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Les brèves relatives aux actions , aux règlements et directives adoptés en juillet 2005 au niveau de l'Union européenne sont classées par ordre chronologique,de la date plus récente à la plus ancienne.
Voir aussi: Brèves d'actualité d'août 2005 Pas de pub pour le tabac : conformément à une directive européenne
adoptée en 2003, la publicité pour le tabac est interdite dans toute l’Union européenne depuis le 31/07/2005. Cette interdiction s’applique dans la presse
écrite, à la radio et sur internet. Elle concerne également le parrainage de manifestations culturelles et sportives transfrontières au profit du tabac.
Obstacles illégaux au détachement de travailleurs : la Commission a
demandé aux Pays-Bas de faciliter l’accès à son territoire des travailleurs détachés à titre temporaire en provenance des nouveaux membres de l’Union
européenne. La loi néerlandaise impose aux entreprises communautaires d’obtenir un permis de travail lorsqu’elles veulent détacher leurs travailleurs
ressortissants de certains nouveaux Etats membres dans le cadre d’une prestation temporaire de services. Cette exigence est contraire aux règles des
traités européens sur la libre circulation des services (article 49 du traité sur la Communauté européenne). Certes, le traité d’adhésion conclu avec les
nouveaux membres de l’Union européenne a prévu certaines dérogations à la libre circulation qui permettent de restreindre l’accès de leurs ressortissants à
certains états (comme la France). Les Pays Bas ne bénéficiant pas de ce type de dérogations, l’exigence d’un permis de travail est en l’espèce illégale, a
estimé la Commission européenne dans un communiqué publié le 27/07/2005.
Ouverture de l’accès au haut débit en France : la Commission a donné son
aval , le 27/07/2005, aux mesures de régulation du marché du haut débit proposées par l’autorité de régulation française (ARCEP, Autorité de Régulation
des Communications Electroniques et des Postes). France Telecom va donc devoir offrir l’accès en gros à son réseau national à large bande aux autres
opérateurs jusqu’à ce qu’eux mêmes aient développé leurs propres réseaux et capacités. Cette mesure est applicable durant une période transitoire d’un an
au terme de laquelle l’ARCEP devra réexaminer la situation du marché afin de permettre à la concurrence de s’y exercer pleinement. La position dominante
de France Telecom sur le marché français de gros du haut-débit est ainsi remise en cause (selon l’ARCEP France Telecom détiendrait actuellement 80%
de part de marché avec sa filiale Wanadoo).
Enquête de la Commission européenne sur des aides publiques françaises : afin de
contenir une offre excédentaire de fruits et légumes français sur le marché intérieur, l’état français a accordé entre 1991 et 2000 des aides destinées à
soutenir les prix, au stockage temporaire,à la destruction de produits ou à la transformation. Selon la Commission européenne, il se pourrait également que
des subventions aient été octroyées pour favoriser les ventes de produits français à l'extérieur de l'Union Européenne dans des périodes de crise. Au total,
les aides versées auraient atteint 50 millions € par an. La Commission doute de la conformité des ces aides aux règles du droit communautaire de la
concurrence et a annoncé, le 20/07/2005 qu’elle ouvrait une enquête. Les tiers ont un mois à compter de la publication de la décision d'ouverture de
l'enquête pour présenter leurs observations.
Huit mesures clés pour la croissance et l’emploi : le "programme communautaire de Lisbonne" publié le 20/07/2005 par la Commission européenne met l’accent sur huit mesures principales pour les investissements et l’emploi :
Les avantages des mutuelles de la fonction publique dans le collimateur de la Commission
européenne : le régime de sécurité sociale des fonctionnaires est géré en France par des mutuelles fédérées au sein de la
Mutualité de la fonction publique dont les prestations vont de l’assurance maladie aux œuvres sociales (allocations, services d’assistance, accès à des
établissements spécialisés). Ces différentes actions bénéficient de financements de l’état dont la Commission estime qu’il s’agit d’aides publiques (entre
1993 et 2003, l’état français a dédié 460 millions d’euros au support des mutuelles de la MFP, rappelle la Commission). Or, ces aides sont contraires aux
règles européennes dans la mesure où, bénéficiant aux seules mutuelles de la fonction publique, elles constituent un avantage discriminatoire par rapport à
leurs concurrents assureurs. La Commission a donc annoncé le 20/07/2005 qu’elle avait demandé aux autorités françaises de revoir cette législation afin
que les assureurs soient « tous traités de la même manière ». Cette décision mettrait ainsi fin à la situation privilégiée des mutuelles de la fonction publique.
Financement des services d'intérêt économique général: la Commission
européenne a présenté le 15/07/2005 des mesures qui devraient permettre de clarifier les conditions de financement des services d’intérêt économique
général (SIEG) et de les sécuriser. Pour plus de détails, voir: Service public à l'européenne
La Cour de Justice valide la directive concernant les compléments alimentaires :
la directive 2002/46 sur les compléments alimentaires a fait l’objet d’un recours devant la Cour de justice des communautés européennes à la suite d’une
contestation soulevée par des consommateurs et des associations de distributeurs britanniques. La contestation portait en particulier sur le système de
"liste positive" en vertu de laquelle seuls les compléments alimentaires comportant des substances inscrites sur les listes annexées à la directive peuvent être
commercialisés dans l’Union. Les requérants estimaient que l’interdiction des produits ne remplissant pas ces conditions violait les traités européens. Un
arrêt du 12/07/2005 de la Cour de justice des Communautés européennes leur donne tort en confirmant la légalité de la directive au regard des dispositions
du traité. La Cour rappelle notamment que certaines restrictions à la libre circulation des marchandises dans l’Union peuvent être justifiées par la protection
de la santé publique et estime que les mesures en question sont « nécessaires et appropriées pour atteindre cet objectif ». En effet, « un système de liste
négative pourrait ne pas suffire pour atteindre le même objectif car il pourrait avoir comme conséquence qu'une substance entre librement dans la
fabrication de compléments alimentaires alors même que, par exemple en raison de sa nouveauté, elle n'aurait fait l'objet d'aucune évaluation scientifique
propre à garantir qu'elle ne comporte aucun risque pour la santé humaine ». Dans un communiqué du 12/07, le Bureau européen des Consommateurs qui,
fédère 40 organisations de consommateurs s’est félicité de cette décision qui confirme une directive protectrice des consommateurs acquise malgré une
« campagne déloyale mais bien financée, visant à trouver tous les moyens imaginables pour bloquer, faire obstruction ou affaiblir l’initiative de la
Commission » (communiqué de presse 015/2005 du BEUC ; arrêt de la Cour : CJCE, 12 juillet 2005,affaire jointes C-154/04 et C-155/04, Alliance for
Natural Health, National Association of Health Stores et autres / Secretary of State for Health et communiqué de presse du 12/07/2005)
Les petits poissons coûtent cher à la France : condamnée en 1991 par la
Cour de Justice des Communautés européennes pour n’avoir pas contrôlé le respect par les pêcheurs des règles communautaires de conservation de la
pêche (maillage minimal des filets, interdiction de pêcher les petits poissons afin de permettre la reconstitution des stocks), la France n’a pas tenu compte
de cet arrêt. Des visites d’inspection de fonctionnaires de la Commission dans des ports français ont permis à ceux-ci de constater que les autorités
françaises continuaient à « fermer les yeux » sur la vente de poissons, comme le merlu, dont la pêche était pourtant interdite. Lassée d’attendre (onze ans !)
la Commission s’était décidée à saisir de nouveau la Cour en 2002 pour faire sanctionner la France. C’est chose faite avec un arrêt du 12/07/2005 dans
lequel la Cour condamne la France à 20 000 000 euros d’amende pour avoir manqué à ses obligations communautaires en matière de pêche et à une
astreinte de 57 761 250 euros due pour chaque période de six mois à compter du 12/07/2005 jusqu’à ce qu’elle se mette en conformité. C’est la
première fois qu’un état membre doit payer à la fois une somme forfaitaire et une astreinte pour manquement persistant dans la mise en oeuvre de la
législation communautaire, mais la lourdeur de la peine sanctionne vingt ans de laxisme de la France . A peine l’arrêt connu, le ministre de l’agriculture a
assuré que de nouvelles mesures en matière de contrôle des pêches étaient désormais appliquées et qu’elles sont conformes aux règles communautaires.
Il lui reste six mois pour en convaincre la Commission…avec une coûteuse épée de Damoclès suspendue sur l’hexagone (CJCE,12 juillet 2005 , affaire
C-304/02, Commission des Communautés européennes / République française)
Adoption du traité constitutionnel au Luxembourg : le referendum du
10/07/2005 au Luxembourg qui s’est soldé par la victoire au oui au traité établissant une Constitution pour l’Europe donne un sursis au projet de
constitution européenne (voir : Ratifications du traité constitutionnel .
Stages professionnels dans d’autres pays de l’Union européenne :
Leonardo da Vinci est un programme communautaire qui octroie des subventions à des actions de formation notamment sous forme de bourses pour des
stages à effectuer dans d’autres pays européens. En 2005, il financera 3015 projets européens représentant 70000 stages. Presque la moitié des
bénéficiaires (31.000) seront des jeunes en formation professionnelle initiale qui partiront pour une période entre 3 semaines et 9 mois dans une entreprise
ou une institution de formation professionnelle. 12.000 étudiants pourront effectuer un placement dans une entreprise à l’étranger pour une période entre
3 et 12 mois.Dans les cinq dernières années, le nombre des boursiers a pratiquement doublé, indique la Commission européenne.
Le programme est mis en oeuvre à travers des agences nationales dont la liste peut être trouvée à l’adresse suivante :
europa.eu.int/comm/education/programmes/leonardo/new/leonardo2/nalist2en.html
Sanctions pour les pollueurs des mers : les pollutions maritimes qu’elles
résultent d’ actes intentionnels ou de négligences graves seront désormais passibles de sanctions pénales dans toute l’Union européenne en vertu de
deux règlements adoptés le 12/07/2005. Les nouveaux niveaux minimaux harmonisés pour les sanctions financières maximales applicables aux personnes
morales représentent une multiplication par dix par comparaison avec les amendes actuelles prévues dans certains états membres. En revanche, le Conseil
n’est pas parvenu à un accord sur les peines de prison . Les sanctions peuvent frapper toute
personne (capitaine, le propriétaire, l’exploitant, l’affréteur d’un navire ou la société de classification) reconnue coupable d’avoir causé ou contribué à
causer une pollution.
Programme communautaire Tempus : la Commission européenne a
rendus publics le 08/07/2005 les 108 projets de coopération universitaire sélectionnés au titre du programme européen Tempus. La participation
communautaire dans le cadre de ce programme s’élève à 44 millions d'euros .Chaque projet a une durée de deux ou trois ans et associe au minimum trois
universités de l’Union européenne et des pays voisins. Ils débutent le 01/09/2005. Tempus a pour objectif de financer des actions de coopération
universitaire en aidant à développer et à améliorer les programmes d'études et les pratiques en matière de gestion universitaire, à favoriser la réforme de
l’enseignement supérieur et à encourager la mobilité du personnel académique et administratif.
Le projet de brevet sur les logiciels à la corbeille : Le Parlement européen
a rejeté à une très large majorité (648 voix pour, 14 contre et 18 abstentions), la proposition de directive concernant la brevetabilité des logiciels mettant
fin ainsi à trois années de débat très animé. M.Rocard, rapporteur de la proposition de résolution du Parlement avait rappelé le « mépris total avec lequel
le Parlement a été traité par la Commission et le Conseil à l’occasion de la procédure d’examen de la proposition de directive, poursuivant en ces termes :
« Ce vote doit clairement inciter le Conseil et la Commission à mieux respecter le Parlement à l'avenir » avant de conclure : « Un approfondissement
s'impose, ce sujet n'étant pas mûr" . Selon la Commission, le rejet de sa proposition est dommageable car "il n'y aura pas d'harmonisation et un risque
d'interprétations différentes des règles en vigueur" par les différents Offices des brevets nationaux existe. Le rejet par le Parlement en deuxième lecture met
fin à la procédure législative de codécision et ainsi à la directive car la Commission a annoncé qu’elle ne ferait pas de nouvelle proposition.
Les phtalates bannis des jouets pour enfants : les phtalates sont des
plastifiants entrant dans la composition des jouets pour enfants et des articles de puériculture en PVC souple comme les tétines. Il s sont considérés comme
dangereux pour la santé ou susceptibles de l’être et font à ce titre l’objet d’une interdiction temporaire depuis 1999 dans l’Union européenne. Une
directive prescrivant une interdiction définitive a été adoptée par le Parlement européen. En application de la directive, trois phtalates dont la toxicité est
avérée (le DEHP, le DBP et le BBP) seront interdits dans tous les jouets et articles de puériculture. Par ailleurs, le DINP, le DIDP et le DNOP seront
interdits dans les jouets et articles de puériculture si ceux-ci sont susceptibles d’être mis en bouche par des enfants. Il reste à obtenir le vote du Conseil
ce qui ne devrait pas poser de problème car celui-ci avait déjà voté favorablement la position commune. La directive devrait donc être votée à l’automne.
Indemnisation des victimes de crimes transfrontaliers : depuis le
01/07/2005, il devrait être plus facile pour les victimes de crimes dans un pays quelconque de l’Union européenne d’obtenir une indemnisation équitable
des dommages corporels qu’elles ont subis. Ceci du fait de l’entrée en application dans tous les états membres du régime d’indemnisation prévu par la
directive 2004/80 relative à l’indemnisation des victimes de la criminalité. Ce dispositif est complété par un système de coopération entre les autorités
nationales pour la transmission des demandes d’indemnisation dans les situations transfrontalières qui doit être mis en service à partir du 01/01/2006 et
permettra aux victimes d’une infraction commise dans un état autre que celui dans lequel elles résident habituellement de s’adresser aux autorités de leur
état pour introduire une demande d’indemnisation et obtenir de l’aide pour les formalités administratives et pratiques.
Sursis pour les anchois ! : la Commission européenne a annoncé le
01/07/2005 l’interdiction temporaire de la pêche à l’anchois dans le Golfe de Gascogne. Sa décision se fonde sur l’avis du Conseil International pour
l’Exploration de la Mer (CIEM) qui a souligné le mauvais état du stock et recommandé de fixer un niveau de captures préliminaire de 5 000 tonnes, afin
de permettre la reconstitution de ce stock. L’interdiction est applicable pendant trois mois. La Commission mettra à profit cette période pour consulter le
Comité Scientifique, Technique et Economique pour la Pêche et évaluer s’il faut revoir cette interdiction. Les pêcheurs affectés par cette décision peuvent
obtenir des aides communautaires de l’Instrument Financier d’Orientation pour la Pêche (IFOP).
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