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SOMMAIRE:
L S La première question qui se pose est donc celle de la possibilité de sortir de l'Union . Juridiquement, une première certitude existe :aucune clause des traités européens ne prévoit cette possibilité. Mais il est tout aussi clair qu'une telle décision relève en dernier lieu de la souveraineté d'un état que l'on ne peut lui interdire d'exercer (sauf par la force, ce qui est bien sûr improbable). Il faudrait alors que le président de la République annonce officiellement le retrait de la France . La procédure interne pourrait être calquée, selon le principe juridique de parallélisme des formes, sur la procédure requise pour ratifier les traités (référendum, vote du Parlement) . A supposer que la sortie soit alors décidée, il faudrait en négocier les modalités avec les anciens partenaires. Avec quelles conséquences ? Une énumération détaillée étant impossible, citons les plus marquantes:
Ce ne sont que quelques unes des conséquences auxquelles conduiraient les propositions du front national si elles étaient appliquées. Sans oublier cette autre,dévastatrice,qui serait de mettre fin au rêve européen, celui de la construction d'un avenir commun de prospérité et de paix entre des peuples qui jusque là n'avaient que trop souvent partagé un passé sanglant. Il est largement temps que les citoyens se réapproprient ce rêve ,en réponse aux dérives technocratiques et ultra-libérales des uns , nationalistes et anti-démocratiques des autres.
1-Voir l'intervention des Commissaires européens P.Lamy et M.Barnier dans l'émission de France-Inter " Question directe " du lundi 29/03/2002.Egalement:" La France peut-elle sortir de l'Union européenne ? ",site TF1,24/04/2002 2-Voir le site du Ministère des Affaires étrangères français :www.diplomatie.gouv.fr (thema, dossiers : " Echanges extérieurs de la France ") 3-" Echanges extérieurs de la France en 1999 ",INSEE Première, n°719, juin 2000 4-"Question directe " du 29-4-2002 5-AFP,Dépêche du 29-04-2002 L' équipe de France à peine éliminée de la coupe du monde de football, les tentatives d'explication de cette contre performance se multiplient avec, en toile de fond, le débat sur les finalités du football, créateur de lien social, investi d'une mission culturelle et éducative, ou secteur d'activité extrêmement lucratif. Certains évoquent la folie qui a saisi le monde du football professionnel, les transferts à coups de milliards de joueurs qu'il faut ensuite " rentabiliser ", et soulignent, au passage, le fait que l' " équipe de France " est composée de " mercenaires ", l'écrasante majorité des joueurs évoluant en Grande-Bretagne, en Italie, en Espagne ou en Allemagne (1).C ar en appliquant le principe de la libre circulation des personnes aux footballeurs professionnels dans l'arrêt " Bosman " du 15 décembre 1995 (2), la Cour de Justice des Communautés Européennes a ouvert la boîte de Pandore d'une compétition effrénée entre clubs européens pour attirer les meilleurs joueurs .-L'arrêt Bosman
Jean-Marc Bosman joueur d'un club de football belge (Liège) avait refusé le renouvellement du contrat que lui proposait le club, son salaire y étant revu à la baisse. Il avait trouvé un engagement au club de Dunkerque qui proposait un transfert temporaire d'un an avec possibilité de transfert définitif. Le club de Liège, après avoir accepté, s'était finalement rétracté et avait bloqué le transfert. M.Bosman s'était retrouvé sans engagement et sans salaire, tout en continuant d'appartenir au FC de Liège qui gardait le droit d'exiger de tout club qui voudrait l'acheter le versement d'une "indemnité de transfert". M.Bosman avait alors intenté une action en justice qui devait le conduire jusqu'à la Cour de Justice des Communautés Européennes. Ses défenseurs contestaient la légalité des règles de transfert au regard du droit communautaire, ainsi que des clauses de nationalité qui limitaient à trois le nombre de joueurs étrangers pouvant jouer dans un club de l'Union européenne. La Cour européenne leur donne raison. Considérant l'activité sportive comme une activité économique et les joueurs comme des travailleurs, elle juge que le principe de la libre circulation leur est applicable. Depuis 1996, un footballeur peut donc exercer librement dans tous les pays de l'Union et offrir ses services ,quand il est en fin de contrat, à tout club, sans que son club d'origine puisse exiger une indemnité.
En outre, la Cour ayant jugé que l'interdiction des discriminations entre salariés des états membres s'oppose à la limitation du nombre de joueurs ressortissants d'autres pays de l'Union, le recrutement de joueurs communautaires non nationaux ne connaît plus de limites désormais.
-Les suites:concurrence accrue entre les clubs européens
L'arrêt Bosman a été suivi d'une vague de naturalisations donnant la nationalité d'un pays européen à des joueurs d'origine non communautaire. Il a surtout ouvert les vannes d'un -inépuisable ?- flot d'argent, provoquant une surenchère entre les clubs pour attirer à eux les footballeurs les plus talentueux, surenchère encouragée par la présence des intermédiaires que sont les agents de joueurs. La Commission européenne s'est elle aussi montrée préoccupée de l'explosion des transferts dont elle supposait qu'ils puissent être contraires aux règles communautaires avec, en outre, une problématique à résoudre: si le sport, en tant qu'activité économique doit être soumis aux règles communautaires, sa spécificité liée aux fonctions sociales, éducatives et culturelles qui sont les siennes ne justifient-elle pas une exception sportive ? S'agissant du football, la Commission a été ainsi conduite à s'intéresser de très près aux règles des fédérations concernant, par exemple, l'accès à la profession d'agent ou encore, les droits de retransmission des matchs. La réglementation relative aux transferts internationaux de footballeurs a, quant à elle, fait l'objet d'un accord entre la Commission et la FIFA et l'UEFA en mars 2001, suivi par l'adoption de nouvelles règles en juillet et août 2001. Les règles incriminées par la Commission étaient essentiellement au nombre de deux. D'une part, les transferts se décidaient sans impliquer le joueur qui ainsi se voyait privé d'exercer le droit de libre circulation que le traité de la Communauté européenne reconnaît aux travailleurs. D'autre part, la " cote " d'un joueur (qui constitue un des deux éléments des indemnités, l'autre étant constitué par le salaire des années du contrat restant) pouvait résulter d'une entente entre les deux clubs, pratique prohibée par le droit communautaire de la concurrence. La nouvelle réglementation (4) prévoit notamment :
De l'avis des différentes parties intéressées, les nouvelles règles permettent à la fois de respecter le droit communautaire et de tenir compte des particularités du football. Pourraient-elles aussi avoir pour effet d'enrayer l'envolée des prix des transferts et les surenchères ? Ceci est une autre histoire et le scepticisme est permis si l'on considère le prix auquel s'est négocié le transfert de Zinedine Zidane au Real Madrid.
1-Sylvain Courage : " Foot :la bulle financière éclate ",le Nouvel Observateur du 30/05 au 05/06/2002 2-CJCE,Aff.C-415/93,arrêt du 15/12/1995,Union Royale belge des Sociétés de football association ASBL e.a./ Jean-Marc Bosman (bulletin n°35/95) 3-" L'application au sport des règles de concurrence de l'Union Européenne ",communiqué de la Commission du 05/06/2002 4- Le règlement , son règlement d'application ainsi qu'une circulaire interprétative peuvent être consultés sur le site de la FIFA : www.fifa.com U n rapport publié par la Commission le 29 mai 2002 contient un certain nombre de données qui " tordent le cou " à des idées reçues et tenaces. La Commission rappelle tout d'abord que l'Union ne compte que 3,5% de ressortissants de pays tiers, soit 13 millions de personnes (contre 6,6% d'étrangers aux Etats-Unis par exemple). La majorité d'entre eux se trouvent en Allemagne (5,5 millions, ce nombre élevé s'expliquant par l'impossibilité d'acquérir la nationalité par le droit du sol, celui-ci n'ayant été introduit que récemment dans la législation allemande), en France (2,1 millions) ,au Royaume-Uni (1,4 million) et en Italie (1,1 million).En 2000, 680 000 personnes ont immigré en Europe communautaire. Concernant l'apport de cette immigration au renouvellement démographique, le rapport estime que l'immigration est à l'origine de 70% de la croissance démographique de l'Union, qui est très faible (1,4 enfant en moyenne par européenne alors que le chiffre nécessaire au renouvellement est de 2,1). Enfin, le rapport fait apparaître que l'immigration actuelle est impuissante à résoudre le problème du vieillissement de la population européenne. Actuellement, l'Union compte un personne de plus de 65 ans pour quatre âgées de 15 à 65 ans. Selon les projections effectuées, si la fécondité demeure stable et si l'immigration annuelle augmente légèrement, il y aura en 2050 un vieux pour deux jeunes. Si les femmes ont en moyenne 2,2 enfants et que le flux annuel d'immigrés augmente à 1,2 million, il n'y aura que 2,5 jeunes pour un vieux. Augmenter l'immigration et la natalité ne suffiraient donc pas à régler le problème. Même si l'immigration permettra de compléter quelques manques sur le marché du travail, comme le rappelle la Commissaire européenne chargée des affaires sociales, Anna Diamantopoulou, une " réforme radicale " est nécessaire . Elle passera par un taux d'activité accru des femmes et des travailleurs âgés avec un recul de l'âge de la retraite : c'est bien l'orientation qui a été approuvée par les Chefs d'Etat et de Gouvernement à Barcelone en mars 2002, tous les Chefs d'Etat et de Gouvernement, même si J.Chirac et L.Jospin ont affirmé que la retraite à 60 ans n'était pas remise en cause. Question à un euro : que se passerait-il s'il n'y avait pas d'immigration ?
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