|
La
Commission européenne, par la voix de son
Président, a annoncé qu’elle allait octroyer
une aide de 50 millions d’euros au titre de
l’initiative communautaire URBAN qui finance des actions
dans les zones urbaines et quartiers en
difficulté. Pour la période couverte par URBAN
(2000-2006), l’enveloppe réservée à la France
est de 102 millions d’euros.
La
question est :
comment
le Président Barroso peut-il proposer
d’allouer 50 millions d’euros (soit la moitié
de la dotation
pour
la France), alors que ces crédits devraient
être en grande partie engagés à la fin de la
5ème année de mise en œuvre de
l’initiative ? La réponse est
simple : la France n’a pas utilisé
l’enveloppe à laquelle elle a droit, faute de
projets ! Il s’agit d’un problème
récurrent : la France a le plus grand mal
à consommer les crédits des fonds structurels
qui financent le développement régional. Les
autorités françaises invoquent la complexité
des procédures. Mais cette complexité ne pose
apparemment pas les mêmes problèmes aux autres
états membres. Bizarre… En réalité, le problème
réside dans l’incapacité totale des
autorités françaises à mettre en place des
procédures internes efficaces, à informer et
donc à mobiliser autour de dossiers européens,
faute de savoir expliquer ce qu’est l’Union
européenne et comment elle intervient au
quotidien.
Les espagnols pour ne citer que cet exemple,
n’ont pas la même attitude. Ils informent
largement sur les interventions de l’Union
européenne : qui n’a pas vu, par exemple,
des panneaux en bord de route indiquant que
leur réalisation avait été permise par l’aide
des fonds européens ? En France, ce type
d’information est très rare.
Plusieurs
conséquences en découlent.
Lors
de la renégociation du budget de la politique
régionale, la France se trouve en mauvaise
posture car elle peut difficilement justifier
des demandes de crédits qu’elle n’arrive pas
ensuite à consommer, de surcroît dans un contexte où les demandeurs sont plus nombreux
à la suite de l’arrivée de dix nouveaux pays
membres comptant des retards de développement.
Résultat : de nombreuses régions
françaises
devront se passer des aides européennes. Autre
conséquence plus générale : la
désaffection de l’opinion à l’égard de la
construction communautaire. Certains ont voulu
dévaloriser le vote des espagnols lors du
referendum sur le traité constitutionnel
européen en insinuant qu’ils n’avaient pas lu
le texte, ce qui expliquait le résultat.
Inutile d’épiloguer sur ce commentaire
imbécile dans son arrogance. En revanche, peut-être
devrait-on envisager l’hypothèse que les
espagnols ont voté oui car ils savent, eux, ce
que fait l’Union européenne au quotidien. Il
n’est pas sûr que ce soit le cas de ce côté
des Pyrénées.
21/11/2005
|