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Chasse aux économies de gaz dans l’Union européenne - 2ème partie



La solidarité européenne à l’épreuve
 

Le but du règlement est de voler au secours des pays les plus impactés par la réduction des livraisons de gaz russe et en particulier, de l’Allemagne. La solidarité ainsi exprimée répond aussi au besoin plus pragmatique de limiter les risques d’un effondrement de la première économie européenne, et de sa propagation aux autres pays de l’UE du fait de l’interdépendance des économies nationales.
 

Mais cette solidarité ne va pas de soi.
 

L’idée de partager le sacrifice n’a pas rallié d’emblée les suffrages nécessaires. La Hongrie s’est opposée à tout accord. Quant aux autres états, nombre d’entre eux n’ont donné leur accord qu’après avoir obtenu des dérogations. Ainsi, les pays du sud de l’UE se sont montrés très critiques. Dans ces pays, le souvenir des plans de rigueur imposés à la demande de l’Allemagne après la crise financière de 2008, reste vivace. Le retournement de situation qui fait que l’Allemagne en appelle à la solidarité européenne n’est pas appréciée, cela se conçoit, dans un pays comme l’Espagne, qui est à l’abri d’une rupture d’approvisionnement en gaz russe grâce à sa politique énergétique. Comme le Portugal, elle possède de fortes capacités de stockage de gaz liquéfié et a investi massivement dans les énergies renouvelables. L’Espagne fait valoir l’absurdité d’une obligation d’économie de 15% sur un gaz qui ne vient pas de Russie, au risque de mettre en difficulté des productions industrielles, alors que les excédents peuvent être mis à disposition du reste des pays partenaires de l’UE si un réseau de gazoducs le permet.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les deux interconnexions gazières avec la France, par le Pays basque et par la Navarre, fonctionnent à haut rendement.
 

D’où les dérogations demandées et obtenues.
 
Face à la déferlante de critiques, le gouvernement allemand s’efforce de faire amende honorable. Le ministre allemand de l’économie, Robert Habeck, a certes reconnu que l’Allemagne « a commis une erreur stratégique dans le passé" en cultivant cette dépendance envers Moscou. Il a certes admis que l’Allemagne devra faire l’effort le plus important. Il a enfin salué la solidarité européenne. Mais les tensions entre états aux intérêts et vision divergents décuplées par la crise énergétique, montrent à quel point l’Union européenne est un défi permanent et un acquis fragile.



 

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Jurisprudence

 

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  • Conclusions des avocats généraux

 

 

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