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La Commission européenne donne partiellement satisfaction à
la France sur la Poste
Cela a été évoqué ici : la Poste française
était dans le collimateur du gendarme européen de la concurrence à divers
titres.
Le
23/10/2007, la Commission européenne a annoncé l’ouverture d’une enquête
approfondie sur la garantie illimitée de l’Etat en faveur de la Poste, qui
permet à cette dernière d’obtenir des conditions de financement très avantageuses,
la mettant ainsi dans une position plus favorable que ses concurrents. La
Commission soupçonne qu’il s’agit d’une aide publique incompatible avec le
marché intérieur donc contraire au droit communautaire de la concurrence. L'ouverture de la procédure va
donner aux autorités françaises et à la Poste la possibilité d’expliquer et de
justifier cette garantie. Comme on l’a
vu précédemment, il n’y a pas de fatalité à l’interdiction d’une garantie
d’Etat à la Poste. Tout dépend des modalités. Ce qui est en cause en
l’occurrence c’est le caractère « illimité ».
Par ailleurs, la
question de la propriété publique de la Poste n’est pas en cause.
Autre dossier : le
financement des retraites des fonctionnaires de La Poste ( voir: La France soupçonnée
de protectionnisme par la Commission européenne).
Le
10/10/2007, la Commission a annoncé qu’elle autorise les aides prévues par la France pour la réforme du mode de financement
des retraites des fonctionnaires de l’Etat rattachés à La Poste, à condition
que le niveau des contributions sociales et fiscales obligatoires payées par La
Poste soit désormais équivalent à celui supporté par les entreprises concurrentes.
La Commission européenne a considéré que l’aide publique se limite à « ce qui est strictement nécessaire à
l'établissement d'une équité concurrentielle en ce qui concerne les contributions sociales et fiscales obligatoires » et
estime qu’elle permet l’adaptation de la Poste à la libéralisation complète du
marché postal. La Commission européenne a également pris soin de rappeler que
sa décision est sans effet sur la situation individuelle des fonctionnaires de
La Poste, qu’il s’agisse de leurs droits à pension, de leurs cotisations ou de
leur statut. La Poste compte 172 000 agents appartenant à la fonction publique et 132 000 salariés
de droit privé (chiffres données par la Commission dans son communiqué).
Octobre
2007
Libéralisation complète
des activités postales dans l’Union européenne
Le 31/01, le
Parlement européen a donné le feu vert à une libéralisation complète des
services postaux d’ici 2011 (la directive doit être transposée par le Etats
d'ici décembre 2009). Il s’agir de parachever
la libéralisation du secteur postal en ouvrant à la concurrence l’activité qui
n’avait pas été encore libéralisée : la distribution des lettres de moins
de 50 grammes.
Un service public
universel sera garanti : distribution du courrier cinq jours par semaine
dans chacune des communes de l'Union
européenne, à des prix abordables avec la possibilité pour les Etats
d'imposer un tarif unique pour les envois soumis au tarif unitaire.
Des compensations
financières seront mises en place pour les opérateurs chargés de ce service qui
subiraient des pertes financières faute de rentabilité suffisante. Les coûts
engendrés par l'obligation de service
universel sont actuellement compensés par le "secteur réservé"
(activités encore protégées par un monopole national) , ce qui nécessite de
trouver un autre moyen de dédommager les opérateurs chargés de ce service. Or
si la Commission européenne dans sa proposition présentait des modalités de
compensation (aides d'Etat, fonds de compensation alimenté par
les utilisateurs ou les opérateurs concurrents), rien n’était indiqué quant au
système de calcul de ces coûts, très difficiles à estimer. Une annexe au texte
a donc été ajoutée afin de préciser le calcul du coût net des obligations de
service public. Cette précision a permis
de vaincre l’opposition les réticences des états qui refusaient la
libéralisation tant que la question du
financement du service universel dans un environnement totalement concurrentiel
n’était pas clarifiée.
Afin d'empêcher la concurrence déloyale, les états membres
ayant ouvert leur marché pourront refuser l'autorisation aux opérateurs
toujours protégés par un monopole national dans un autre état. Cela signifie
que la Poste française pourra se voir interdire l’accès au marché britannique
ou allemand par exemple, jusqu’en janvier 2011.
Une liste des exigences essentielles comprend le respect des conditions de travail et des
dispositions relatives à la sécurité sociale. Les états ont la possibilité de
conditionner les autorisations d’opérer sur leur marché postal à l'obligation de respecter les conditions de
travail prévues par leur législation, des régimes de sécurité
sociale, des conventions collectives.
Un délai
supplémentaire de deux ans s’appliquera dans onze pays (République
tchèque, Grèce, Chypre, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Hongrie, Malte,
Pologne, Roumanie, Slovaquie) dans lesquels l'ouverture du marché postal pourra
intervenir en 2013.
Janvier
2008
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