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Des
naufrages de pétroliers (l’Erika, le Prestige)
ayant provoqué des marées noires dramatiques
ont
conduit
l‘Union européenne à renforcer son arsenal
législatif pour prévenir les marées noires,
lutter contre
les pollutions maritimes et renforcer la
sécurité (ex : interdiction des navires
poubelles). Cet
ensemble
des mesures s’appelle le « paquet
Erika » (paquets Erika I et II). La
Commission
européenne
a proposé, le 23/11/2005 , de compléter
ces dispositions dans une double
direction : un
renforcement
des mesures
de
prévention des accidents et des pollutions,
d’une part, des règles de
responsabilité
civile, d’autre part.
Dans
le cadre de la prévention, la Commission
propose :
-
- de réglementer
plus strictement
les conditions d’octroi des pavillons
européens, dans l’attente
d’un pavillon européen :
les
administrations maritimes nationales
devraient se
soumettre
à une norme de qualité internationalement
reconnue (ISO9001-2000). Les procédures
d’audit des administrations prévues par
l’Organisation Maritime Internationale
(OMI)
mais qui reposent sur le volontariat,
deviendraient obligatoires à l’intérieur
de l’Union européenne.
-
-
de soumettre les sociétés de
classification à un contrôle renforcé par
des inspecteurs communautaires
(on se souvient que la compétence et
l’intégrité de certaines de ces sociétés
qui sont chargées d’attester la conformité
des navires avaient été mises en
cause) : notamment,
des
sanctions
financières pourraient être pises outre la
possibilité du retrait de l’autorisation
prévue dans les textes actuels
-
- de durcir le régime de bannissement des
navires qui ne répondent pas aux normes en
l' étendant
à de nouvelles catégories de navires
(cargos) et en instaurant une durée
minimale de
bannissement,
allongée en cas de récidive (le
bannissement définitif sanctionnant les
cas les
plus
graves)
-
-
de parvenir à l’inspection de 100% des
navires faisant escale dans les ports dd
l'Union (actuellement le taux est de 25% par
état)
-
-
de
publier une nouvelle catégorie de liste
noire, celle
des
exploitants
dont les navires ont été le plus souvent
détenus ou bannis
-
- d’équiper
suivant un calendrier
progressif
les navires de pêche de systèmes
d'identification automatiques (ou AIS)
(équipements qui permettent de transmettre
aux autres navires à proximité ou à des
stations à terre des données diverses
notamment sur l’identité du bateau et sa
position)
-
- d’améliorer le dispositif sur les lieux de
refuge (qui oblige les états à planifier
des lieux d’accueil pour les navires en
détresse) .
Dans le cadre des enquêtes et de la
répression, un cadre européen harmonisé serait
établi pour la conduite des enquêtes sur les
accidents, et les organismes chargés de
l’enquête technique (dont le rôle est
d’émettre des recommandations de sécurité aux
professionnels) seraient dotés d’un statut
garantissant leur indépendance.
Des règles de responsabilité civile sont
également prévues (la responsabilité pénale
fait quant à
elle
l’objet de la directive 2005/35 qui prévoit
des sanctions
pénales
ou administratives
en cas d’infractions
de
pollution).
Les propriétaires de navires seraient obligés
de souscrire une assurance ou une garantie
financière pour dommages aux tiers, qui
couvrirait aussi les frais de rapatriement des
équipages en cas d’abandon. L’indemnisation
des passagers serait mieux assurée (par
exemple,
régime de responsabilité de plein droit du
transporteur pour certains dommages tels que
blessures, décès, perte de
bagages).
Quant aux victimes du Prestige, trois ans
après le naufrage, elles n’ont toujours pas
été indemnisées et cette indemnisation sera
limitée à 30% des dommages subis comme l’a
annoncé le FIPOL, l’organisme international
compétent pour la réparation des dommages
résultant de marées noires (
Fonds
international d'indemnisation pour les
dommages dus à la pollution par les
hydrocarbures).
Dans une proposition
de règlement présentée dans le cadre du paquet
Erika II, en décembre 2000, la Commission
européenne avait proposé de relever le montant
des fonds disponibles pour dédommager
les victimes de pollutions par hydrocarbures
dans les eaux européennes, compte tenu de la
faiblesse des indemnisations accordées par le
FIPOL. Mais les états n’ont pas suivi.
Plus d'information
Sur ce
site : Après
l’Erika, le Prestige : que fait l’Union
européenne pour la sécurité
maritime ?
Le 28/11/2005
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