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Comme
elle l’avait annoncé, la Commission européenne
a rendu publiques, le 28/10/2005, les
nouvelles
propositions
(l'offre) qu’elle va faire dans le
cadre des négociations commerciales du cycle
de Doha à l’Organisation Mondiale du Commerce
(OMC) où elle représente l'Union européenne
(1).
Ces
propositions portent notamment sur les aides
agricoles, sujet qui a provoqué la colère de
la France qui estime que la Commission a
outrepassé le mandat de négociation fixé par
le Conseil des ministres de l'Union en
accordant des concessions trop
importantes au détriment de la Politique
Agricole Commune (PAC). (2)
Dans
sa présentation des nouvelles propositions, la
Commission européenne rappelle les données du
problème: il est nécessaire que les
négociations sur l'agriculture
progressent afin d’obtenir des
avancées
dans
d’autres secteurs comme les services et les
produits
industriels qui sont cruciaux pour l’économie
de l’Union européenne. Si cette dernière veut
obtenir l’ouverture des marchés des pays tiers
dans ces secteurs, il faut
qu’elle-même
fasse des concessions en accordant des
réductions des droits de douane sur
les
produits agricoles importés dans l’Union.
L'offre
comporte :
-
- une réduction de 60% des tarifs les plus
élevés,
des
réductions tarifaires allant de 35 à 60%
pour les tarifs les moins élevés, une
réduction moyenne des tarifs de 46%,
-
- un plafond tarifaire de 100% , comme le
réclament les pays en développement,
-
- une réduction à 8% du nombre de produits
sensibles (ceux qui sont soumis à
contingent tarifaire)
(3)
-
- une réduction de 70% des subventions
agricoles ayant des effets de distorsion
des échanges dans la lignée de ce qui a
été décidé lors de la réforme de la PAC en
2003, offre qui s’ajoute à celle
d’éliminer toutes les subventions à
l’exportation si les autres pays font la
même chose.
Aux
critiques de ceux qui, à l’instar de
l’Organisation Non
Gouvernementale
Oxfam, reprochent à l’Union
européenne de ne pas en faire assez, la
Commission objecte que l’Union est l’économie
la plus ouverte du monde pour les importations
agricoles en provenance des pays du Sud et
qu’elle absorbe plus de produits agricoles en
provenance des Pays moins avancés (PMA) que
l’ensemble des pays développés. A titre
d’exemple, 70% des
exportations
agricoles des PMA partent vers l’Union contre
seulement
17%
vers les Etats-Unis. Autre fait : la
quasi-totalité des importations de produits
agricoles en provenance des 80 pays ACP
(Afrique Caraïbes Pacifique) entrent sur le
territoire de l’Union sans droits de douane ou
à des
taux
réduits.
Dès
lors, la proposition des Etats-Unis de réduire
de 90% les tarifs est rejetée par la
Commission car elle «n’est pas crédible »
et aurait un impact « dévastateur »
sur de nombreux secteurs de l’Union ainsi que
sur les économies des pays en développement.
En effet, selon les estimations de la
Commission, elle aurait pour conséquence de
supprimer le traitement préférentiel dont
bénéficient les PVD dans leurs échanges
agricoles avec l’Union, pour un montant allant
de 6,4 à 9,4 milliards d’euros.
« L’o
ffre est conditionnelle à des avancées
immédiates dans les négociations commerciales
sur les produits industriels et sur les
services aussi bien que sur les autres piliers
du volet agricole », ajoute la
Commission. En clair : si les autres pays
ne font pas les concessions demandées par
l’Union, celle-ci retirera son offre. Ces
concessions doivent porter tout d’abord sur le
secteur agricole (et les subventions
américaines sont ici visées). L’Union veut
aussi :
-
- des réductions tarifaires sur les produits
industriels (85%
des
exportations européennes),
-
- des objectifs chiffrés en matière de
libéralisation des services,
-
- une liste internationale afin de protéger
les Indications Géographiques dans tous
les états de l’OMC,
-
- l’examen des mesures anti dumping
-
- un engagement de tous les pays développés
à étendre leurs traitements préférentiels
sans quotas ni droits à tous les PMA.
Anticipant
les critiques, la Commission affirme qu’elle
respecte le
mandat
fixé par le Conseil, et notamment les
principes de la PAC résultant de la réforme de
2003, même si elle reconnaît que son offre
« est à la limite ». Mais pour la
France, cette limite a été franchie. Outre
l’arme diplomatique (elle peut trouver des
alliés au sein du
Conseil),
la France affirme disposer d’une arme absolue : le
veto.
L’utilisera-t-elle ?
28/102005
1-
“EU tables new offer in Doha World Trade
talks; calls for immediate movement on
services and industrial
goods”
IP/05/1358, 28/10/2005
2-Sur ce sujet :
"Tensions sur les négociations agricoles à
l'OMC"
3-
Un contingent tarifaire consiste à soumettre
un volume déterminé de produits importés à un
taux tarifaire donné et à taxer à un taux
supérieur les importations au-delà de ce
volume.
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