine alimentaire. La Commission propose de
soutenir les organisations de producteurs, les organisations
interprofessionnelles et de développer les circuits courts entre
producteurs et consommateurs pour réduire le nombre
d'intermédiaires. Les quotas de sucre ne seront pas prolongés
au-delà de 2015, car ils "ont perdu de leur pertinence"
explique la Commission
-
Soutien aux démarches agro-environnementales: au titre de la
politique de développement rural, la préservation, la restauration
des écosystèmes et la lutte contre le changement climatique sera,
avec l'utilisation efficace des ressources, une priorité
-
Soutien à l'installation des jeunes agriculteurs : la Commission
propose un nouveau soutien à l'installation accessible aux
agriculteurs de moins de quarante ans, pendant les cinq premières
années de leur projet. L'aide de base serait majorée de 25% (avec
des limites en fonction de l'importance de l'exploitation).
-
Promotion de l'emploi rural et de l'esprit d'entreprise: l'activité
économique dans les zones rurales et les initiatives de
développement local seront encouragées. Au nombre des mesures
envisagées figure par exemple, un "kit de démarrage" pour
soutenir les projets de micro-entreprises avec un financement allant
jusqu'à 70 000€ sur une période de cinq ans ou encore le
renforcement des groupes d'action locale LEADER
-
Attention aux zones fragiles: une compensation additionnelle qui
s'ajoutera aux aides déja accessibles dans le cadre de la politique
de développement rural, sera attribuée aux agriculteurs situés
dans des zones à handicaps naturels pour éviter la désertification
-
Simplification de la PAC : les procédures seraient facilitées pour
éviter les délais trop longs et les "surcharges
administratives inutiles", en particulier les règles de
la conditionnalité et les systèmes de contrôle. Par exemple, si
l'attribution des aides reste conditionnée au respect de normes
environnementales, de bien être animal, comme on l'a déja évoqué,
le nombre de règles de gestion à respecter a été baissé de 18 à
13, et celui normes relatives aux bonnes pratiques agricoles et
environnementales (rules on Good Agricultural & Environmental
Condition (GAEC) ) l'a été de 15 à 8 (en excluant par exemple des
éléments qui ne sont pas significatifs pour l'exploitant).
De
même, les soutiens aux petits agriculteurs sont simplifiés par la
création d'un paiement forfaitaire allant de 500 à 1000€ par
exploitation et par an.
Les
députés de la commission de
l'agriculteur du Parlement européen
ont réservé un accueil critique
aux propositions.
Après avoir
déclaré que les propositions sont un bon point de départ pour
une
discussion, le député Albert Dess (PPE) a averti : "Le
Parlement européen va faire un plein usage de ses prérogatives de
co-décision", ajoutant : "Nous ne pourrons en aucun cas
accepter un surcroît de bureaucratie", et insistant sur la
sécurité alimentaire pour les 500 millions de citoyens de l'UE, un
impératif qui doit être garanti. Lors d'une réunion du 25/10/211,
les critiques se sont faites plus précises. Certains députés ont
estimé que les propositions visant à plafonner les paiements
directs aux grandes exploitations et à instaurer une
nouvelle disposition en vue de geler 7 % des terres arables vont tout
simplement engendrer
une "montagne de bureaucratie" et ont jugé que les
mesures proposées étaient "tout sauf simples". D'autres
ont insisté sur les conséquences négatives que pourrait avoir le
plafonnement de l'aide sur les coopératives et les petites associations
d'agricuteurs. La répartition inégale des fonds
européens entre les agriculteurs dans les différents États membres
a été également dénoncée. "Je ne vois pas pourquoi un
agriculteur lituanien devrait recevoir moins qu'un agriculteur
danois", a ainsi remarqué le député polonais Janusz
Wojciechowski. Enfin, les députés ont averti que la décision
concernant la réforme ne sera prise que lorsque les députés auront
reçu davantage d'information sur son mode de financement. De
son côté, la Présidente du Comité des Régions a également
exprimé des réserves dans un
communiqué du 13/10/2011. Même si la conditionnalité du versement
des aides à des pratiques agricoles favorables à l’environnement
est une "évolution salutaire", les propositions "trop
timides sont bien loin de l'équité entre territoires et
exploitations réclamée par le Comité des Régions", observe
Mercedes Bresso. D'autres insuffisances sont relevées par le
communiqué: la définition, trop large, des agriculteurs actifs, la
dégressivité et le plafonnement des aides encore trop insuffisants,
la régulation des marchés via la l'intervention publique trop
limitée.
29/10/2011
1
- Proposition
de règlement établissant les
règles relatives aux paiements
directs en faveur des agriculteurs
au titre des régimes de soutien
relevant de la politique agricole
commune,
COM(2011) 625 final/2,
2
- Proposition
de règlement portant organisation
commune des marchés des produits
agricoles (règlement «OCM unique»),
COM(2011) 626 final/2
3
- Proposition
de règlement relatif au soutien
au développement rural par le
Fonds européen agricole pour
le développement rural (Feader),
COM(2011) 627 final/2
4
- Proposition
de règlement relatif au financement,
à la gestion et au suivi de
la politique agricole commune,
COM(2011) 628 final/2
5
- Résumé
pour les citoyens L'agriculture
en Europe après 2013
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