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La
Présidence autrichienne de l’Union européenne
s’est attelée à la tâche de
« ressusciter » le traité
constitutionnel en relançant le débat sur la
"Constitution" européenne.
U
ne Conférence pour débattre de l'avenir
de
l’Union Européenne
La
première étape sera la Conférence sur l’avenir
de l’Union qui doit se tenir du 26 au 28
janvier à Salzbourg (1)
Décidément
très inventive, après l’affaire des affiches
sur l’Union (2), la Présidence autrichienne a
voulu
placer
la conférence sous le patronage d’un des plus
illustres représentants du « génie
européen » : Mozart. Intitulée
« The Sounds of Europe », la
Conférence est organisée autour de grands
thèmes de réflexion gratifiés de titres aux
connotations musicales.
Le premier
thème de réflexion , « La crise
européenne. Une mélodie en mode
mineur? », sera un audit de la situation
européenne actuelle et de la crise que
traverse l’Union. Les referenda négatifs
français et néerlandais y
seront
analysés.
Le second
thème (« Et maintenant? Une mélodie
nouvelle? ») devra permettre de dégager
une vue globale des problèmes clés de l’Europe
et des défis auxquels elle est confrontée,
afin
de trouver des réponses et des nouvelles idées
concrètes pour le futur.
Le
troisième thème, « Muses et
Sirènes », portera sur l’image de
l’Europe et sur l‘émergence d’une identité
culturelle dans laquelle les peuples européens
d’aujourd’hui pourraient se reconnaître.
Le débat
de clôture (intitulé « Faire résonner
l’Europe » ! ) s’interrogera sur le
projet européen que veulent porter les
dirigeants politiques : "Quelle est leur
ambition ? Que peuvent-ils réaliser dans une
démocratie dominée par les mass media et en
manque de force ? Quelle réponse apportent-ils
à la résurgence du populisme et du
nationalisme ? Dans quelle mesure
devraient-ils assumer la responsabilité de la
crise qui se manifeste? Comment réussiront-ils
à jeter les ponts tout en s’acquittant de leur
rôle de dirigeants politiques? Que feront-ils
pour transposer les paroles et les conclusions
en actes dont l’Union européenne a tant
besoin?"
Autant de
questions à éclaircir effectivement, car, pour
l’instant, s’agissant de
l’avenir
du traité constitutionnel, l’Union européenne
est loin d’être à l’unisson.
Des
scenarii multiples
Une
certitude existe, au moins: le Conseil des
ministres devra se prononcer sur le sort du
traité en octobre 2006, si vingt états ou plus
ont ratifié le traité, et qu’il y a eu des
problèmes dans les autres (Déclaration n°30
annexée au traité constitutionnel).
Actuellement,
les
scenarii proposés se partagent entre des
options maximalistes et des solutions
médianes.
Au titre
des premières, il
y
a la proposition de ne rien changer au texte
et de continuer les ratifications puisqu’à ce
jour la majorité des pays qui se sont
prononcés ont dit oui. Les
résultats
français et néerlandais sont considérés comme
susceptibles de changer et ne peuvent
justifier un gel du processus. C’est l’opinion
de l’Allemagne, et de la plupart des états
européens. C’est aussi le sens d’une
résolution adoptée par le Parlement européen
le 19/01/2006 qui marque une préférence pour
le maintien du texte ,
tous
les efforts devant être « accomplis pour
garantir que la Constitution entrera en
vigueur en 2009 » selon le Parlement
(3).
Toujours
dans le camp des « maximalistes »
mais défendant une position opposée, on trouve
ceux qui, à l’instar des Pays-Bas, considèrent
que le traité constitutionnel est
« mort » et qui veulent l’enterrer
au plus tôt. On peut y compter également la
Pologne qui avait accepté le traité à contre
cœur.
La
voie médiane est défendue pour le moment
par…la France qui semble assez isolée, une
fois de plus. Elle consiste, par exemple, à
demander de simplement faire voter (par le
Parlement, cette fois ! ) la partie
I
(institutionnelle) du traité qui est peu
contestée et de donner un rôle moteur aux six
« principaux » pays (Allemagne,
Royaume-Uni,
Espagne, Italie, Pologne, France). Cette
approche est défendue par M.Sarkozy et le
moins que l’on puisse dire est qu’elles est
accueillie fraîchement, et pas seulement par
les « exclus » du « club des
six » . La proposition de groupes
pionniers autour de réalisations concrètes
défendue par J.Chirac et D. de Villepin ne
rencontre pas non plus un franc succès.
Bref, on
n’a pas avancé, au contraire….
22/01/2006
1-Site :
www.eu2006.at/fr/The_Council_Presidency/Conference_The_Sound_Of_Europe/index.html
2-
Publiées par le journal
Die Presse
3-Résolution du Parlement européen sur la
période de réflexion: la structure, les sujets
et le cadre pour une évaluation du débat sur
l'Union européenne (ref :
P6_TA-PROV(2006)0027)
Voir aussi: Rapport d'Andrew
Duff (ADLE, UK) et Johannes Voggenhuber
(Verts/ALE, AT) qui a servi de base à la
Résolution (fichier pdf)
(Ce texte constitue un outil
de documentation n'engageant pas la
responsabilité des institutions européennes.
Seule fait foi la législation européenne qui
est publiée dans les éditions papier du
Journal Officiel de l'Union Européenne).
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