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A la veille de la réunion du Sommet informel
des 27 chefs d’Etat et de Gouvernement des pays membres de l’Union européenne,
diverses questions dont certaines avaient fait polémique étaient en
suspens :
1 -
La question du traitement des actifs
toxiques des banques (catégories
d'actifs sur lesquels les banques risquent de
devoir supporter des pertes , par ex, des titres adossés à des créances
hypothécaires à risques américaines ou «subprimes»).
La Commission
européenne a rendu publiques le 25/02/2009
des orientations pour le traitement de ces actifs (1).
Selon la Commission le traitement de ces actifs « dépréciés » doit
faire l’objet d’une approche européenne commune. afin de garantir que les pertes prévisibles soient
annoncées et correctement gérées et que les banques puissent utiliser leur
capital pour reprendre leur activité normale de prêt à l'économie, au lieu de
le conserver de crainte qu'elles n'en aient besoin pour compenser
d'éventuelles pertes. Afin que
les mesures soient efficaces et dans le souci de transparence, la Commission
préconise que les banques aient un délai de
six mois maximum à compter de la mise en place des plans d’action pour
déclarer leurs actifs dépréciés. Les différentes
solutions proposées par la Commission vont du rachat (dans le cadre d’une
structure de défaisance si besoin) à un régime de garanties. et la
communication en présente les aspects budgétaires et réglementaires
(notamment comment déterminer la juste
rémunération de l’Etat pour son aide puisqu’il faudra rechercher une
répartition adéquate des couts entre les acionnaires , les créanciers et les
contribuables) .
Comme les états ont le choix des mesures pour venir à bout de
ces actifs (la Commission étant chargée de les examiner et de les
approuver) il va falloir encore
attendre pour y voir plus clair.
Et c’est pourquoi le communiqué
rendant compte des discussions du Conseil informel de 1e mars
souligne simplement l’importance de cette action dont il se limite à indiquer
laconiquement qu’elle doit s’inscrire dans lignes directrices présentées par la
Commission européenne. (2)
2 -
Les plans de relance sectoriels notamment pour le secteur de l'automobile
La
Commission européenne le rappelle dans un « état de la situation de
l’industrie automobile » présenté le 25/02/2009 : plus de 18 millions de véhicules
sont produits par an dans l’Union européenne (soit près d'un tiers de la
production mondiale de voitures particulières), 12 millions d'emplois dépendent de
ce secteur, qui est le premier investisseur privé en R&D de l'Union
européenne, et représente un chiffre d'affaires d’environ 780 milliards d'euros.
L'industrie automobile est donc « vitale pour la prospérité de
l'Europe ». Or, elle connaît de graves difficultés : au dernier
trimestre de 2008, les nouvelles immatriculations de véhicules en Europe ont
reculé en moyenne de -20%., les ventes de voitures particulières neuves ont
baissé de -1,2 million d'unités en 2008 et entre janvier 2008 et janvier 2009, la chute de l'activité du marché
européen des voitures particulières a atteint -27%. Mais malgré ce constat, la
conviction de la Commission est que « c’est avant tout à l’industrie qu’il
incombe de gérer la crise ». Ce qui n’exclue pas que des mesures soient
prises par l’Union et les gouvernements pour améliorer l’accès au crédit,
clarifier les règles d’octroi des aides d’État dans des circonstances
particulières, favoriser la demande de nouveaux véhicules au travers d’actions
coordonnées des États membres, minimiser les coûts sociaux, protéger la
main-d’oeuvre qualifiée et garantir une concurrence loyale sur des marchés
ouverts. Mais les aides publiques au secteur sont vues avec méfiance par la
Commission ce qui a donné lieu à des tensions avec la France lorsque celle-ci a
présenté son plan de relance pour le secteur. (voir sur ce site : deux
mots qui fâchent protectionnisme et OGM ) Le mot protectionnisme a
été lâché au grand dam des autorités françaises. Finalement , la
Commission a fait savoir le 28/02, qu’elle avait obtenu des garanties du
Gouvernement français sur
l'absence de mesures protectionnistes dans le plan. Le Secrétaire d'État à l'Industrie, Luc Chatel, s’est ainsi engagé à
ne poser aucune condition relevant de la localisation des activités ou de
l'approvisionnement en priorité auprès de fournisseurs installés en France dans
les conventions de prêt avec les constructeurs.
Le
texte résumant les discussions du Conseil ne dit rien de plus que l’engagement
réitéré des 27 à respecter les principes de libre-échange et de libre
circulation, ce qui signe la fin du débat sur le protectionnisme. Mais en
revanche, il n’y a pas de décision pour mettre en place un soutien à
l'industrie automobile coordonné, comme l’avaient demandé les députés lors d’un
débat du Parlement européen le 04/02/2009 ou comme on l’avait laissé entendre
un moment en France.
3 –
La solidarité entre états est affirmée dans le communiqué
Il s’agit de ne pas cliver l’Union entre
« riches » et « pauvres », de ne pas « diviser »
l’Europe « entre nouvelle et
vieille Europe, Nord et Sud, Est et Ouest » selon les termes du Premier
ministre tchèque. Mais le communiqué ne reprend pas l’idée du plan de relance
de 190 milliards d’euros à destination
des pays d’Europe centrale et orientale qu’avait proposé la Hongrie Ce plan ne
faisait pas l’unanimité y compris au sein des pays concernés, dont certains ont
fait valoir que ce n’était pas la bonne réponse compte tenu de la diversité des
situations économiques et financières.Ce qui est aussi la position exprimée par
l’Allemagne. Le communiqué retient finalement le principe d’une aide au cas par
cas. des pays confrontés à des difficultés. Dans les faits, une telle aide a
été apportée à la Lettonie en janvier 2009 ( b109)et à la Hongrie en novembre
2008 , le Conseil ayant décidé en décembre de doubler le fonds de crise pour
aider les Etats membres en difficulté
financière (actu5008.htm)
La
Hongrie a également proposé d’assouplir les critères d’accession à la zone
euro. L’ idée pourrait faire son chemin dans les mois qui viennent mais , selon
la Présidence tchèque de l'UE, elle n’est pas à l’ordre du jour immédiat.
4 –
Autres questions
Le budget de l’ordre de cinq milliards
d'euros que la Commission européenne voudrait consacrer aux infrastructures
énergétiques dans le cadre de son plan de relance n’est pas évoqué dans le
communiqué commun. S’il a les suffrages de nombreux pays de l’est d’autres,
comme la France ou l’Allemagne se montrent réticents.
Le
communiqué affirme la nécessité de changer les règles de la supervision
financière. La Commission européenne doit présenter des orientations dans ce
sens le 4 mars pour que de premières
décisions soient prises d'ici juin.
Au
final, le Sommet apparaît être celui de l’apaisement après des jours de
tensions entre « vieille » et « nouvelle » Europe. C’est
déjà bien. Mais pour de nouvelles décisions, notamment dans la perspective du
G20 d’avril, il va falloir encore attendre.
03/03/2009
1 -
COMMUNICATION FROM THE COMMISSION on the Treatment of
Impaired Assets in the Community Banking Sector
2 - RÉUNION FORMELLE DES CHEFS D'ÉTAT OU DE
GOUVERNEMENT DU 1er MARS
2009 COMMUNIQUÉ DE PRESSE COMMUN
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