|
La
Commission européenne propose une réforme en
profondeur du secteur du
vin
Comme
elle l’avait annoncé il y a quelques jours à
l’occasion de l’autorisation de distillation
donnée aux viticulteurs italiennes et
français, la Commission européenne n’a pas
perdu de temps pour proposer une réforme
« en profondeur »du secteur
vitivinicole.
Pour
lutter contre la surproduction résultant de la
concurrence croissante de vins de pays tiers
(en particulier sud-américains) et du
changement des habitudes de consommation, la
Commission propose quatre
« scénarios » de réforme dans une
communication rendue publique le 22/06/2006
pour réfuter immédiatement trois d’entre
eux : des
changements « purement
cosmétiques » , la dérégulation complète
du marché (à proscrire en raison des "
graves conséquences économiques et sociales
pour les régions concernées") ou enfin,
une réforme
selon
les principes de la réforme de la PAC (à
proscrire car le montant potentiel du paiement
découplé serait très faible et ne suffirait
pas pour compenser la perte du soutien
au marché pour nombre de producteurs).
En
fait, ces scénarios semblent n’être évoqués
que pour mieux servir de repoussoir et
conduire inéluctablement à privilégier le
quatrième scénario, celui que préconise la
Commission. Il
comporte différentes mesures :
-
Réactivation de l’arrachage de vignes,
avec la fixation de la prime d'arrachage à
un niveau intéressant de manière à inciter
les producteurs peu compétitifs à quitter
le secteur, l’objectif
étant
l'arrachage de 400 000 hectares sur une
période de cinq ans (de l'ordre de 12% du
vignoble européen).
-
Prolongation du système des droits de
plantation jusqu'en 2013, date de son
expiration
-
Paiement unique par exploitation pour les
surfaces anciennement plantées en
vignobles en contrepartie de l’engagement
de
respecter certaines exigences
environnementales.
-
Suppression des instruments de
gestion du marché comme par exemple l'aide
à la distillation des sous-produits, la
distillation de l'alcool de bouche, l'aide
au stockage privé, ou encore la
distillation de crise (qui serait
éventuellement remplacée par un filet de
sécurité de substitution financé par
l'enveloppe financière nationale octroyée
à chaque pays producteur afin de lui
permettre de financer les mesures les
mieux adaptées à sa situation).
-
Financement du développement rural pour
des mesures spécifiques adaptées au
secteur vitivinicole telles qu'un régime
de préretraite pour un montant de 18 000
€/an et des programmes
agro-environnementaux.
-
Mise en place d’une politique de
qualité
plus simple avec l'établissement de deux
catégories de vins: les vins avec
indication géographique et les vins sans
indication géographique.
-
Simplification de l’étiquetage afin
d'aider le consommateur qui souvent ignore
les significations des différentes
appellations
mentionnées et de permettre
aux producteurs d'être plus concurrentiels
(par exemple, possibilité d'indiquer le
cépage et le millésime pour les vins sans
indication géographique, ce qui est
interdit par la réglementation
actuelle).
-
Transfert à la Commission de la compétence
en matière d'approbation de nouvelles
pratiques oenologiques et reconnaissance
des pratiques acceptées par l'OIV
-
Interdiction de l'utilisation du sucre
pour l'augmentation du titre alcoométrique
des vins (chaptalisation).
La
remise en cause de la distillation de crise,
l’arrachage massif de vignes et l'adoption de
nouvelles
méthodes de production déjà autorisés dans des
pays tiers (ex : ajout de copeaux dans le
vin), seront les principales pommes de
discorde entre les états, et entre puristes et
tenants de la standardisation au nom de la
compétitivité.
22/06/2006
Voir aussi
Brève d'info juin 2006 : Crise
du vin, la distillation autorisée
Brève d'info septembre 2005 : Accord
entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur le commerce des
vins
|