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Les
instiutions européennes restent mobilisées pour mettre en oeuvre
les mesures proposées en réponse à la crise financière et économique.
Ainsi le Conseil et la Commission européenne
ont-ils pris différentes décisions.
Dans
le cadre du Conseil ECOFIN du 2 décembre
Approbation
du Plan de relance de l’Union européenne
Le Conseil a adopté une contribution au Conseil européen
des 11 et 12 décembre approuvant les grandes lignes du plan de
relance européen présenté par la Commission le 26/11 en soutenant le budget (les
200 milliards correspondant à 1,5% du PIB de l’Union européenne pour 2009 et 2010), la
coordination des mesures prises dans les différents états (afin qu’elles se
renforcent mutuellement) et les lignes d’action choisies (dépenses publiques
ciblées, garanties de crédit, subventions, aides financières pour les
industries vertes et propres). Encore faudra-t-il décider de la répartition de
l’effort entre les différents pays. Pour le moment aucune indication n’est
donnée sur la ventilation des dépenses des contributions. Les pays les plus
riches sont sans doute supposés payer plus que les autres et l’Allemagne
notamment, parce qu’elle dispose de marges de manœuvre budgétaires plus
importantes que d’autres « grands pays (comme la France) est évidemment
sollicitée. Mais elle n’entend pas céder à cette pression. .
Révision
de directives sur les services financiers
Au nombre des décisions prises, le
Conseil a également donné le feu vert à la révision de directives sur les services financiers en
approuvant « des
orientations générales » sur quatre projets de
modification de directives relatives aux services financiers proposées par la
Commission européenne récemment : les systèmes de garantie des dépôts
bancaires, les exigences en capital des
banques, la solvabilité des entreprises d’assurance et les organismes de placement collectif en valeurs mobilières
(OPCVM) (2). Ces orientations vont être
soumises au Parlement européen et une adoption des réformes pourrait être
rapidement adoptée, en 1ère lecture le 15 décembre.
Doublement du fonds de crise
Autre point ayant fait l’objet d’un accord entre les
Ministres : le doublement du fonds de crise destiné à aider les Etats membres en difficulté financière. Sa
dotation passe de 12 milliards d'euros
à 25 milliards d'euros. Le communiqué du Conseil précise que cette hausse se justifie par l'évolution du contexte
économique international et par le grand nombre d'Etats membres ne faisant pas
partie de la zone euro: 11 sur 27 en 2009, contre 3 sur 15 lorsque le mécanisme
a été créé en 2002. Ce mécanisme a été utilisé le 4
novembre dernier pour l'octroi à la Hongrie d'un prêt s’élevant à 6,5 milliards
d’euros.
Désaccord
sur les taux réduits de TVA
Par ailleurs, le Conseil n’a pu se mettre d’accord sur la
révision des règles sur les taux réduits de TVA afin
de pérenniser cette mesure et d’en étendre le champ d’application (la
Commission européenne proposerait notamment d’appliquer les taux réduits de TVA
à des biens et services environnementaux). Mais l’unanimité requise pour
parvenir à cette révision n’existe pas (l'Allemagne et la France s'y
opposent de crainte d’une baisse des revenus de l'Etat, sans pour autant
encourager suffisamment la consommation).
Dans
le cadre du Conseil "compétitivité" du 1er décembre
Présenté en juin 2008 par la Commission européenne (3),
l'intervention en faveur des PME, le "Small Business Act" (SBA) est l’un des projets qui
tiennent à cœur à la Présidence française de l’Union européenne. Les états membres ont approuvé
la communication de la Commission lors de la réunion du Conseil « compétitivité » le 1er
décembre.
Le
SBA doit simplifier l’accès des PME aux financements. La Banque Européenne d'Investissement
(BEI) a dégagé une
enveloppe globale de 30 milliards d’euros destinée aux prêts aux PME, ce qui
représente une augmentation de 10 milliards d’euros par rapport à ses activités
habituelles de prêt dans ce secteur (4). Leurs démarches administratives doivent être
réduites. Entre autres mesures proposées à ce dernier titre: une
entreprise pourrait être créée
n’importe où dans l'Union européenne en trois jours et sans frais, les micro-entreprises
seraient dispensées de l’obligation d’établir des comptes annuels (les
économies pour ces entreprises sont estimées à 7 milliards d’euros par an), les
exigences de capital de l’entreprise privée européenne seraient limitées à un
euro. L’adoption de la proposition concernant le statut de la société privée
européenne devrait également être accélérée afin que, dès le début 2009,
les activités commerciales
transfrontalières des PME soient facilitées et que celles-ci soient soumises à un ensemble unique de
règles applicables aux sociétés dans toute l’Union. Mais sur ce dernier point,
les états semblent toujours être en désaccord.
Le deuxième axe du SBA est de permettre aux PME de profiter pleinement des opportunités
offertes par les marchés européen et international.
La
Commission européenne précise sa doctrine en matière d'aides
publiques aux banques
Après avoir essuyé des critiques virulentes pour avoir rappelé
les états à plus de prudence dans l’octroi des aides pour la recapitalisation des banques, la Commission
européenne a lâché du lest dans les orientations présentées le 08/12/2008, pour
tenir compte du contexte de
la crise financière actuelle. Elle ne s’oppose plus par principe à la
recapitalisation compte tenu, dit-elle, de la diversité des situations et du
contexte particulier de crise.
Neelie Kroes a
ainsi présenté cette nouvelle
approche : «L’intervention rapide et efficace des gouvernements nationaux
a permis de stabiliser le système financier. Nous devons maintenant nous
intéresser à l’économie réelle. Cette communication établit un juste équilibre
entre le maintien de sources de financement stables en faveur de l’économie
réelle, la stabilisation des marchés financiers et la nécessité d’assurer des
conditions de concurrence équitables pour les banques en Europe. Elle démontre
non seulement que ces objectifs sont conciliables, mais aussi qu’ils se
renforcent mutuellement. La mise en place d’un cadre garantissant une approche
cohérente en matière de recapitalisation publique des banques tout en tenant
compte d’une série de situations différentes témoigne une fois encore de
l’importance des actions menées par la Commission pour surmonter la crise
actuelle.»
Sur la rémunération de
l’intervention publique, la communication donne une série de principes en se
fondant sur différents critères :
les taux de base fixés par les banques centrales, auxquels une prime
de risque est ajoutée en fonction du
profil de risque de chaque banque bénéficiaire, le type de capitaux utilisés et
le niveau des garde-fous accompagnant la recapitalisation pour éviter toute mauvaise
utilisation des fonds publics. Les banques présentant un risque supérieur
auront à payer un taux de rémunération plus élevé. En outre, le mécanisme de
tarification doit comporter une incitation suffisante à limiter la durée de
l’engagement de l’État au minimum : cela peut prendre la forme d’un taux
de rémunération qui augmente avec le temps.
La Commission a annoncé sa
volonté de « superviser et revoir les mesures de recapitalisation prises
par les États membres ». Ces derniers devront faire lui faire un rapport
sur la façon dont les capitaux auront été utilisés, six mois après la mise en
place d’une mesure de recapitalisation. Ce rapport devra aussi inclure une
stratégie de désengagement pour les banques fondamentalement saines et un plan
de restructuration pour les banques en difficulté.
12/12/2008
1 - Conseil Affaires économiques et
financières, Bruxelles, le 2 décembre 2008, 16231/08 (Presse
342)
2 - Sur ce site: Le plan d’action anti crise de l’Union
européenne
3 - Communication de la Commission au Parlement européen, au
Conseil, Comité économique et social européen et au Comité des régions - «Think
Small First»: Priorité aux PME - Un «Small Business Act» pour l'Europe
{SEC(2008) 2101} {SEC(2008) 2102} COM/2008/0394 final
4 - Voir la communication de la Commission sur
le Plan de relance (Le plan d'action anti crise
de l'Union européenne)
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