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La Commission
européenne a rendues publiques, le 21/12 /
2005, de nouvelles lignes directrices sur les
aides d’état aux régions pour la période
2007-2013 (1).
Les
aides d’état sont considérées par le traité
comme incompatibles avec les règles du droit
communautaire de la concurrence et, donc, la
Commission européenne, qui est chargée
de veiller au respect de ces règles, peut les
interdire. Toutefois, certains types d’aides
sont autorisées ou peuvent l’être. C’est le
cas, par exemple, des aides destinées à
faciliter le développement de certaines
activités ou régions (article 87 du traité
instituant la Communauté européenne, dans sa
version consolidée) (2) qui peuvent être déclarées
compatibles avec le droit communautaire, à
certaines conditions. Celles-ci sont précisées
par la Commission dans des « lignes
directrices » telles que celles publiées le
21/12. La période couverte coïncide avec la
période de programmation des fonds
structurels européens (fonds destinés à
soutenir le développement des régions en
difficulté de l’Union européenne). Ce lien est
volontaire. La nouvelle programmation des
fonds structurels concentre les
interventions sur les régions de l’Est
de l’Union européenne, qui sont celles qui
ayant les plus grands retards de
développement. Certaines régions aujourd‘hui
bénéficiaires de l’aide communautaire ne le
seront donc plus, ou pour une moindre part , à
partir de 2007. Dès lors, les lignes
directrices revêtent une importance
particulière car elles permettent de savoir
comment les états pourront, au moins
partiellement, atténuer l’impact du
désengagement de l’Union dans certaines
régions.
Les
aides concernées sont les subventions
directes à l'investissement et les allégements
fiscaux en faveur des entreprises. Pour être
autorisées elles doivent être attribuées dans
des régions remplissant certains critères (PIB
inférieur à la moyenne communautaire) et ne
pas dépasser certains plafonds.
Rapporté
à l’ensemble de l’Union à 25, le pourcentage
de la population concernée par les aides
régionales est de 52,2 %. 34,2 % se situe dans
des régions considérées comme défavorisées par
rapport à la moyenne de l’Union et qui
pourront bénéficier des aides les plus
importants (40 à 50 %), et 18 % dans des
régions « relativement » moins défavorisées
dans lesquelles seront appliqués des taux
d’aides inférieurs (10 à 20 %). Ces taux
pourront toutefois être relevés dans toutes
les régions aidées, de 20 % lorsqu'il s'agit
de petites entreprises et de 10 % pour les
entreprises moyennes.
De
nouvelles formes d’aides sont autorisées par
les lignes directrices afin de favoriser la
création d’entreprises dans les phases
d'établissement et de développement des
petites entreprises pendant les cinq premières
années. Les aides au fonctionnement autorisées
sont également élargies.
Ces
nouvelles règles désavantagent
évidemment les pays les plus développés
de l’Union, mais c’est le prix à payer pour
que les nouveaux pays membres rattrapent leur
retard. Pour prendre deux exemples, celui de
la France et de l’Espagne, 18% du territoire
français se trouve exclu des aides par rapport
à la situation actuelle (en termes de
population, 50% de la population actuellement
éligible aux aides n’en bénéficierait plus à
l’avenir); en Espagne, importante bénéficiaire
de la politique de développement régional
jusqu’à présent, la population régionale
concernée par les aides passe de 79,2% à 59,6%
et le taux des aides baisse. Pour limiter
l’impact de la disparition des aides dans
certaines zones, des dispositions prévoient
que les lignes directrices ne s’appliqueront
pleinement qu’après 2008 . Une autre garantie
a été également imposée par les états à la
Commission qui avait une vision plus drastique
de la question (on se souvient qu’au début de
l’année, la Commissaire chargée de la
politique de la concurrence, Mme Neelie Kroes
avait annoncé son intention d’en finir avec
les aides d'Etat aux régions dans les pays les
plus riches de l'Union ). Finalement,
dans aucun état membre la couverture
géographique des aides ne pourra être réduite
de plus de 50%. En d'autres termes, pour la
France, notamment, cela aurait pu être pire!
23/12/2005
1-
europa.eu.int/comm/competition/state_aid/regional.
2-L’article 87, paragraphe 3, point a) du
Traité CE, stipule : «peuvent être considérées
comme compatibles avec le marché commun les
aides destinées à favoriser le développement
économique de régions dans lesquelles le
niveau de vie est anormalement bas ou dans
lesquelles sévit un grave sous-emploi».
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