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Un milliard 250 millions
de paires de chaussures en provenance de Chine sont entrées sur le marché de
l’Union européenne en 2005, soit une augmentation de …1000% entre 2001 et 2005.
La même année, 265 millions de paires de chaussures en provenance du Vietnam
ont été importées représentant une augmentation de 100% entre 2001 et 2005.
Cette déferlante avait poussé l’Union européenne à
s’intéresser de plus près à ces importations. Les investigations menées par la
Commission l’avaient conduite à conclure à l’existence d’un dumping, la Chine
et le Vietnam ayant pratiqué des
subventions déguisées qui permettaient de vendre certains de leurs produits exportés vers l’Union européenne à
prix cassés (inférieurs aux coûts de production). A la suite de quoi, la
Commission avait annoncé, en février, qu’une partie des chaussures vietnamiennes et chinoises
allaient être taxées, durant une période transitoire de quelques mois, le temps
de négocier avec les deux pays pour obtenir l’élimination du dumping (voir sur
ce site, la brève: après le textile,
l’Union européenne taxe les chaussures
chinoises).
Or, les mesures provisoires expirent le 06/10/2006 et devant
l’absence de progrès des négociations, la Commission a proposé, le 30/08/2006,
d’appliquer des droits de douane anti-dumping qui seraient imposés pendant 5
ans.
Ils s’élèveraient à 16,5% sur les chaussures exportées par
la Chine (174 million de paires
seraient concernées) et à 10% sur celles provenant du Vietnam (103 millions de
paires), en incluant dans les chaussures taxées les chaussures pour enfants qui
étaient exclues des taxes provisoires avec pour conséquence des fraudes importantes,
des chaussures pour adultes ayant été importées dans la catégorie chaussures
pour enfants.
Il reste à convaincre le Conseil, qui doit voter à la majorité
simple, pour que les taxes proposées entrent en vigueur. Or, les états sont
divisés sur la question (comme ils l’avaient été sur les importations de
textiles chinois, voir l'article sur ce site ), partagés entre ceux qui dénoncent des mesures
protectionnistes destinées à protéger des industries de toutes façons
condamnées ( pays nordiques et Grande-Bretagne) et ceux (pays du sud) qui
mettent en avant la « casse sociale » (40 000 emplois perdus depuis
2001 selon la Commission par l’industrie européenne de la chaussure) sans que
les consommateurs bénéficient de prix significativement plus bas puisque, comme
l’observe la Commission, les chaussures en cuir en provenance de Chine et du Vietnam négociées à 8,5 euros la paire
en moyenne, sont vendues au client européen 35 euros en moyenne.
Lors de son passage devant le comité des experts nationaux
consulté préalablement, la proposition de la Commission a été rejetée. Mais
selon la Commission, rien n’est joué, car ce vote a été obtenu à une
« faible majorité » et rien ne dit que le Conseil s’y rallie.
D’autant, rappelle la Commission, que les états peuvent se voir demander les
raisons légales de leur vote, ce qui est une façon très claire de les mettre
devant leurs responsabilités. En particulier dans le cas où il faudrait
expliquer pourquoi les intérêts de
l’industrie européenne n’ont pas été mieux défendus face à des pratiques
illégales.
02/09/2006
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