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Venu à Bruxelles le 12/02/2009, défendre le plan
français d’aide à l’industrie automobile, le Premier Ministre français s’est heurté au scepticisme
du Président de la Commission européenne. Lors de la Conférence de presse qui a
suivi, des deux hommes ont joué des partitions différentes, tous deux défendant
l’emploi dans l’industrie automobile pour arriver à un désaccord sur les moyens
à mettre en œuvre.
Selon François
Fillon, il s’agit de préserver des milliers d'emplois en Europe (et non
seulement en France), rappelant l’importante présence des constructeurs
français dans différents pays de l’Union européenne. Loin d’être des
mesures protectionnistes, les aides
apportées par l’état français aux constructeurs automobile bénéficieraient au contraire à l'ensemble de l'industrie
automobile européenne, a-t-il plaidé. L’argument n’a pas semblé convaincre M.
Barroso qui a défendu l’intégrité du marché unique. Le point de désaccord
majeur est en effet que les aides qu’envisage d’attribuer le gouvernement
français seraient subordonnées à l’engagement des constructeurs de maintenir
leurs unités de production en France. On se souvient que Nicolas Sarkozy avait
mis l’accent sur cet aspect du plan lors de son intervention télévisée du
05/02, suscitant la colère de la présidence tchèque de l’UE, furieuse de
voir son pays mis au ban des accusés en tant que de point de chute des délocalisations
d’usines.
Entre des pays divisés, la Commission plus que jamais doit
jouer son rôle de gardienne de l’intérêt communautaire. Si elle s’est dite
prête à se montrer souple en matière d’aides d‘état, M.Barroso a rappelé
qu’elle doit aussi veiller à ce que les mesures prises par un pays n’aient pas
d’effets collatéraux négatifs pour d’autres pays membres. Il a fait observer
que si des mesures prises par un état détruisaient l’emploi chez ses voisins,
ce serait l’idée même d’Union européenne qui serait « mise en
danger ». Il a mis en garde contre le repli sur soi et appelé les états
à « profiter pleinement » de
l'Europe afin de « faire face ensemble à cette crise » et en sortir
plus forts. Le Plan français va donc
être examiné avec une particulière attention pour en mesures l’impact sur les
autres états.
Ce même jour, le
Figaro lançait un pavé dans la marre
sur un autre thème controversé, en rendant public un avis de l’Agence française
de
sécurité sanitaire des aliments, daté du 29/01/2009, dans lequel l’AFSSA
conclut, que le maïs transgénique MON810 n’est pas toxique pour la santé (1). Après la proposition de la Commission européenne d’autoriser
des cultures de variétés de maïs
transgénique et de lever les clauses de sauvegarde nationales, c’est une bonne nouvelle pour les pro OGM. Mais il n’est pas
dit que ceux-ci obtiennent la levée de l’embargo sur le maïs transgénique
décidé dans différents pays membres dont la France.
Le Gouvernement français a d’ailleurs annoncé que la levée
de l’interdiction n’était pas à l’ordre du jour relevant que celle-ci est
destinée à protéger les cultures et l’environnement pour lequel l’absence de
toxicité n’a pas été allégué par l’AFFSSA, l’avis ne concluant à l’absence de
toxicité que pour ce qui est de l’alimentation. Mais il va lui falloir négocier
avec ses partenaires et trouver une majorité au Conseil susceptible de faire échec
à la proposition de la Commission. On ne peut pas dire que la publication de
l’avis de l’AFSSA arrive au meilleur moment, de ce point de vue.
17/02/2009
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