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Politique
phare de l'Union
européenne car
elle met en
pratique la
solidarité entre
les pays membres,
la politique
de cohésion
doit être réformée.
Des propositions
pour la période
de programmation
2014-2020 viennent
d'être présentées
par la Commission
européenne dans
un contexte
difficile de
restrictions
budgétaires.
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L’article 174
du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne modifié
par le Traité de Lisbonne dispose: « Afin de promouvoir
un développement harmonieux de l’ensemble de l’Union, celle-ci
développe et poursuit son action tendant au renforcement de sa
cohésion économique, sociale et territoriale. En particulier,
l’Union vise à réduire l’écart entre les niveaux de
développement des diverses régions et le retard des régions les
moins favorisées. Parmi les régions concernées, une attention
particulière est accordée aux zones rurales, aux zones où s’opère
une transition industrielle et aux régions qui souffrent de
handicaps naturels ou démographiques graves et permanents telles que
les régions les plus septentrionales à très faible densité
de population et les régions insulaires, transfrontalières et
de montagne ».
La
politique de cohésion (aussi appelée politique régionale par le
passé) ainsi définie est une des politiques phares de l'Union
européenne dont le budget n'a cessé d'augmenter au fil des ans
jusqu'à en faire le deuxième poste de dépenses (environ 36% des
dépenses) du buget communautaire après la Politique agricole
comune. Politique phare car emblématique du principe de solidarité
entre les Etats membres de l'Union européenne, elle a pour ambition
de réduire les écarts de développement entre les régions
européennes par un transfert de ressources des régions les plus
riches vers les plus démunies. Depuis le dernier élargissement, ces
écarts se sont accrus ce qui a justifié une redéfinition des
objectifs et un redéploiement des moyens pour la période de
programmation 2007-2013 actuellement en cours.
Mais
il ne s'agit pas seulement de favoriser le rattrapage des régions
les plus pauvres. Au-dela de ces objectifs d'égalité et de
solidarité, la politique de cohésion est une politique de
développement mise en oeuvre à travers des programmes d'actions
coordonnées adaptées aux spécifités d'un territoire, et largement
décentralisés c'est-à-dire élaborés et mis en oeuvre avec le
concours étroit des autorités nationales et locales.
Globalement,
la politique de cohésion se développe autour de trois axes
principaux: l'amélioration de la compétitivité régionale, le
soutien à la création d'emplois, le développement équilibré et
durable des zones urbaines et rurales. Le bilan des actions menées
depuis dix ans, comme le rappelle la Commission permet de mesurer sa
contribution à la convergence et à la croissance dans l'UE : elle
a permis de créer directement plus d’un million d’emplois,
d’investir dans la formation pour améliorer la capacité
d’insertion professionnelle de plus de dix millions de citoyens, de
cofinancer la construction de plus de 2 000 kilomètres d’autoroutes
et 4 000 kilomètres de voies ferrées, de créer au moins 800 000
petites et moyennes entreprises (PME).
L'avenir
de cette politique est aujourd'hui en débat avec la présentation
officielle par la Commission européenne d'un ensemble de
propositions législatives pour la période 2014-2020:
-
un
règlement général contenant des dispositions communes relatives au
Fonds européen de développement régional (FEDER), au Fonds social
européen (FSE), au Fonds de cohésion, au Fonds européen agricole
pour le développement rural (Feader) et au Fonds européen pour les
affaires maritimes et la pêche (FEAMP). Ce règlement permettra de
mieux combiner les
Fonds pour donner plus d’effet à l’action de l’Union (1);
-
trois règlements spécifiques portant sur le FEDER, le FSE et le
Fonds de cohésion (2);
-
deux règlements concernant l’objectif de coopération territoriale
européenne et le groupement européen de coopération territoriale
(GECT) (3);
-
un règlement relatif au Fonds européen d’ajustement à la
mondialisation (FEM) et un règlement relatif au programme pour le
changement social et l’innovation sociale (4);
-
une communication sur le Fonds de solidarité de l’Union européenne
(FSUE) (5).
Quelles
sont les innovations dans la démarche?
Concordance
avec la stratégie Europe 2020
Des contrats de partenariat conclus
entre les Etats et la Commission contiendront des actions pour
contribuer à la réalisation des objectifs de la stratégie Europe
2020.
Ces ontrats de partenariat décrivent les besoins et
les priorités des états. Ils contiennent des objectifs thématiques
(les états peuvent choisir dans un pannel de 11 objectifs), des
investissements prioritaires pour chaque objectif, les conditions "ex
ante" à l'engagement des fonds (par exemple, un état membre
qui veut utuiliser les fonds comunautaires pour des investissements
dans le secteur de la gestion de l'eau, devra avoir transposé la
législation communautaire environnementale dans sa totalité), les
buts que les états se sont fixés à la fin de la période de
programmation comme des indicateurs de performance...Les contrats
constituent des engagements fermes entre les états et la Commission
et leur non respect pourra conduire à la suspension ou à
l'nnulation du financement communautaire.
Des
subventions minimales sont prévues pour un certain nombre de
domaines prioritaires correspondant aux objectifs de l'Union
européenne. Par exemple, dans les régions les plus développées ou
en transition au moins 80% des financements du feder iront à des
projets d'efficicatité énergétique, d'innovation et de
renforcement de la compétitivité des PME. Ce pourcentage sera de
50% dans les régions plus en retard. Quant aux subventions du FSE,
elles devront contribuer en totalité aux objectifs de l'UE en
matière d'emploi, d'éducation et de réduction de la pauvreté.
Coordination
accrue des actions de l'Union européenne
Un cadre stratégique
commun contient les
priorités des l'UE. Grâce à ce nouveau cadre un seul ensemble de
règles s'appliquera à cinq fonds différents (y compris aux crédits
destinés au développement rural et au secteur de la pêche). Les
différents contrats de partenariat s'y référeront. Les crédits
des différents fonds (FEDER, FSE, Fonds de cohésion) pourront être
combinés par les états pour plus d'efficacité.
Récompense
de la performance
Des valeurs cibles à atteindre seront déterminées
clairement et une réserve financière de performance sera constituée
pour récompenser les régions qui progressent le mieux vers leurs
objectifs
Liens
avec la gouvernance économique
Pour faire en sorte que les effets
des investissements européens sur la croissance et l’emploi ne
soient pas compromis par des politiques macroéconomiques risquées
ou par des capacités administratives limitées, la Commission
propose de faire un lien étroit entre la politrique de cohésion et
la gouvernance européennes qu'il s'agisse de la procédure pour
déficit excessif ou du semestre européen, par exemple. Les
programmes financés par les fonds pourront être adaptés aux
changements des circonstances économiques. La Commission pourra
aussi suspendre le financement si des mesures correctives ne sont pas
prises.
Renforcement
de la coopération territoriale
La coopération tranfrontalière
entre les régions est encouragée et développée car elle offre une
nette plus value européenne observe la Commission
La
cohésion territoriale
Le développement durable des zones urbaines
se voit attribuer une priorité. Il mobilisera au moins 5% des
ressources du FEDER à travers des actions intégrées. En
complément, la Commission fera des appels à des actions innovantes
dans les zones urbaines et facilitera la mobilisation des ressources
du FSE. Les régions ultramarines et les régions peu peuplées
bénéficieront d'allocations supplémentaires spécifiques.
Une
dimension sociale plus marquée
Selon László Andor, commissaire
chargé de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion :
"Cette proposition intégrée renforce la dimension sociale
de la politique de cohésion, car elle définit des parts minimales
pour le Fonds social européen et donne plus de poids au Fonds
européen d’ajustement à la mondialisation. La priorité accordée
à la dimension humaine est un élément important des efforts que
nous déployons pour sortir de la crise. Ces Fonds sont les leviers
financiers qui traduisent nos politiques en éléments concrets sur
le terrain pour des millions de citoyens, qui les aident à trouver
du travail et qui contribuent à une reprise créatrice
d’emplois".
Simplification
Des règles nouvelles permettront de rendre les remboursements plus
faciles, les critères d'éligibilité et les procédures de gestion
et de contrôle des différents fonds seront harmonisées
Quelques
nouveautés marquantes
Une
nouvelle définition des régions éligibles
Les régions sont
réparties en trois catégories qui déterminent l'importance des
aides dont elles bénéficieront:
- les
régions moins développées restent la première priorité de
l'intervention des fonds: celles dont le PIB est de 75% ou moins de
la moyenne de l'Union européenne
- les régions en transition, nouvelle catégorie introduite par
la proposition de la Commission: celles dont le PIB se situe entre
75% et 90% de la moyenne de l'UE à 27. Cette catégorie couvre 51
regions représentant une population de plus de 72 millions, dont 20
régions qui sont sorties de la catégorie des régions moins
développées grâce aux actions de politique de cohésion menées
dans les précédentes périodes de programmation. Cette catégorie a
été introduite pour affiner les prise en compte des disparités de
développement. Si les règles existantes avaient été maintenues,
explique la Commission, la région polonaise de Mazovia (PIB par
habitant de 86% de la moyenne communautaire) aurait été dans la
même catégorie que la région du centre de Londres (PIB par
habitant de 338% de la moyenne de l'UE) et donc soumises aux mêmes
règles d'éligibilité aux aides, de confinancement,
d'investissements prioritaires
- les
régions développées
Cofinancement
Dans les régions en transition, le taux maximum de cofinancement
provenant de l'Union européenne sera de 60%. Les autres plafonds
restent inchangés: 50% maximum dans les régions développées, et
85% dans les régions en retard.
Budget
(6)
La
Commission propose d'allouer un budget important de 376 milliards d'euros à la politique de
cohésion répartis ainsi:
Régions
moins développées : 162,6
Régions
en transition : 38,9
Régions
développées : 53,1
Coopération
territoriale : 11,7
Fonds
de cohésion : 68,7
Crédits
supplémentaires pour les zones isolées et dépeuplées: 0,926
Connecting
Europe pour les réseaux de transport, d'énergie, les technologies
de l'information et de la communication: 40 milliards (auxquels
s'ajoutent 10 milliards dans le cadre du fonds de cohésion)
Fonds
social européen: au moins 84 milliards (dans les allocations vues
plus haut pour les régions moins développées, en transition, et
plus avancées)
Suite
1
-
Proposition
de RÈGLEMENT
DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL portant
dispositions communes relatives au Fonds européen de développement
régional, au
Fonds social européen, au Fonds de cohésion, au Fonds européen
agricole pour le développement
rural et au Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche
relevant
du Cadre stratégique commun, portant dispositions générales
applicables au Fonds
européen de développement régional, au Fonds social européen et
au Fonds de cohésion,
et abrogeant le règlement (CE) n°
1083/2006
2
- Proposition de
RÈGLEMENT
DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL relatif
aux dispositions particulières applicables au Fonds européen de
développement régional
et à l'objectif «Investissement pour la croissance et l'emploi»,
et abrogeant le règlement
(CE) n° 1080/2006
Proposition
de RÈGLEMENT
DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL relatif
au Fonds de cohésion et abrogeant le règlement (CE) n° 1084/2006
du Conseil
Proposition
de RÈGLEMENT
DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL relatif
au Fonds social européen et abrogeant le règlement (CE) n°
1081/2006
3
- Proposition de
RÈGLEMENT
DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL modifiant
le règlement (CE) n° 1082/2006 du Parlement européen et du Conseil du
5 juillet 2006 relatif à un groupement européen de coopération
territoriale (GECT)
en
ce qui concerne la clarification, la simplification et l'amélioration
de la constitution et de
la mise en oeuvre de groupements de ce type
Proposition
de RÈGLEMENT
DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL portant
dispositions particulières relatives à la contribution du Fonds
européen de développement
régional à l’objectif «Coopération territoriale européenne»
4
- Proposition de
RÈGLEMENT
DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL relatif
au Fonds européen d'ajustement à la mondialisation pour la période
2014-2020
Proposition
de RÈGLEMENT
DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL établissant
un programme de l’Union européenne pour le changement social et l’innovation
sociale
5
- COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU
CONSEIL,
AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES
RÉGIONS,
L’avenir
du Fonds de solidarité de l’Union européenne
6
-Commission européenne: Budget 2014-2020 et politique de cohésion de l’UE
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