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Un
crédit hypothécaire
permet à un
emprunteur qui
s'est vu refuser
un accès au
crédit de pouvoir
financer un
achat. Mais
la crise américaine
des subprimes
a mis en lumière
les dérives
de certains
crédits hypothécaires
destinés à l'achat
d'un logement.
La proposition
de directive
communautaire
présentée par
la Commission
européenne pour
réguler le crédit
hypothécaire
entend en tirer
les leçons.
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A
la suite de la crise américaine
des subprimes (crédits immobiliers
hypothécaires à taux variables
accordés à une clientèle
peu solvable, que l’on peut
traduire par prêts à haut risque),
l’Union européenne s’est intéressée
de plus près aux règles qui
régissent le crédit hypothécaire
dans les états membres. Le crédit
hypothécaire permet un prêt
sous certaines conditions (taux,
durée, etc...) qui sont inscrites
dans un acte passé devant notaire
et dont le remboursement est
garanti par une inscription
hypothécaire prise par la banque
prêteuse sur le bien immobilier
dont l’achat est projeté
(dans le cadre d'un prêt acquisition)
ou sur tout autre bien immobilier
déjà possédé. Il permet à
un emprunteur qui s’est vu refuser
des crédits « classiques » d’obtenir
un financement.
Selon
la Commission, « le fait
demeure que le comportement
irresponsable de certains acteurs
du marché a alimenté une politique
de prêt laxiste. La conséquence
en est que certains citoyens
européens éprouvent aujourd’hui
des difficultés à honorer leurs
dettes. En 2008, 16 % des ménages
déclaraient avoir du mal à régler
leurs factures, et 10 % faisaient
état d’arriérés de paiement.
Du fait de ces difficultés,
les défauts de paiement et les
saisies se sont multipliés ».
Elle
a donc présenté, le 31/03/2011,
une proposition de directive
sur « les contrats de crédit
relatifs aux biens immobiliers
à usage résidentiel » (1).
La proposition a deux objectifs.
Le premier, général, qui correspond
à la vocation de l'Union européenne
de développer un marché
intérieur est de créer les conditions
favorables à un marché unique
du crédit, efficient, concurrentiel,
ce qui présuppose que les consommateurs
reprennent confiance dans le
système financier (tâche difficile
s’il en est). L’autre objectif
de la directive étroitement
liée donc au premier est de
mettre fin aux pratiques « irresponsables
» et d’assurer la protection
des consommateurs par des règles
communes en matière de publicité,
d’information précontractuelle,
de conseil, d’évaluation de
solvabilité de l’emprunteur
et de remboursement anticipé.
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S’il
existe déjà des
règles communautaires
applicables dans
le domaine couvert
par la proposition,
elles ne permettent
pas de prendre en
compte les particularités
du crédit hypothécaire.
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Parmi les dispositions
communautaires qui
s’appliquent déjà
dans le domaine
de la proposition,
on peut citer la
directive 2006/114
du 12/12/2006
sur la publicité
trompeuse, la directive
2005/29 du
11/05/2005 relative
aux pratiques commerciales
déloyales ou encore
la directive 93/13
du 05/04/1993
sur les clauses
abusives dans les
contrats conclus
avec les consommateurs8,
qui introduit la
notion de bonne
foi, pour éviter
des déséquilibres
significatifs entre
les droits et obligations
respectifs des consommateurs
et des professionnels
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Quant au code de conduite volontaire
relatif à l’information précontractuelle
concernant les prêts au logement
(2) , de l’avis même de la Commission
européenne « il a été mis
en oeuvre de manière incohérente
et peu satisfaisante » (3).
D’où
une proposition spécifique dont
les principales dispositions
sont les suivantes :
Champ
d’application
La
directive proposée couvre tous
les prêts octroyés aux consommateurs
en vue de l’achat d’un logement,
ainsi que certains prêts destinés
à la rénovation. Elle couvre
également tous les prêts aux
consommateurs qui sont garantis
par une hypothèque ou une autre
sûreté comparable. Mais les
états membres, peuvent ; s’ils
le veulent, étendre ce
champ d’application à d’autres
bénéficiaires tels que les petites
et moyennes entreprises, et
à des transactions portant sur
des biens immobiliers commerciaux.
Règles
en matière de publicité
L’article
7 et l’article 8 énoncent des
principes généraux pour la communication
publicitaire et commerciale,
et définissent la forme et le
contenu des informations à inclure
dans la publicité. Ces informations
de base porteront sur les caractéristiques
essentielles de l’emprunt. Elles
incluront un avertissement
sur les conséquences, pour le
consommateur, du non-respect
par celui-ci de ses engagements
pris aux termes du contrat de
crédit.
Toute
formulation susceptible de faire
naître de fausses attentes chez
le consommateur concernant la
disponibilité ou le coût du
crédit sera interdite;
Passeport
européen des intermédiaires
de crédit
Les
entreprises qui informent et
assistent les consommateurs
à la recherche d’un crédit hypothécaire
et qui concluent quelquefois
le contrat au nom du prêteur
devront être agréées et enregistrées.
Un système de passeport européen
est créé. Il leur permettra
une fois agréés dans un état
de proposer leurs services dans
tout le marché intérieur
Droit
d'accès non discriminatoire
pour les prêteurs aux bases
de données sur le crédit concernant
les consommateurs
Obligations
des prêteurs et des intermédiaires
Ceux-ci
devront tenir en permanence
à disposition des consommateurs
des informations générales sur
la gamme des produits qu’ils
proposent. Ils devront fournir
au consommateur des informations
personnalisées, sous la forme
d’une fiche européenne d’information
standardisée (FEIS) grâce à
laquelle le consommateur pourra
comparer les offres des différents
prestataires. Ils devront donner
des explications à l’emprunteur
et respecter certaines normes
en cas de prestation d’un service
de conseil. Par exemple, ils
devront prendre en considération
un nombre suffisant de contrats
de crédit existant sur le marché,
et fournir des informations
correspondant au profil de l’emprunteur.
Il devront également évaluer
la solvabilité de ce dernier,
sur la base des informations
qu’il aura fournies Le prêteur
sera obligé de refuser
l’octroi du prêt si les résultats
de l’évaluation sont négatifs.
Des
obligations spécifiques sont
imposées aux intermédiaires
de crédit : ils seront tenus
de publier certaines informations
concernant, par exemple, leur
identité, leur statut et la
relation qu’ils entretiennent
avec le prêteur, et de rendre
public tout conflit d’intérêts
potentiel.
Droit
d’information des emprunteurs
La
proposition de directive dispose
qu’ils devront bénéficier d'un
surcroît d’informations à tous
les stades du processus conduisant
à la souscription d’un emprunt,
afin qu’ils puissent faire les
bons choix. Le taux annuel effectif
global (TAEG) applicable sera
harmonisé, de manière à ce que
la comparaison avec d’autres
offres publicitaires soit possible.
Ils auront le droit de rembourser
leur emprunt avant l’expiration
du contrat de crédit, à des
conditions qui seront déterminées
par les états mais sous réserve
qu’elles ne soient pas trop
pénalisantes financièrement
pour l’emprunteur. En contrepartie,
la proposition leur impose une
obligation d’«emprunt responsable».
En d’autres termes, l’emprunteur
devra fournir des informations
complètes et correctes pour
l’évaluation de sa solvabilité.
Recours
et sanctions
Les
états devront définir des mesures
administratives et des sanctions
en cas de non-respect de la
directive. Ils devront aussi
mettre en place des organismes
de résolution extrajudiciaire
des litiges afin de régler les
différends entre prêteurs et
intermédiaires de crédit et
consommateurs.
01/04/2011
1-
Proposition
de directive du Parlement européen
et du Conseil sur les contrats
de crédit relatifs aux biens
immobiliers à usage résidentiel,
COM(2011) 142 final, Bruxelles,
le 31.3.2011
2
- Accord européen sur un code
de conduite volontaire relatif
à l'information précontractuelle
concernant les prêts au logement,
05/03/2001.
3
- Ce sont les limites de la
« soft law » ou « droit mou
» c’est à dire non contraignant
pourtant si prisé à dans les
pays anglo saxons
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