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Adoption de la directive services amendée
La célèbre directive sur les services dans le marché intérieur achève son parcours législatif chaotique grâce à la résolution que vient de voter le Parlement européen en deuxième lecture(1), résolution dans laquelle il approuve la position commune précédemment votée par le Conseil des ministres de l'Union européenne(2).
La directive est désormais adoptée puisqu’elle va à présent revenir sur la table du Conseil pour adoption formelle, ce qui mettra fin à la procédure de codécision (3) car on imagine mal le Conseil s’opposer au Parlement, la résolution reprenant la position commune votée par le Conseil (à l’exception de trois amendements de nature technique qui ne devraient pas rencontrer d’obstacles). Après la publication de la directive au journal officiel, les états auront trois ans pour la transposer en droit interne.
A voir le relatif désintérêt que suscite l’annonce de ce vote, on oublierait presque que ce texte fut une des causes du rejet par les français du traité constitutionnel européen avec lequel il n’avait pourtant rien à voir.
Donc, c’est dans une absence de passion qui contraste avec le climat de l’an dernier que les eurodéputés ont donné le feu vert à une directive services il est vrai très expurgée, ceci expliquant cela. Lors du passage devant le Parlement européen en février dernier, celui-ci avait en effet soigneusement amendé la proposition promue par l’impopulaire M.Bolkestein en la délestant de tous les dispositions qui posaient problème, en particulier celles qui avaient été interprétées comme une menace pour les droits des travailleurs. A la suite de quoi, la Commission européenne avait revu sa copie pour tenir compte des amendements parlementaires et présenté une nouvelle proposition au Conseil qui avait servi de base à la position commune votée en juillet.
Au final :
Avec l’adoption de cette directive c’est la proposition « Bolkestein » qui part aux oubliettes. Ce qui ne signifie pas pour autant que toutes les ambiguïtés aient été levées sur sa portée réelle.
Et c’est pourquoi une proposition de rejet de la position commune avait été déposée par les Verts et la gauche unitaire européenne (GUE, gauche communiste). Ils dénonçaient les modifications apportées par le Conseil au texte voté par le Parlement en première lecture le 16 février 2006 (4) sur trois points plus précisément.
Mais la proposition des Verts et de la Gauche Unitaire Européenne n’a recueilli que 105 voix (dont celles du Front national et de la majorité des socialistes français) contre 405 et 12 abstentions. Les députés européens ont en effet préféré se rallier à la position commune, estimant qu’en dépit des modifications apportées par le Conseil, elle était pour l’essentiel conforme au texte voté en première lecture.
17/11/2006 Aller plus loin: Dossier sur la directive services 1-Résolution législative du Parlement européen relative à la position commune du Conseil en vue de l'adoption de la directive du Parlement européen et du Conseil relative aux services dans le marché intérieur, Strasbourg, 15/11/2006 2-Voir ce texte dans la page d'accueil du dossier sur la directive services 3-Voir sur ce site l'explication de la procédure de codécision 4-Voir ce texte dans la page d'accueil du dossier sur la directive services 5-CES "La modification en profondeur de la directive sur les services est un succès mais la CES poursuivra son action afin d’améliorer certains domaines", communiqué du 15/11/2006
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