|
T
Les
négociations sur l’agriculture à
l’Organisation mondiale du Commerce (OMC)
causent bien des remous en France.
On sait que la
Commission européenne négocie au nom de
l’Union européenne dans ce nouveau round de
négociations commerciales connu sous le nom de
cycle de Doha qui se propose
de libéraliser les échanges dans différents
secteurs économiques, dont deux qui posent
particulièrement problème : l’agriculture et
les services.
Après une période de
blocage constaté par le Président des
négociations sur l’agriculture, le 28 juillet
2005, les négociations ont repris à la faveur,
notamment, de concessions faites par les
Etats-Unis et l’Union européenne qui ont
proposé , le 10/10/2005, de diminuer leurs
aides agricoles .
A
la proposition des négociateurs
nord-américains de réduire de 60 % les
aides internes versées à leurs exploitants
, dans les cinq ans à venir, l’Union
européenne a répondu favorablement en
indiquant qu’elle irait au-dela de ce
pourcentage. Dans une intervention du 10/10 ,
le Commissaire européen chargé du commerce,
M.Mandelson indique que l’Union européenne
pourrait appliquer une réduction de 70%. Il a
également proposé une réduction d’au moins 50%
des droits de douane, voire même 60%
pour les plus élevés d’entre eux (plus
de 90%).
Cette annonce a été
mal accueillie par la France qui aurait mis en
garde le Président de la Commission européenne
« contre la tentative de trop céder sur
l'agriculture à l'OMC » (Le Monde, 13/10/2005)
. La France demande une réorientation de
la négociation qui s’est trop focalisée à son
goût sur les questions agricoles au détriment
des autres, compromettant ainsi la possibilité
d’aboutir à un accord général équilibré,
c’est-à-dire comportant des ouvertures dans
tous les secteurs économiques inclus dans le
cycle de Doha. En d’autres termes,
l’Union ferait trop de concessions
unilatérales aux Etats-Unis et aux états
émergents, sans contrepartie. Après les
échanges récents sur l’affaire Hewlett
Packard, on peut penser que cette
intervention n’aura pas contribué à pacifier
les relations de la France avec la Commission
européenne, sans que cela puisse avoir
d’autres effets concrets tant qu’il n’est pas
démontré que la Commission a outrepassé le
mandat qui lui a été donné par les 25 états
membres (dont la France).
Pour sa part, le
comité des organisations
professionnelles agricoles (COPA, fédération
européenne d’organisations agricoles), s’est également inquiété
de la tournure prise par les négociations à
l’OMC. Dans une audition devant la
Commission du Commerce international du
Parlement européen, le 12/10/2005, le
Président du COPA, M. Schwarzböck a affirmé
que les négociateurs européens par crainte
d’être tenus pour responsables de l’échec de
négociations de l’OMC, étaient « prêts à
sacrifier les intérêts des agriculteurs
européens ».
Comme l’a remarqué
le Président de la Commission
parlementaire, M. Baron Crespo,
"la pression monte ». Les
négociations ont déjà pris beaucoup de retard
(elles auraient du être conclues au
01/01/2005) et un accord est espéré lors de la
conférence de l’OMC en décembre à Hong-Kong. A
quel prix ?
Pour aller plus loin:
Agenda de Doha
Page de l'OMC sur les négociations agricoles à
l'OMC
EU conditional negotiating proposals,
Statement by Peter Mandelson at the WTO Doha
Round Informal Ministerial
Négociations de l'OMC: la Commission persiste et signe
Rien ne va plus à l'OMC !
14/10/2005
|