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Commentaire
du traité de Lisbonne (7)
Le Traité de Lisbonne
réforme les institutions de l'Union européenne
Le
traité de Lisbonne modifie la description d'ensemble du système institutionnel
de l'Union européenne,
et les articles spécifiques à chaque institution, en reprenant largement les
innovations qui résultaient du traité constittutionnel:
Parlement européen
La composition du Parlement européen qui sera issu des élections européennes
de 2009 a donné lieu à des difficultés
de dernière heure. Les élargissements successifs de l’Union européenne ont rendu nécessaire de fixer un nombre maximum d’eurodéputés pour que ce
nombre n’augmente pas de manière excessive au fur et à mesure des adhésions à
l’Union. Le traité de Nice (tel que révisé par les traités d'adhésion
postérieurs) prévoit un nombre de 736 eurodéputés (de manière transitoire,
après l'adhésion la Bulgarie et de la Roumanie et jusqu'à 2009, le Parlement
européen compte 785 membres). Depuis l’élargissement de 2004, on applique une
correction pour que le nombre total de députés ne varie pas. De ce fait, plusieurs états ont vu leur nombre de
députés diminuer (ex : Espagne : -10 ; France, Italie et
Royaume-Uni : -9 ). Le projet de traité de
Lisbonne fixe une limite à ne pas dépasser, de telle sorte que le nombre
total d'eurodéputés ne pourra être
supérieur à 751. Par pays, le nombre de députés sera compris entre un maximum
de 96 et un minimum de 6 (article 1§15 du traité de Lisbonne, numéroté 9A et 14
du TUE dans la version consolidée). Pour le reste, un Protocole et
une Déclaration annexés renvoient à une
décision future du Conseil qui sera prise sur la base de la proposition du
Parlement européen votée le 11/10/2007 (Protocole sur les dispositions
transitoires et Déclaration n°5) (1).
Les
pouvoirs du Parlement européen sont accrus (comme c’était le cas dans le traité
constitutionnel) notamment grâce :
- au
maintien de l’extension du domaine de la codécision que réalisait le traité
constitutionnel
- à la
nouvelle procédure budgétaire : dans le système actuel, le Conseil a le
dernier mot sur certaines dépenses (les dépenses obligatoires) et décide donc
en dernier ressort. La suppression de la
distinction entre dépenses obligatoires et non obligatoires, met le Parlement
à égalité sur ce point avec le Conseil
(article 2§265 du traité de Lisbonne, numéroté 272 et 314 du TFUE dans
la version consolidée).
En
revanche, s’il vote la loi, le Parlement n’en a pas l’initiative, le pouvoir de
proposer des actes législatifs étant détenu par la Commission européenne. Il
s’agit là d’une lacune que le traité de Lisbonne pas plus que le traité
constitutionnel avant lui ne comble
pas. Or, le Parlement européen est la seule institution européenne directement
issue du suffrage universel. Dès lors, il est anormal au regard des règles
démocratiques qu’il soit privé d’une partie du pouvoir législatif (cela étant, il
ne suffit pas qu’un Parlement se voit reconnaître le pouvoir d’initiative
législative pour qu’il l’exerce en réalité comme le démontre la Constitution
française qui rend cet exercice pratiquement impossible dans la mesure
où le Gouvernement dispose de nombreux moyens d’y faire échec).
Conseil européen
Le
Conseil européen réunit les Chefs d’Etat et de Gouvernement des états membres.
Il définit les grandes orientations européennes. Dans le système actuellement en vigueur, il est présidé tous les six
mois par un État membre, ce qui nuit à la stabilité de ses travaux.
Le traité de Lisbonne
reprenant les dispositions du traité constitutionnel crée un « Président
du Conseil Européen », ce que les médias ont appelé le « Président de
l’Europe » car l’Union européenne aura ainsi un « visage » plus facilement
identifiable par les citoyens notamment. Le président est élu à la majorité
qualifiée par le Conseil européen pour un mandat de deux ans et demi,
renouvelables une fois. Le président assure la
représentation extérieure de l'Union européenne pour les matières relevant de la
politique étrangère et de sécurité
commune. Il préside et anime les
travaux du Conseil européen et dialogue avec les autres institutions.
La fonction de président du Conseil ne peut être cumulée
avec un mandat national.
Commission européenne
Elle
reste la cheville ouvrière de l’Union mais sa
composition est revue. Après l'entrée en
vigueur du traité de Lisbonne, la première Commission investie (2009-2014)
comprendra, comme aujourd'hui, un commissaire issu de chaque État membre. À
partir de 2014, le nombre de commissaires correspondra aux deux tiers des États
membres (donc ils seront 18 si
l’ Union est toujours composée de 27 États). Les membres seront sélectionnés
selon un système de rotation égalitaire entre les États. Conséquence évidente : avec la rupture du
principe « un commissaire par état », le caractère national s’estompe
et le caractère « communautaire » de la Commission se
renforce corrélativement (ce qui est logique si l’on se souvient qu’elle est
celle qui doit représenter l’intérêt général de l’Union, mais qui est contesté
par les
souverainistes).
Haut
représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de
sécurité
Une nouvelle fonction est créée, celle de Haut
représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de
sécurité (cette dénomination
se substitue à celle – trop connotée -
de Ministre des affaires
étrangères de l'Union qui figurait dans le traité constitutionnel) (article
1§19, numéroté 9E et 18 du TUE dans la version consolidée). Elle résulte de la fusion des deux postes actuels de Haut
Représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune et de Commissaire aux relations extérieures.
Le
Haut représentant est nommé par un vote à la majorité qualifiée du Conseil
européen en accord avec le Président de la Commission (et peut être démis de
son mandat de la même façon). Il conduit la politique étrangère et de sécurité
commune de l'Union, participe à son élaboration en présentant des propositions
et l'exécute en tant que mandataire du Conseil (il agit de même pour la
politique de sécurité et de défense commune).
Il préside le Conseil des affaires étrangères
(formation qui réunit les ministres des
Affaires étrangères des états de l’Union européenne) et est l’un des
vice-présidents de la Commission européenne.
Cette création a été très remarquée et commentée lors du
débat sur le traité constitutionnel,
car elle devrait apporter plus de cohérence et de visibilité à l’action
extérieure de l’Union européenne.
21/01/2008
1- Voir sur cette question : Le "casse-tête " de la
composition du Parlement européen
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