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Depuis plusieurs mois, ce n’était qu’indignation et
protestations : l’Union européenne allait, on nous le certifiait,
autoriser l’importation de poulets chlorés en provenance des Etats-Unis. Et de
critiquer cette Europe passoire qui se soucie peu de la santé de ses citoyens.
En mai dernier, sous la pression « amicale » des
Etats-Unis dont le lobby des producteurs de poulet était fort affligé de ne
pouvoir exporter vers l’Union européenne, la Commission européenne avait
proposé d’autoriser à nouveau l’importation de poulets traités au chlore, alors
qu’elle était interdite depuis une dizaine d’années (5)
L’utilisation de bains chimiques pour désinfecter les
volailles était pourtant contestée, et la Commission appelée à privilégier
« une production basée sur des contrôles tout au long de la chaîne plutôt
qu'une vigilance en bout de chaîne » (6). Dans une résolution
votée le 29 juin 2008, le Parlement européen s’opposait à la levée de
l’interdiction d’importation (7). Mais à l'approche du sommet UE-Etats-Unis, la Commission
européenne avait cédé à la pression de ces derniers d'autoriser provisoirement
et sous conditions l'utilisation de certaines substances antimicrobiennes pour
décontaminer les carcasses de volailles.
La balle était donc dans le camp des états qui pouvaient
s’opposer à la décision de la Commission européenne à condition de réunir la
majorité requise pour cela.
C'est
chose
faite lors du Conseil Agriculture des 18 et 19 décembre dernier qui, à
l’unanimité de ses membres (le fait est
assez surprenant pour le signaler) a rejeté la proposition de la Commission
(8). Le texte voté par le Conseil souligne
que : « L'absence de données scientifiques relatives aux dangers liés
à l'utilisation de ces substances conduit à appliquer le principe de précaution
visé à l'article 7 du règlement (CE) n° 178/2002 du Parlement européen et du
Conseil du 28 janvier 2002 établissant les principes généraux et les prescriptions
générales de la législation alimentaire, instituant l'Autorité européenne de
sécurité des aliments et fixant des procédures relatives à la sécurité des
denrées alimentaires1. Selon ce
principe, dans des cas particuliers où une évaluation des informations
disponibles révèle la possibilité d'effets nocifs sur la santé, mais où il
subsiste une incertitude scientifique, des mesures provisoires de gestion du
risque, nécessaires pour assurer le niveau élevé de protection de la santé
choisi par la Communauté, peuvent être adoptées, dans l'attente d'autres
informations scientifiques en vue d'une évaluation plus complète du
risque ».
Il
n’y aura pas de "dinde chlorée" sur les tables européennes.
Suite
5 - Communiqué
de presse, Ref: IP/08/2008, du 29/05/2008
6 - Questions parlementaires, 12 décembre 2007,
P-6311/07, question écrite posée par
Anne Ferreira (PSE) à la Commission
7
- Résolution du Parlement européen du 19 juin 2008 sur
l'importation de carcasses de volailles
8 - Décision du Conseil rejetant la proposition de la
Commission concernant un règlement du Conseil portant application du règlement
(CE) n° 853/2004 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne
l'utilisation de substances antimicrobiennes pour éliminer la contamination
de surface des carcasses de volailles, Ref : 16163/08
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