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Accord sur le bilan de santé de la Politique Agricole
Commune
Le Conseil des ministres de l’agriculture de l’Union
européenne qui se réunissait des 18 au 20 novembre 2008 est parvenu à un accord
politique sur le « bilan de santé » de la PAC proposé par la
Commission européenne en mai (1)
Les principales mesures adoptées
sont :
- suppression des jachères
obligatoires ;
- augmentation progressive des
quotas laitiers, avant leur disparition en 2015 ;
- les mécanismes d'intervention
deviennent plus sélectifs pour ne pas
freiner « la capacité des agriculteurs à réagir aux signaux du
marché ». Par exemple, l'intervention sera supprimée pour la viande de
porc. Pour le blé, les achats à l'intervention seront possibles durant la
période d'intervention au prix de 101,31 €/tonne jusqu'à 3 millions de tonnes,
volume au-delà duquel il faudra avoir recours à des adjudications. Pour le
beurre et le lait écrémé en poudre, les limites seront fixées respectivement à
30 000 tonnes et 109 000 tonnes ;
- découplage des aides: la
suppression du lien entre les paiements aux agriculteurs et une production particulière déjà
introduite lors de la réforme antérieure de la PAC est complètement applicable
(jusqu’ici certains états avaient choisi de maintenir certains paiements liés à
la production). Seul subsistera le régime de paiement unique (RPU), à
l’exception de la prime à la vache allaitante ainsi que des primes aux ovins et
aux caprins, que les États membres pourront maintenir couplées à leur niveau
actuel ;
- aide aux secteurs rencontrant des
problèmes spécifiques (mesures
l'article 68): à l’heure actuelle, les états membres peuvent conserver,
par secteur, 10 % de leur enveloppe budgétaire nationale destinée aux paiements
directs et affecter cette somme, dans le secteur concerné, en faveur de mesures
environnementales ou d’actions pour améliorer la qualité des produits et leur
commercialisation. La réforme permet d’assouplir cette mesure puisque les fonds
ne devront plus obligatoirement être
utilisés dans le secteur dont ils proviennent mais pourront servir à soutenir les producteurs laitiers
ainsi que les producteurs de viandes bovine, ovine et caprine et de riz dans
les régions défavorisées, ou les types d'activités agricoles vulnérables. Ils
pourront aussi servir à promouvoir des mesures de gestion des risques, comme
les systèmes d’assurance contre les catastrophes naturelles ou les fonds de
mutualisation en cas de maladies animales ;
- fonds supplémentaires pour les
agriculteurs des 12 nouveaux États membres de l'Unuion européenne : 90 millions € seront
alloués aux 12 nouveaux États de l’Union européenne pour les aider à appliquer
l'article 68 jusqu'à ce que les paiements directs en faveur de leurs agriculteurs
soient intégralement mis en place ;
- prolongation du RPUS: les états
qui appliquent le régime simplifié de paiement unique à la surface pourront
continuer à le faire jusqu'en 2013 ;
- modulation, c’est-à-dire
transfert de fonds entre le budget des aides directes et celui du développement
rural: aujourd’hui toute aide directe qui dépasse 5 000 € est réduite de 5% et
les fonds correspondants à ce pourcentage
sont versés au budget du développement rural. D’ici 2010 le taux sera
porté à 10 % d'ici à 2012 et une réduction supplémentaire de 4 % sera appliquée
pour les paiements supérieurs à 300 000 € par an. Les fonds provenant de
l'application de ce mécanisme pourront être utilisés par les états membres pour
renforcer les programmes concernant le changement climatique, les énergies
renouvelables, la gestion de l'eau, la biodiversité et l'innovation liée aux
quatre thèmes précédents, ainsi que pour des mesures d'accompagnement dans le
secteur laitier. Les fonds transférés seront cofinancés par l'Union européenne
à hauteur
de 75 % et de 90 % dans les régions de convergence, où le PIB moyen est
particulièrement faible ;
- aides à l'investissement pour les
jeunes agriculteurs: l'aide à l'investissement pour les jeunes agriculteurs au titre
du développement rural sera portée de 55 000 € à 70 000 € ;
- conditionnalité: pour recevoir
l’aide, les agriculteurs devront respecter des normes dans les domaines de
l’environnement, du bien-être animal et de la qualité des aliments. Faute de quoi, les
aides pourront être réduites ;
- mesures diverses : une série de
petits régimes de soutien seront découplés et intégrés dans le RPU à compter de
2012. La prime aux cultures énergétiques sera supprimée.
Les ministres ont modifié la
proposition initiale notamment pour augmenter la modulation.
Ce faisant, ils ont
ignoré la demande du Parlement européen qui dans quatre rapports
consultatifs adoptés le 19/11/2008 (2)
proposait une voie médiane consistant à rendre moins drastique la réforme. Dans leur Résolution, les eurodéputés demandent une
réduction moins forte des aides aux producteurs de manière à ce que le taux
actuel de réduction de 5% pour les agriculteurs recevant plus de 5 000 euros
d'aides de l'Union européenne ne soit porté qu'à 7% d'ici 2013. Le Parlement
demande aussi que la modulation ne s’applique pas aux agriculteurs recevant
moins de 10 000 euros d'aides par an, alors qu’aujourd’hui elle concerne tous
ceux qui ont plus de 5000 euros.
D’autres propositions parlementaires consistaient à pratiquer une hausse
limitée des quotas laitiers, d’octroyer des
soutiens spécifiques pour la filière laitière et les éleveurs, de
maintenir les instruments d'intervention et le lien entre aides et production
dans des secteurs sensibles. Mais on l’a vu, le Conseil dans son accord politique, a
adopté une ligne sensiblement différente. Or, en matière agricole, les avis du
Parlement européen ne sont que consultatifs, situation qui changera si le
Traité de Lisbonne entre en vigueur, puisque celui-ci prévoit de donner un
pouvoir de codécision au Parlement.
24/11/2008
1 - L’avenir de la PAC en question
2 - Parlement européen, vote du 19/11/2008, Adaptation de la politique
Agricole Commune, Rapport sur la proposition de
règlement du Conseil modifiant les règlements (CE) n° 320/2006, (CE) n°
1234/2007, (CE) n° 3/2008 et (CE) n° […]/2008 en vue d'adapter la politique
agricole commune [COM(2008)0306 - C6-0241/2008 - 2008/0104(CNS)] - Commission
de l'agriculture et du développement rural. Rapporteur: Luis Manuel Capoulas
Santos (A6-0401/2008)
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