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Les brèves relatives aux actions , aux
règlements et directives adoptés en février 2009
au niveau de l'Union européenne sont
classées par ordre chronologique, de la date
plus récente à la plus ancienne.
Voir aussi les brèves
de mars 2009
Un eurosceptique devant le Parlement
européen : jeudi 19 février, le Président techèque
Klaus, s'est lancé devant des députés que l’on imagine médusés, dans
une charge effrénée contre l’intégration politique européenne. Le discours,
reproduit sur le site de la Présidence tchèque, est pour le moins étonnant, combinant l’invocation des vieux
démons communistes et l’ode au libre échange et à la dérégulation, ce qui
dans le contexte actuel révèle, à défaut d’un talent visionnaire, une réelle
obstination dans l’erreur.
Peut-être était-il contrarié du fait que les députés tchèques
venaient de voter le Traité de Lisbonne, après des semaines d’incertitude
durant lesquelles les eurosceptiques n’avaient pas ménagé leur peine pour
obtenir le rejet du texte?
Toujours est-il que, tout en affirmant l’ancrage européen de
la République tchèque et en qualifiant l’Union européenne d’expérience
révolutionnaire, il a vertement critiqué le système décisionnel de l'Union
qui est au service d’une sorte de pensée unique, selon lui, ce que
le Traité de Lisbonne ne ferait qu’accentuer. « Une seule voie y est
imposée et celui qui cherche une alternative est considéré comme adversaire de
l'intégration européenne », a-t-il affirmé, poursuivant avec un sens très
personnel de la mesure: « Il n'y a pas longtemps que nous avons vécu dans
notre partie de l'Europe sous un régime politique où toute alternative n'était
pas admissible et, en conséquence,
aucune opposition parlementaire n'existait. Nous avons fait cette amère expérience que l'absence
d'opposition signifie la perte de la liberté. C'est pourquoi des alternatives
politiques doivent exister ». On appréciera le rapprochement entre l’Union
et le système communiste.
M.Klaus a finalement une conception très simple de l’Union
européenne qui
ne peut être qu’une zone de libre échange permettant à la rigueur la
réalisation de projets ponctuels qui intéressent plusieurs pays. Et surtout, il
faut éviter l’ingérence du politique dans le marché. Car, selon M.Klaus ( et la
thèse, on en conviendra, est originale), la crise actuelle n’est pas due aux
excès du libre échange mais au fait qu’il y a trop de régulation notamment de
la part de l’Union européenne. C’est pourquoi il ne faut surtout pas que le
traité de Lisbonne entre en vigueur car tous ces « défauts » seront
amplifiés. Le Président du Parlement européen a pour sa part choisi de répondre
au discours de M.Klaus en rappelant quelques évidences sur la construction
européenne et sur les règles démocratiques et en saluant (ironiquement ?)
dans la prestation du Président tchèque « une expression de la diversité
en Europe ».
Vote de la directive sur les sanctions pour les employeurs
de travailleurs clandestins : Les employeurs d'immigrants clandestins
pourront bientôt être sanctionnés dans toute l'Union européenne si le Parlement
européen et le Conseil se mettent d’accord sur la directive proposée par la Commission en 2007. En
janvier dernier, le Parlement et le Conseil sont tombés d’accord sur un
compromis qui permet de penser que le texte pourrait être adopté dès la 1ère
lecture. Le vote du Parlement est intervenu le 19 février. Plus d’information : ICI
Le
numéro d’appel d’urgence européen s’étend à de nouveaux pays : dans un
communiqué du 18/02, la Commission européenne annonce que 5 états membres
mettent en œuvre le numéro d’urgence pour les enfants disparus. Le 116 000 est
désormais opérationnel en Hongrie
, en Grèce, aux Pays-Bas, au Portugal
et en Roumanie. Il devrait l’être prochainement en Belgique et en Slovaquie. La Commission
européenne souligne que la mise en oeuvre de deux autres numéros réservés en octobre
2007, le 116 111 (ligne d'assistance téléphonique pour les enfants) et le 116
123 (ligne destinée à apporter un soutien moral), progresse bien elle aussi
mais rappelle que les états ne font pas assez d’efforts pour informer les
prestataires de services potentiels à propos des numéros commençant par 116.
Les
"
bons" et les "mauvais élèves" en matière de finances publiques : le
18/02/2009, la Commission européenne a rendues publiques ses observations sur
les programmes de convergence de 17 états membres parmi lesquels la France.
La
Bulgarie, la République tchèque, le Danemark, l’Allemagne, l’Estonie, la
Hongrie, les Pays-Bas, la Pologne, la Suède, la Finlande et le Royaume-Uni s’en
tirent plutôt bien la Commission européenne observant que nombre d’entre eux
ont adopté des mesures d’impulsion budgétaire
pour lutter contre la crise économique dans le droit fil des
orientations du Plan de relance européen.
La position de l'Irlande, la Grèce,
l'Espagne, la France, la Lettonie et Malte apparaît en revanche beaucoup plus
fragile, la Commission notant que dans
le contexte de la forte récession économique actuelle, les positions
budgétaires se sont « nettement » détériorées en 2008 et
devraient se détériorer encore en 2009 particulièrement en Irlande, en Espagne,
en France et en Lettonie.
Les
six pays font l’objet de rapports pour déficits excessifs « en tenant
dûment compte du contexte économique et des autres facteurs pertinents »,
précise la Commission qui reconnaît que « les finances publiques se sont
encore détériorées du fait que de nombreux États membres ont adopté des mesures
budgétaires pour soutenir la demande et la création d'emplois cette année,
comme la Commission et le Conseil l'ont
recommandé dans le plan européen de relance économique ». Mais elle
rappelle également que « l’application du pacte de stabilité et de
croissance révisé facilitera le retour à des finances publiques saines et
durables lorsque la récession sera terminée et que la croissance reprendra ».
Lorsque les mesures d’impulsion budgétaires
ont été prises par des états disposant d’une marge de manœuvre budgétaire et/ou
dont la dette et les déséquilibres extérieurs sont limités, elles n’ont pas
conduit à des graves déséquilibres des finances publiques. Mais ce n’est pas le
cas en Espagne et en France.
Les avis concernant chaque pays sont
disponibles sur le site
de la Commission européenne.
Droit
d’information sur les disséminations d’Organismes Génétiquement Modifiés: dans un arrêt
du 17/02/2009, la Cour de Justice des Communautés européennes affirme le droit
d’accès du public aux disséminations d’Organismes Génétiquement Modifiés (CJCE,
17/02/2009,aff.C-552/07, Commune de Sausheim c.Pierre Azelvandre), se ralliant ainsi
à la solution qu’avait préconisée l’Avocat Général le 22/12/2009.
La Cour
juge qu’en vertu de la directive européenne 2001/18 relative à la
dissémination volontaire d'organismes génétiquement modifiés dans
l'environnement, le public intéressé peut demander la communication de toute
information transmise par le notifiant dans le cadre du processus
d’autorisation relatif à une telle dissémination. Les seules exceptions sont
celles prévues par le texte (informations confidentielles notifiées à la
Commission et à l’autorité compétente ou échangées au titre de la directive,
informations susceptibles de nuire à une position concurrentielle, informations
protégeant les droits de propriété intellectuelle). Dès lors, conclut la Cour,
l’information relative au lieu de la dissémination ne saurait en aucun cas
rester confidentielle et les Etats ne peuvent s’opposer à la divulgation du
lieu de la dissémination d’OGM, au motif qu’elle pourrait troubler l’ordre
public (raison invoquée par les autorités françaises pour justifier le refus de
donner des informations permettant la localisation des cultures d’OGM). Ceci
d’autant plus qu’il résulte de la directive elle-même que les données
concernant l’évaluation des risques pour l’environnement ne doivent pas rester
confidentielles.
L’arrêt a été salué par les organisations de
défense de l’environnement. Ainsi France Nature Environnement dont le
Porte parole a déclaré : «Le
Juge européen, en rappelant tout simplement le droit, brise le talon d'Achille
de la stratégie des firmes OGM : l'opacité. Les marchands du vivant ne pourront
plus prétendre que les OGM sont sans danger tout en cachant les lieux de
culture. FNE entamera toutes les démarches nécessaires pour établir une carte
de France précise de tous les champs d'OGM ». Greenpeace s’est réjoui en soulignant
que « Ce pas vers une plus grande transparence est de bonne
augure. Il n’est pas normal que les agriculteurs bio ou conventionnels soient
pris en otage d’une technologie mal maîtrisée ! Maintenant, il faut aller plus
loin : afin d’éviter tout risque de contamination, les essais ne devraient être
autorisés que dans des espaces confinés ! ».
Le juge Bruguière rend son rapport dans l'"affaire
Swift" : En juin 2006 éclatait le scandale SWIFT . On
découvrait que l'administration nord américaine avait de fort mauvaises
manières et, peu respectueuse de la confidentialité des données personnelles,
avait contraint la société Swift à lui fournir des données financières
personnelles sur les clients européens des banques qui utilisent ses services,
dans le cadre du « programme de traque du financement du
terrorisme » (TFTP).A la suite du tollé provoqué par cette découverte,
l'Union européenne avait du négocier avec les Etats-Unis un accord pour
déterminer les conditions de communication des données bancaires et, au terme
des discussions, les Etats-Unis s'étaient engagés en juin 2007 sur des
contrôles et des sauvegardes à appliquer au traitement, à l'utilisation et à la
diffusion des données concernées par le programme. Les autorités américaines
concernées (le Département du Trésor) s'engageaient à utiliser les données
SWIFT obtenues sur injonction exclusivement à des fins de lutte contre le
terrorisme, à ne pas conserver les données au-delà de délais déterminés dans
les circonstances appropriées, et à procéder régulièrement à des contrôles afin
d'identifier et d'effacer toute donnée qui ne serait pas nécessaire pour lutter
contre le terrorisme. Les engagements confirmaient aussi que la limitation
stricte aux fins contre-terroristes devait s'appliquer également aux
informations en provenance de SWIFT échangées avec d'autres agences américaines
ou avec des pays tiers. Enfin, ils prévoyaient la désignation d'une
« personnalité éminente européenne » qui sera chargée de
contrôler la mise en oeuvre des engagements des autorités
américaines en ce qui concerne la protection des données personnelles en
provenance de l'Union européenne. Et c'est ainsi que le juge français Jean-Louis
Bruguière, connu pour son expérience des affaires de terrorisme, a été choisi
en mars 2008. La Commission européenne vient de rendre public, le
17/02/2009, le premier rapport annuel établi par le juge. Il confirme que
les procédures appliquées par le département du Trésor respectent les
engagements pris en 2007 et permettent de garantir la protection des
données personnelles. Il préconise aussi des recommandations destinées à
assurer la pérennité et le renforcement de ces mesures.
Dialogue difficile
entre la France et la Commission européenne :
venu à Bruxelles le 12/02/2009 , défendre le plan
français d’aide à l’industrie automobile, le Premier Ministre français s’est
heurté au scepticisme de Président de la Commission européenne et d’autres
états membres de l’Union qui soupçonnent la France de protectionnisme. Plus
d’information : ICI
Le Traité de Lisbonne devant la Cour constitutionnelle
allemande : saisie par des opposants au Traité de Lisbonne, la Cour
constitutionnelle allemande a examiné cette semaine les arguments du
Gouvernement allemand , en faveur du Traité, et d’une coalition
hétéroclite allant des conservateurs à la gauche radicale unis pour
l’occasion contre le Traité. Ces
plaignants défendent l’idée que le Traité
viole la Constitution allemande en dépouillant le parlement national de
ses compétences. Le Traité a déjà été ratifié par les deux chambres du
Parlement allemand. Mais, à la demande la Cour constitutionnelle, le Président
Köhler n'enverra l'acte de ratification qu'après la décision des juges.
Celle-ci devrait être connue avant l’été.
Les
maires s’engagent pour les économies d’énergie : le 10/02/2009 plus de 350
villes de l’Union européenne se sont engagées à dépasser l’objectif de
réduction de 20% des émissions de CO2 d’ici 2020. Cet engagement a pris la
forme de la signature d’un pacte des maires au cours d’une cérémonie qui a eu
lieu au Parlement européen. Le Pacte ne concerne pas les seules grandes villes.
Un site portail a été ouvert afin de
donner des informations et de servir de structure d’appui. www.eumayors.eu.
Le Parlement européen dénonce les conditions de
fonctionnement des centres de rétention dans l'Union européenne : les députés européens ont adopté
le 05/02 un rapport très critique sur les conditions des rétention des immigrés
dans les centres prévus pour ce faire. Plus d’information : ICI
Les
consommateurs mécontents des services de base: la Commission vient de rendre
public (le 02/02/2009), un rapport sur la manière dont le marché répond aux
attentes des consommateurs. Intitulé
"Tableau de bord annuel des marchés de la consommation", il rend compte de la
situation sur plus de 20 secteurs de biens et services (dont ceux de
l'alimentation, de l'habillement, de la chaussure, de la finance, de l'énergie
et des télécommunications). 5 indicateurs clés de la consommation (prix,
changements de fournisseur, satisfaction, réclamations et sécurité) ont été
utilisés afin d’identifier les domaines où des problèmes existent.
Trois secteurs de
services obtiennent de mauvais résultats, et il s’agit de secteurs essentiels
pour la vie des gens : l'énergie, les activités bancaires et les
transports (trains, bus et trams) ce qui explique le mécontentement de la
Commission et l’annonce qui a été faite de l’ouverture en 2009 d’une étude sur
le marché de détail de l’électricité, l’électricité étant une dépense
importante des ménages. L’étude de suivi portera notamment sur la comparabilité des offres, les pratiques
commerciales déloyales et les modalités de facturation.
Communication
de la Commission du 28/01/2009 : « Suivi des résultats du marché
unique pour les consommateurs - Deuxième édition du tableau de bord des marchés
de consommation », COM(2009) 25
Document de travail (en anglais) avec statistiques par pays
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