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Abandonnée
en chemin lors
de la négociation
du traité de
Maastricht sur
l'Union européenne,
l'union budgétaire
va être renforcée.
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L’édifice laissé inachevé par le traité de Maastricht se
parachève peu à peu.
Attendu avec impatience par le tandem franco allemand qui
en avait en quelque sorte fixé le programme, tout en créant une pression
maximale sur ses enjeux, le Conseil européen du 9 décembre 2011, et plus
précisément, le Sommet de la zone euro organisé en parrallèle a pour
objectif de prendre de nouvelles mesures « énergiques » pour
améliorer la gouvernance économique et lutter contre la crise financière. Il
s’agit d’imposer une discipline budgétaire qui permette de restaurer la crédibilité et la confiance dans l'avenir de l'Union
économique et monétaire, comme il est dit dans la lettre commune adressée par
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy au Président du Conseil européen, Hermann Van
Rompuy peu avant le Sommet (1).
Cette lettre contenait en fait un programme:
-
Renforcement de la gouvernance de l’euro grâce à des
réunions périodiques du Sommet de l’euro
-
Règles préventives de discipline budgétaire qui
s’ajoutent aux règles déjà existantes ou récemment adoptées sur la gouvernance
économique
-
Sanctions en cas de violation de
engagements pris
-
Mise en place d’un mécanisme permanent
de règlement des crises
-
Ce cadre, précise la lettre, sera
« pleinement cohérent avec l'architecture institutionnelle de
l'UE » : la Commission européenne doit être pleinement associée, .le
Parlement européen et les parlements nationaux devront être associés « de
manière adéquate ».
Qu’en est-il des décisions prises ?
Un accord général sur l’ensemble des mesures proposées est
intervenu dans la journée du 09/12/2011. Il reste cependant à préciser de nombreux
points. C'est l’objet des discussions qui suivent. Enfin, des mesures
d’application devront être prises pour concrétiser les orientations dégagées
par le Sommet. Dans une conférence de presse, donnée le 09/12/2011,
Nicolas Sarkozy annonce l’adoption de « la totalité du contenu de la
lettre franco-allemande. L'ensemble des mesures prévues dans la lettre
franco-allemande, s'agissant du renforcement de la zone euro, sera dans les
conclusions de notre réunion » (2). La
déclaration finale du Sommet des Chefs d’état et de gouvernement de la zone
euro le confirme dans les grandes lignes (3):
-
Le
nouveau pacte budgétaire pour la zone euro oblige les États membres à
transposer dans leur Constitution ou à un niveau équivalent. la règle
d’équilibre budgétaire. Les budgets nationaux devront donc être votés à
l’équilibre (ou, dans l’idéal, avec un surplus de ressources). L’équilibre sera
considéré atteint si le déficit annuel n’excède pas 0,5% du PIB.
-
Le
renforcement de la gouvernance de l’euro n’est pas explicité dans le communiqué
mais le principe de réunions périodiques du Sommet de l’euro semble acquis. En
temps normal, il devrait y avoir au moins deux sommets par an des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro,
et un président permanent pour déterminer les « orientations les
orientations stratégiques pour les politiques économiques et budgétaires dans
la zone euro » afin que l’impact des politiques économiques et budgétaires
sur la zone euro soit pris en compte. En temps de crise, le sommet de l'euro
devrait se réunir au moins une fois par mois.
-
Les autres règles préventives de discipline budgétaire
seront détaillées ultérieurement, précise le communiqué des dirigeants de la
zone euro, sur la base des propositions faites par la Commission européenne le
23/11/2011 (4) (à noter que les mesures proposées par la lettre franco allemande
et qui ne sont pas reprises dans le communiqué prévoient aussi par exemple,
l’engagement des parlements nationaux quand ils votent le budget de tenir
compte des recommandations adoptées au niveau de l’Union européenne sur les
politiques économiques et budgétaires, et des initiatives pour la convergence
grâce à la mise en place de coopérations renforcées pour progresser dans la régulation financière, le marché du travail, la
convergence et l'harmonisation de l'assiette pour l'impôt sur les sociétés et l'instauration
d'une taxe sur les transactions financières …)
-
Des sanctions en cas de violation de
engagements pris : le pays dont les déficits budgétaires
dépasseront 3% du PIB, sera sanctionné de façon automatique. Le caractère
automatique provient du fait que les sanctions s’appliqueront sauf si
l’Eurogroupe s’y oppose à la majorité qualifiée (règle de la majorité inversée).
Le pays concerné devra
conclure avec la Commission un plan de redressement de ses finances et de son
économie qui sera approuvé par le Conseil.
-
Sur les
instruments anti crise, les états de la zone euro ont décidé de mettre à la
disposition du Fonds monétaire international 200 milliards d'euros , ce qui
permet d’aider les pays les plus en difficulté de la zone euro et de contourner ainsi les interdictions
d’intervention directe de la BCE résultant des traités européens.Les moyens du Fonds européen de stabilité financière doivent
être renforcés et la date d'entrée en vigueur du fonds de secours du mécanisme
européen de stabilité (MES) est avancée au au
mois de juillet 2012. Les moyens des deux fonds seront-ils cumulés pu
non ? La question est débattue. Pour
permettre des décisions plus rapides les règles de vote passent de l’unanimité
à la majorité qualifiée de 85% si la Commission européenne et la Banque
Centrale Européenne estiment qu’une décision urgente s’impose pour assurer la
stabilité de la zone euro.
-
Sur la
mise à contribution du secteur privé à la résorption de la dette publique (en
clair l’obligation des investisseurs privés –banques- à renoncer à une partie
de leurs créances) le Sommet fait son mea culpa, par la voix de Hermann Van
Rompuy : « Pour dire les choses sans détours: l'approche que nous
avions initialement adoptée à l'égard de la participation
du secteur privé, qui a eu un effet très négatif sur les marchés de la dette,
est dorénavant officiellement abandonnée ». L’idée de faire payer les
banques qu’avait imposée Angela Merkel dans le cas de la dette grecque est donc solennellement répudiée.
Rien n’est dit des eurobonds ou de l’intervention de la BCE pour racheter
directement de la dette souveraine. Car, on le sait, ces deux questions sont
toujours en débat en raison de l’opposition, notamment, de l’Allemagne.

Dehors dedans à côté
La créativité juridique des leaders européens pour contourner
les obstacles institutionnels n’est jamais en défaut et la réunion de ce 9
décembre 2011 en est une illustration.
L’accord intervenu entre les états de la zone euro doit
être rendu « solennellement contraignant ». Il engagera les 17 pays
de la zone euro et toux ceux, non membres de la zone euro, qui souhaiteront s’y
associer. Pour le moment, les 26 pays de l’Union européenne se sont déclarés
prêts à y adhérer. Seul le Royaume-Uni s’y est opposé ce qui rend impossible de
formaliser l’accord par une révision des traités européens. Le Président
français l’explique ainsi: « pour accepter une réforme des traités à 27,
David CAMERON a demandé ce que nous avons considéré, tous, comme inacceptable :
un protocole dans le traité, permettant d'exonérer le Royaume-Uni d'un certain
nombre de réglementations sur les services financiers. Ce que nous n'avons pas
pu accepter puisque nous considérons tout au contraire qu'une partie des ennuis
du monde vient de la dérégulation du service financier et de la nécessité d'une
régulation européenne. Si nous acceptions une dérogation pour le Royaume-Uni,
c'est la remise en cause à nos yeux -- je ne dis pas que c'était la position de
Monsieur CAMERON -- c'était la remise en cause d'une partie du travail qui a
été fait au service d'une régulation de la finance, régulation bien
nécessaire ». La voie alternative qui consistait à modifier le
Protocole 12 sur la procédure des déficits excessifs et avait été un temps envisagée est abandonnée
(5).
La solution retenue (et qui doit encore être confirmée et
détaillée lors de la poursuite du Sommet) est un traité
intergouvernemental, à côté des traités européens actuels, ce qui ne va pas
simplifier la compréhension de l’ensemble. Il devra être ratifié selon les procédures
constitutionnelles prévues par les ordres juridiques des pays : voie parlementaire
ou referendum. Mais comme les traités actuels ne sont pas remis en cause, et
qu’il s’agit « simplement » d’adopter un nouveau traité la procédure devrait être plus rapide (pas
de nécessité de convention par exemple comme pour une révision majeure des
traités - 6), c’est du moins ce qui est escompté.
Quant
à la question controversée du contrôle des budgets nationaux par la Cour de
justice de l’Union européenne qu’avait proposé Angela Merkel, elle est
réglée : pas de contrôle de la Cour sur les budgets des états. En
revanche, elle sera logiquement compétente pour s’assurer que la règle de
l’équilibre budgétaire a bien été transposée dans l’ordre juridique interne.
Le texte
du nouveau traité devrait être rédigé au plus vite, pour le mois de mars 2012
en principe, a annoncé Nicolas Sarkozy lors de la conférence de presse du 9
décembre. 10/12/2011
1
- Lettre adressée par la Chancelière
de la République fédérale d'Allemagne
et par le Président de la République
française au Président du Conseil
européen, Hermann van Rompuy
2
- Conférence de presse
de Nicolas Sarkozy à l'occasion du
Conseil européen de Bruxelles , Bruxelles
Vendredi 9 décembre 2011
3
- STATEMENT
BY THE EURO AREA HEADS OF STATE OR GOVERNMENT Brussels, 9 December 2011
4
- La
Commission propose un renouveau
économique de l'Union européenne
5
- Protocole 12 sur la procédure des déficits excessifs
6
- Les possibilités d’évolution dans le traité de Lisbonne
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